Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation – Discours et dossier

Éducation nationale Publié le 8 mai 2015

La journée de restitution des résultats de la Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation s’est tenue le jeudi 7 mai 2015 à la Maison de la chimie en présence du président de la République et de la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Une grande concertation nationale sur le numérique pour l’éducation a été menée entre le 20 janvier et le 9 mars 2015, à laquelle plus de 60 000 personnes ont contribué en ligne ou en participant à 150 rencontres académiques.

Retrouvez ci-dessous le discours d’ouverture de Najat Vallaud-Belkacem, ministre en charge de l’Éducation nationale et ici le discours et les annonces du président de la République François Hollande.

Téléchargez le dossier de restitution de la Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation:
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Ouverture de la journée de restitution de la concertation nationale sur le numérique pour l’éducation – Discours de la ministre.

Monsieur le Président de l’Assemblée des départements de France, cher Claudy,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les recteurs,

Mesdames et Messieurs les directeurs,

Mesdames et Messieurs,

Je suis heureuse d’ouvrir cet après-midi consacré à la place du numérique dans l’école, face à un public si nombreux et si divers. Tous, vous incarnez la richesse du sujet qui nous réunit aujourd’hui : enseignants, élèves, parents, personnel et cadres de l’éducation nationale, associations, collectivités territoriales, entreprises, … Le numérique nécessite la contribution et la concertation d’acteurs issus d’univers très différents et aux préoccupations variées. Je veux que cette journée contribue à ce dialogue.

Aujourd’hui, vous seront restitués les enseignements de la concertation nationale sur le numérique pour l’éducation, qui s’est tenue cette année, entre janvier et mars. Les contributions ont été très nombreuses et enrichissantes et je remercie tous ceux qui, parmi vous, ont rendu possible ce débat, et tout particulièrement, Madame la Directrice, la Direction du numérique pour l’éducation.

Ce moment de synthèse est important pour l’école. Vous le savez, le numérique est une priorité de la politique éducative du gouvernement. Le ministère a décidé de se doter d’une stratégie ambitieuse pour développer ses usages et son enseignement, dans toutes les dimensions. Le Président de la République a fixé l’ambition d’une généralisation de cette politique à partir de la rentrée 2016, afin de garantir un accès à tous aux compétences et aux outils numériques. C’est pour assurer le succès de cette ambition qu’il m’a demandé d’organiser cette concertation nationale, dont nous devons tirer toutes les leçons.

***

Permettez-moi d’ouvrir cette journée par une question: qu’appelle-t-on un « digital native » ? La formule dit une certaine fascination pour l’aisance apparente avec laquelle les générations les plus jeunes s’approprient leur environnement technologique dans sa dimension numérique : internet, téléphones portables, réseaux sociaux, communication instantanée, vidéos, consommation à distance, tout cela paraît, pour eux, si simple et naturel, que leurs aînés en conçoivent un étonnement toujours renouvelé.

Qui n’a pas dans son entourage ces enfants et adolescents capables de jongler en permanence avec les multiples applications de leur téléphone portable, tout en consultant une douzaine d’onglets web et en conversant avec des amis sur tel ou tel service de téléphone par internet ?

Qui n’a pas admiré, non sans se poser certaines questions, ces petits enfants qui manipulent intuitivement des tablettes vers 2 ou 3 ans, alors même que parler leur demande un apprentissage ?

Nous serions donc entourés d’une génération technophile et techniquement compétente alors que nous, les adultes, « migrants du numérique », aurions tout à apprendre.

Mais tout est-il si simple ?

Il va sans dire que les jeunes « ultra-connectés » savent bien faire des choses que nous peinons parfois à apprendre, ou ne savons pas faire… Et que chaque jour de nouveaux génies émergent.

Mais cette immersion dans un bain d’équipements et d’applications numériques, aussi prolongée soit-elle, ne peut pas suffire à rendre notre jeunesse compétente sur tous les enjeux et usages du numérique. L’utilisation intuitive du numérique ne vaut pas compréhension des mécanismes techniques qui en sous-tendent le fonctionnement. Elle ne vaut pas non plus capacité à utiliser le numérique de manière éclairée, comme individu et comme citoyen.

Quelles sont les vraies compétences numériques de notre jeunesse ? Que vaut, en vérité, la formule « digital native », quand on sait que seulement 7 % des 15-29 ans ont de très bonnes compétences informatiques, comme une étude autrichienne de 2014 nous l’apprend, et 45 % des étudiants ne font qu’un usage rudimentaire des technologies – c’est là une étude australienne qui nous le dit – , leurs compétences se limitant à des compétences associées au mode de vie : usages de réseaux sociaux, consommation de vidéos ou de jeux.

Je crois que le « digital native » est un mythe, qui détourne notre attention des priorités. Les apprentissages informels ne peuvent former que des compétences incomplètes. Certaines compétences n’en sont pas réellement. Les jeunes eux-mêmes, à qui nous tendons un miroir déformant, surestiment souvent leurs compétences numériques. Traversons donc les apparences, afin de pouvoir réfléchir au rôle, plus que jamais d’actualité, de notre école dans la transformation technologique du monde.

Les enjeux sont immenses. Que pourra faire, demain, la jeunesse si elle ne possède pas les clés du numérique, dans un monde chaque jour plus connecté ? Comment pourra-t-elle apprendre ? Quels métiers pourra-t-elle exercer ? Que pourra-t-elle créer ? Quels citoyens pourra-t-elle former ?

La responsabilité de l’école est engagée, car c’est à l’école d’accompagner le processus d’apprentissage. Elle le fera en fondant les transformations liées au numérique sur des savoirs fondamentaux, qui conservent leur place essentielle : lire, écrire, compter ; mais aussi en valorisant le rôle des enseignants et en préservant l’importance de la mémorisation et l’exigence de correction linguistique. Car c’est bien dans une logique d’accès à l’excellence et non de facilité ou de complaisance vis-à-vis de l’air du temps que l’adaptation pédagogique au numérique doit se construire. La responsabilité de l’école est globale et nous en avons pris acte dans le socle commun, qui dit les connaissances, les compétences et les éléments de culture que chaque élève doit avoir acquis à la fin de la scolarité obligatoire. Elle se traduira dans les nouveaux programmes de la scolarité obligatoire, j’y reviendrai, mais aussi par un soutien qui, loin de nier la formidable capacité des jeunes à apprendre par eux-mêmes dans les domaines qui les intéressent, viendra contribuer à leur accomplissement personnel, intellectuel et professionnel. Contribuer de trois manières :

  • D’abord, en enseignant l’informatique et ses langages

Pour que nous puissions tous devenir des acteurs, des constructeurs du monde de demain, il faut enseigner l’informatique, dans toutes ses dimensions : l’informatique est à la fois une science, une technique, un langage, une clé de compréhension de notre environnement, où elle a pris une place si importante. Le numérique n’est rien, si l’on ne se dote pas des connaissances qui permettent de le maîtriser. L’informatique est aussi un plaisir et une excitation intellectuelle, que ceux qui ont rencontré, je sais qu’il sera parmi nous tout à l’heure, Gérard Berry, qui l’ont lu ou entendu parler, connaissent bien.

Les enjeux de cette maîtrise sont multiples. Qui ne s’est pas retrouvé désemparé face à un ordinateur ou à un appareil électronique, incapable de comprendre l’origine d’un problème ? La technique est émancipation face à un monde des objets qui se transforme très rapidement, au fur et à mesure que s’estompe en particulier la barrière entre le logiciel et le matériel.

Elle emporte aussi une exigence de responsabilité, pour nous, comme citoyens et habitants de cette terre. Car comprendre la technique, c’est être sensibilisé à des enjeux qui relèvent aussi du développement durable, de la lutte contre l’obsolescence programmée des objets et du gaspillage, qui ternit notre société.

Enfin, la maîtrise technique de l’’informatique et de ses langages induit une réflexivité, moteur d’une culture numérique que l’école devra dorénavant dispenser.

  • Dispenser une culture numérique

Cette réflexivité a pu être nommée culture numérique, littératie numérique, et prend les visages les plus divers, en dessinant le tableau des responsabilités de l’individu en société. Elle interroge la manière dont nous nous présentons et nous comportons en ligne. Chacun d’entre nous possède aujourd’hui plusieurs identités en ligne, créées au fil des années, certaines purement fonctionnelles ou administratives, d’autres plus personnelles, des boîtes mail, des comptes sur des réseaux sociaux, des blogs, des plates-formes collaboratives, … Ces identités se recouvrent, ou se complètent, ou s’ignorent.

Construire notre identité en ligne, vivre notre vie numérique est une chose complexe, et, je crois que vous en conviendrez avec moi, un apprentissage de tous les jours.

Comment trier dans la masse considérable d’informations en ligne ? A qui se fier ? Qui éviter ? Que dire et que ne pas dire ? Comment s’exprimer sur les réseaux sociaux ? Comment préserver sa vie intime ? Comment protéger ses données personnelles ?

Complexes pour un adulte, ces questions le sont d’autant plus pour des enfants ou de jeunes gens, pour lesquels la question de l’identité est un sujet important et sensible, qui engage notre responsabilité. Le drame qui a touché il y a quelques jours une jeune collégienne est venu nous le rappeler de façon douloureuse.

Tel est bien notre devoir, éduquer pour protéger comme pour émanciper, en favorisant la construction de citoyens capables de discerner l’information de la rumeur complotiste, de mettre à distance et d’analyser les événements, de comprendre le fonctionnement des nouveaux médias pour forger leur autonomie de pensée et l’affirmation de leur esprit critique.

  • Cette ambition éducative est inséparable de l’enjeu d’offrir à tous des ressources innovantes pour mieux apprendre et mieux travailler.

On dit souvent que le numérique rend possible des formes d’apprentissage plus ludiques, plus fluides, à travers des formes telles que le jeu sérieux. S’il ne faut pas se laisser prendre au miroir aux alouettes, il y a là une opportunité bien réelle pour rapprocher du savoir ceux de nos jeunes qui parfois en ont perdu le goût.

Dans ces opportunités d’apprentissage plus autonomes les enseignants ont tout leur rôle à jouer, comme éveilleurs et accompagnateurs. Songeons aux possibilités ouvertes par les logiciels innovants. Si nous en avions eu le temps, j’aurais presque aimé vous montrer certains de ces logiciels. Je pense par exemple à une application logicielle qui s’appelle Dragonbox et qui permet d’initier les plus jeunes à l’algèbre.

Les promesses de ces logiciels sont considérables, revêtent une importance particulière pour certains publics, à commencer par les élèves en situation de handicap.

Je voudrais à cette occasion saluer les efforts et les initiatives remarquables déployés par les opérateurs du ministère, Canopé, le CNED et l’ONISEP, qui ont débouché sur des outils innovants, dont le succès est avéré. Je pense par exemple à English for schools, un service en ligne qui offre des ressources pédagogiques pour permettre un apprentissage ludique et facilité de l’anglais en classe et à la maison.

Le développement et la création de logiciels innovants est une tâche immense, qui requiert la participation de tous, ministère, opérateurs, et bien sûr éditeurs scolaires et start-up du numérique éducatif, dont l’investissement au service de notre jeunesse n’est plus à démontrer.

***

Enseignement de l’informatique, éducation à la culture numérique, développement de ressources innovantes, ces trois objectifs seront mis en œuvre en mobilisant les ressources essentielles de l’éducation nationale, les contenus pédagogiques et les compétences des enseignants.

Vous le savez, je le disais, les projets de nouveaux programmes de la scolarité obligatoire seront mis en consultation pendant cinq semaines à partir de lundi.

Les textes publiés par le Conseil supérieur des programmes ont une vision ambitieuse sur le sujet. Ils proposent par exemple que les élèves puissent apprendre à coder des déplacements dans l’espace, dès le CE1 à l’aide d’un logiciel de programmation adapté, afin de les amener, en fin de CE2 à la compréhension, et la production d’algorithmes simples.

Cette ambition s’est également traduite dans les programmes du collège, particulièrement en technologie et en mathématiques, où un nouveau thème consacré à l’algorithmique et à la programmation, est introduit.

Cette ambition, je souhaite qu’elle se poursuive au lycée, afin que demain chaque élève puisse suivre un enseignement au numérique tout au long de sa scolarité. J’ai demandé au CSP de travailler en ce sens.

Pour accompagner ces nouveaux programmes, l’enjeu central que la concertation a mis en exergue réside dans la formation de nos enseignants. Le numérique occupera une place centrale dans l’ambitieux plan de formation que va lancer le ministère pour répondre aux exigences des nouveaux programmes et de la réforme du collège. Nous bâtissons un plan de formation inédit dans son ampleur, pour l’année 2015/2016, à travers le territoire, pour construire une culture commune sur le numérique au sein de l’éducation nationale et permettre une intégration du numérique dans les pratiques d’enseignement. Ce plan ambitieux de formation à la fois initiale et continue, mais aussi des personnels de direction et d’inspection.

***

Voilà en quelques mots, Mesdames et Messieurs, les belles et grandes ambitions que nous avons pour le numérique à l’école, qui supposent bien évidemment l’engagement de toute la communauté éducative.

Pour conduire cette mobilisation de tous les acteurs de l’école et de ses partenaires, je m’appuierai sur la mission que le Premier ministre a confiée au recteur Jean-Marc Monteil, qui engage, avec les recteurs, la formation et l’animation dans les  territoires, en impliquant, et c’est fondamental pour l’avenir, l’université et la recherche, afin de valoriser les initiatives porteuses de réussite.

La mise en œuvre de nos ambitions nécessite des moyens importants de la part de l’Etat. Face à ce grand défi, la détermination du Président de la République, comme il a eu l’occasion de le souligner à plusieurs reprises, est totale. Je me réjouis vivement de sa présence à nos côtés tout à l’heure, à la clôture de cette journée, pour qu’il puisse présenter de lui-même les orientations fondamentales de notre grande mobilisation pour le numérique dans l’éducation.

C’est un moment important qui s’ouvre pour l’école. En vous remerciant de nouveau de votre mobilisation et de votre présence, je vous souhaite de très fructueux échanges, et j’aurai l’occasion de vous retrouver tout à l’heure pour la clôture du Président.

Najat Vallaud-Belkacem,
Ministre de l’Éducation nationale,
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

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24 commentaires sur Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation – Discours et dossier

  1. Reich-Ranicki

    Nous ne disons que des « bêtises », pour quoi vous nous prenez ?
    ARRÊTEZ votre enfumage. Cela finit par puer.
    « On a réfléchi »… Connaissez-vous le sens de ce mot ?
    Vous êtes NULLE.
    « Ce qu’il faut comprendre… » Informez-vous avant de réciter comme un perroquet ce que vous avez appris par coeur sans saisir les conséquences de toutes ces mesures DÉMAGOGIQUES.
    « A chaque élève le mieux, le mieux… »
    QUE DU BLA BLA BLA…
    LAMENTATBLE

  2. Reich-Ranicki

    Je vous écoute sur france Inter, écoeurée de vos propos.
    Vous n’êtes qu’une MENTEUSE gonflée d’un culot monstre. Nous serions « instrumentalisés ».
    « Cette réforme ne bougera plus ». Et la démocratie dans tout cela ?
    CASSEZ-VOUS, vous êtes plus que dangereuse.

  3. laurie desplat

    Je suis pour le numérique, j’ai plein d’idée de projets avec les tablettes ; problème je n’ai même pas d’ordinateur dans ma salle ; saisie sur pronote en salle des profs avec 2 ordis pour une cinquantaine de profs ; quelques salles sont équipées quand même, mais pas les langues, nous on a encore les bonnes vieilles cassettes….

    Avant de donner des tablettes aux élèves, on pourrait avoir au moins un ordi et un rétroprojecteur en classe,, ah oui et une connection internet, les élèves aiments bien les documents trouvés sur youtube !!!

    Ah oui, et aussi il faudrait nous laisser quelques heures de langues pour arriver à monter des projets…. bon c’est pas gagné hein !!!

  4. B

    Pour reprendre vos arguments oiseux du JDD:
    – « changement des pratiques pédagogiques », « On leur [aux enseignants]demande de valoriser davantage l’expression orale mais avec une évaluation qui ne le prévoit pas… »!!!! Mais avez-vous jamais entendu parler du « deutsches Sprachdiplom » de niveau B1 introduit en concertation avec la Conférence des ministres de l’éducation allemand (KMK)en 2006 en classe de 3ème que les enseignants font passer bénévolement, diplôme ouvert à TOUS les élèves de 3ème motivés? Avec votre réforme, aucun élève germaniste ne sera plus en mesure de répondre aux exigences de la KMK!
    – « Pour les élèves qui débuteront une autre langue que l’anglais au CP (dont l’allemand), ils auront la garantie de pouvoir apprendre l’anglais dès la 6e (ce qui n’était jusqu’alors qu’une possibilité) ». Et quelle garantie proposez-vous alors que les parents veulent à grande majorité de l’anglais à l’école élémentaire? Croyez-vous que votre refonte de la carte scolaire obligera les familles à choisir l’allemand (ce qui serait le comble!. Cette possibilité existait lors de l’introduction des LV à l’école: Les IA, les directeurs d’école ont fait en sorte que cette opportunité disparaisse!!

  5. Philou

    Et allez, c’est reparti pour un tour de comm’!! Alors, on vous répond …

    « Pour les élèves qui débuteront une autre langue que l’anglais au CP (dont l’allemand), ils auront la garantie de pouvoir apprendre l’anglais dès la 6ème (ce qui n’était jusqu’alors qu’une possibilité) »

    Mais pourquoi un tel traitement? C’est de l’élitisme pour ceux qui prendraient autre chose que l’anglais au primaire. Pô bien l’élitisme! Bouh!!!

    « L’idéal serait un jour d’avoir un bilinguisme pour tous dès la sixième. » Je ne vous le fais pas dire, alors faites-le ou alors avouez-vous à demi-mots que c’est l’argument budgétaire qui vous en empêche et cessez alors l’hypocrisie à laquelle vous nous habituez depuis 6 semaines que nous vous répondons!

    « Mais nous faisons déjà une grande partie du chemin » euh nous n’avons pas la même conception du chemin, en tout cas pour les germanistes c’est 5 pas en arrière, 2 pas en allemand, soit …. 5 – 2 = 3 pas en arrière regardez un peu les chiffres réels, pas ceux que vos conseillers incompétents ont déniché … ou alors les ont-ils manipulés mais là c’est encore pire!!

    « JDD : La langue allemande ne risque-t-elle pas malgré tout de décliner?
    Najat Vallaud-Belkacem : Non car nous allons promouvoir l’allemand, je rappelle qu’à la rentrée prochaine, nous ouvrons 515 postes dans cette discipline. » Je vous rappelle que les postes déjà proposés ne sont pas tous pourvus. Quid des départs à la retraite? Quid de tous les professeurs qui vont perdre la moitié de leur service? Trouverez-vous encore des personnes qui souhaitent devenir professeur d’allemand vu le mépris que vous affichez à leur encontre depuis des semaines! Y’a-t-il des suicidaires prêts à s’écrier « morituri te salutant »? Permettez-moi d’en douter!!!

    « Surtout, je suis en train de reprendre en main le pilotage national des langues vivantes sur tout le territoire afin de garantir une vraie diversité de l’offre grâce à une répartition adaptée des postes d’enseignants. » Comment se fera cette répartition? Allez-vous forcer certains PE à enseigner l’allemand, alors qu’ils ne sont pas formés et ont déjà du mal à dégager un peu de temps pour de l’anglais qu’ils ne savent pas enseigner, tout simplement parce que ce n’est pas leur métier. Si l’allemand n’est pas proposé partout, vous allez créer des inégalités territoriales et de l’élitisme. Ohhh, pô bien l’élitisme!!! Bouhhh!

    « S’agissant de l’allemand, parce que j’ai entendu les inquiétudes, » Vous n’entendez rien, vous restez sourde à nos arguements et comme on le dit, il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!

    « je fixerai des objectifs très ambitieux aux recteurs : le nombre de locuteurs devra passer de 178.000 à 200.000 en 2016 pour la langue vivante 1 (qui commencera désormais en CP) et de 487.000 à 515.000 pour la langue vivante 2 (qui commencera désormais en 5e). » Ah, ça c’est bien les objectifs et c’est pratique surtout: faites ceci et démerdez-vous pour y arriver peu importe si vous n’avez pas les moyens pour cela. On est dans le foutage de gueule le plus total!!! Arrêtez de nous prendre pour des cons!

    « J’ai aussi décidé de nommer un délégué ministériel à la promotion de l’allemand qui sera chargé d’y veiller. » Laissez-moi deviner Jean-Marc Ayrault, pour son retournement de veste, avec un beau cabinet, un beau bureau et une belle paye alors que la promotion de l’allemand, c’est nous qui la faisons depuis des années, GRATUITEMENT, en faisant le tour des écoles SUR NOTRE TEMPS LIBRE, en PAYANT nos déplacements, je vais peut-être déduire cela de mes impôts, tiens … Vous savez aussi bien que nous qu’il n’aura aucun pouvoir réel, que les recteurs feront ce qu’ils veulent: un seul exemple, la rectrice de Toulouse qui avait parlé d’expérimentation pour la LV2 en 5ème … elle avait oublié de préciser qu’il s’agissait d’une expérimentation non évaluée qui serait ensuite étendue à l’ensemble du territoire!

  6. Reich-Ranicki

    « J’ai aussi décidé de nommer un délégué ministériel à la promotion de l’allemand qui sera chargé d’y veiller », ajoute la ministre sans plus de précision.

    Vous faites maintenant PITIÉ avec de telles propositions car vous être une ministre incapable.

    M. Jean d’Ormesson a raison : Vous êtes une véritable Attila.

    Partez svp et vite !

  7. blablablablabla....

    « En d’autres termes, nous élargissons la logique des classes bilangues à plus d’élèves, et améliorons l’apprentissage de la deuxième langue vivante pour tous. C’est une réelle avancée », blablabla blaaaaablaaaaa…. Et vous osez dire ça???2h30 de cours pas semaine une avancée???!!!!! Nous n’avons vraiment pas mérité d’avoir une ministre aussi incompétente et aussi sourde, PARTEZ, DEMISSION!!!!DEHORS!!!!

  8. Frédéric AURIA

    Malgré tous vos efforts, on ne peut pas dire que les médias se bousculent pour parler du numérique… par contre, suppression des langues anciennes, suppression des bilangues et des européennes… et ils sont unanimes ! De gauche comme de droite, ceux qui ne sont candidats à rien mais s’inquiètent de l’avenir de notre pays et ont lu votre projet de réforme s’expriment de plus en plus fort… Vous avez bien quelques collabos du côté de la FCPE nationale, lâchée par les unions départementales, ou du côté de l’UNSA (c’est un syndicat, ça ?), mais ils ne trompent personne. Bientôt 38 000 signatures pour vous demander de généraliser bilangues et européennes. Vous comptez laisser faire le travail à votre successeur ? http://www.petitionpublique.fr/PeticaoListaSignatarios.aspx?pi=rcADEAF

  9. PUMUCKL

    Je suppose que vous avez lu M.Alain MORVAN
    Ancien recteur d’académie,
    Professeur émérite à l’Université de la Sorbonne Nouvelle

    Il vous le dit sans détours :  » si ces textes devaient être in fine validés en l’état, la qualité de notre enseignement scolaire risquerait d’être durablement obérée, et seuls pourront s’en réjouir l’enseignement privé et les officines qui, faisant leur miel de l’inquiétude des parents, font profession de vendre des cours particuliers aux élèves. »
    http://deutschpourtous.tumblr.com/post/118417841215/alain-morvan-ecrit-a-serge-barbet

  10. Mathieu

    Dieu que d’argent dépensé pour frimer dans les médias et engraisser des boîtes privées !
    Si vous saviez, madame la ministre, tous les tableaux numériques qui ne sont pas utilisés dans les établissements alors que les enseignants n’en voulaient pas et que les conseils généraux ont imposés avec l’argent du contribuable.
    Les enseignants veulent des livres, des dictionnaires pour les élèves.
    Pas des gadgets numériques dont les élèves n’ont que faire et qui seront obsolètes dans 6 mois !!!
    Qui réparera tout ce matériel ? Les équipes des EDAT ??? J’ai une idée: si on formait les professeurs de lettres classiques et d’allemand à cette tâche…
    NON A LA REFORME !

  11. Closer et l'allemand

    Collège vranzais kaputt!
    J’arrête l’allemand, mais j’apprends le boche…
    Publié le 08 mai 2015 à 9:00 dans Politique Société
    Mots-clés : allemand, École, latin, Najat Vallaud-Belkacem, réforme du collège

    Parmi les aberrations de la réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem, on a relevé le mauvais coup, peut-être fatal, porté à l’enseignement de la langue de Goethe dans le premier cycle de l’enseignement secondaire. On s’en est ému jusque dans les sphères gouvernementales à Berlin, où des juristes pointilleux estiment que les mesures annoncées contreviennent à l’esprit du traité de l’Elysée de 1963. Cette charte de la réconciliation franco-allemande, signée par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, stipule en effet que « les deux Gouvernements reconnaissent l’importance essentielle que revêt pour la coopération franco-allemande la connaissance dans chacun des deux pays de la langue de l’autre. Ils s’efforceront, à cette fin, de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre des élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande ». Longtemps, la lettre, sinon l’esprit, de ce chapitre du traité semblait avoir été respectée : la démocratisation de l’accès à l’enseignement secondaire dans les deux pays avait, en chiffres absolus, fait croître régulièrement le nombre des élèves apprenant l’allemand en France et le français en Allemagne.
    Ce tour de passe-passe statistique masquait le fait que la proportion des apprentis germanophones et francophones était en constante régression : l’obligation de l’apprentissage d’une seconde langue vivante était progressivement réduite en Allemagne, notamment dans la filière professionnelle des Realschule1, et l’espagnol s’impose en France comme seconde langue archidominante. Les enfants et adolescents étant principalement mus par la loi du moindre effort et du plaisir maximum, ils consentent à apprendre l’anglais, ou plutôt le « globish » appauvri, qui vous ouvre l’espace de la consommation matérielle et culturelle mondialisée. Ils ne voient aucune raison de se soumettre à la discipline d’apprentissage pénible d’une langue exigeante, où il ne s’agit pas de « construire son savoir » avec des méthodes ludiques, mais de s’enfoncer dans le crâne des règles de grammaire et de construction du discours notablement différentes de celles de sa langue maternelle. Et puis, pour aller s’éclater en boîte à Berlin le temps d’un week-end Easyjet, le « globish » est largement suffisant pour commander ses bières et amorcer un plan drague…
    À treize ou quatorze ans, lorsqu’il s’agit de cocher la case « langue II » sur la fiche de vœux pour le passage en 4ème, l’ado concerné a affuté ses arguments pour persuader ses géniteurs de l’inscrire en espagnol : l’apprentissage de la langue de Cervantès lui ouvrira les portes du vaste monde, de Madrid à Buenos-Aires en passant par Mexico et Caracas… La ruse pour justifier la paresse est soutenue par la capacité de ces mêmes ados à tanner leurs parents jusqu’à ce qu’ils craquent, y compris sous la pression du chantage : « Si tu m’inscris en allemand, je n’en ficherai pas une rame, d’ailleurs, au brevet, la deuxième langue, c’est qu’une option… ».
    Najat Vallaud-Belkacem vient de priver les parents adeptes de la résistance à la nonchalance juvénile du dernier argument qui leur restait pour contraindre leur progéniture à se colleter avec les subtilités de la déclinaison de l’adjectif germanique. Elle a mis fin d’un trait de plume à l’existence des classes bilangues en 6ème, ou l’on apprend simultanément l’anglais et l’allemand. Trop élitiste ! Manière détournée d’échapper au « collège unique », où tout le monde fait tout, c’est à dire rien. C’est vrai : pour apprendre l’allemand avec un minimum de succès, il convient d’être à l’aise avec sa propre langue, dans le vocabulaire comme dans la compréhension de sa grammaire, ce qui exclut pas mal de monde. Les classes bilangues, pourtant, n’étaient pas seulement un refuge pour gosses de bobos, mais permettaient aussi à une minorité d’enfants issus des milieux dits défavorisés, les plus doués, d’échapper au déterminisme social. S’il s’agit de donner des perspectives d’emploi à ces jeunes, c’est bien l’allemand qu’il faut leur enseigner pour leur permettre d’aller outre-Rhin combler le déficit démographique d’une puissance industrielle vieillissante ! C’est ce qu’ont déjà compris un grand nombre de ressortissants de pays du Moyen-Orient, Palestiniens, Syriens, Irakiens fuyant la guerre, et se construisant une existence acceptable, et parfois confortable, à Hambourg, Munich ou Stuttgart…
    Quant aux jeunes bourgeois de l’Hexagone, s’ils avaient un minimum de jugeote, et même s’ils voulaient exercer astucieusement leur droit à la paresse, ils devraient comprendre que dans un contexte de concurrence effrénée pour l’accès aux bonnes places, la maitrise de l’allemand leur donnerait un avantage certain sur leurs concurrents balbutiant bêtement l’espagnol. Un simple coup d’œil sur la structure des échanges, l’intégration des économies à l’échelle européenne, le marché de l’emploi des cadres suffira à les persuader…
    On trouvera également quelques bénéfices secondaires à pouvoir accéder, dans la langue originale à quelques auteurs pas totalement inintéressants : qui, sinon les profs d’allemands, espèce en voie d’extinction pourra faire apprécier le Faust de Goethe, ou L’Allemagne, un conte d’hiver de Heinrich Heine ? Mais cela est peut-être trop demander à Mme Vallaud-Belkacem.
    Cette dame, par ailleurs, dispose d’un don exceptionnel pour se payer notre cafetière (« Unsere Kaffeekanne zu bezahlen ») : pour calmer l’ire des Germains, elle a précisé que l’on allait pouvoir être initié à l’allemand dès le CP, dans le cadre d’une « carte des langues » sur le territoire, où, en fonction des besoins et des demandes, d’autres langues que l’anglais pourraient être enseignées en primaire. J’entends déjà les hurlements des parents dont les mioches pourraient être privés d’anglais précoce ! Résultat prévisible : l’allemand au CP, ce sera pour les Alsacos !
    Ajoutons, pour conclure, que point n’est besoin d’aimer les Allemands pour apprendre leur langue. On peut arrêter l’allemand et se mettre au boche.
    *Photo : Pixabay.
    En Allemagne, on a abandonné les tentatives de « Gesamtschule » (collège unique) pour rétablir un système dual général (Gymnasium) ou professionel (Realschule). On pourra comparer les résultats français et allemands en regardant le taux respectif du chômage des jeunes… ↩

  12. Ricercar

    Ça briiiiiille ! Mais éduquer la jeunesse d’un pays, ça ne se fait pas avec des mots magiques (« numérique », « respect environnemental », « vivre-ensemble »…), à grands renforts de gadgets onéreux, de thématiques à la mode et de moraline bon marché, encore moins en déversant jour après jour la propagande inepte de croquis simplificateurs, de dessins infantiles et de discours creux. Ça se fait avec des méthodes sérieuses, progressives, structurées, aux antipodes des pratiques touche-à-tout et et superficielles que vous êtes en train de promouvoir. J’ai honte pour la gauche, en tout cas pour cette gauche-là, à laquelle je n’accorderai JAMAIS PLUS ma confiance.

  13. Hannah Arendt

    Vous nous méprisez, nous insultez, faites fi de nos remarques bien fondées… la presse reprend maintenant vos calculs qui sont hélas faux.

    Vous êtes non seulement incompétente pour diriger l’EN et donc l’avenir de l’école, mais vous démontrez à tous que vous êtes aussi nulle en calcul.

    Je me gausse devant tant d’incapacités car cela devient vraiment lamentable de vous laisser si longtemps à ce poste. Il est vrai que Flamby n’avait plus personne sous la main…

    http://www.marianne.net/agora-college-vallaud-belkacem-se-prend-les-pieds-les-chiffres-allemand-100233345.html

  14. Jugend hat es verdient!

    Sehr geehrte Ministerin, respektieren Sie die deutsch-französische Freundschaft. Frankreich wird ohne Sprachen in die dritte Wirtschaftsliga absteigen; kein Unternehmen will heutzutage in ein monolinguales Land investieren. Tun sie was für Europa, machen Sie eine Politik der Gegenwart für Europa!. Morgen ist der Tag Europas 9. Mai: Verkündigen Sie ihre europäischen Pläne statt Europa mit einem A1 Niveau linguistisch zu blamieren, ja zu blockieren! Schaffen Sie Bilingue für alle! Europaklassen für alle in verschiedenen Optionen. Die Jugend hat es mit 25% Jugendarbeitslosigkeit verdient! https://www.youtube.com/watch?v=dqQdyKbyRXY

  15. saintjustallemand

    A propos de concertation… Sans rire?…Nous sommes en ce moment CONSULTES par votre ministère?? Mais qui l’est?? … Pas moi ni mes collègues en tous cas! On aimerait pourtant savoir ce qui motive la disparition des classes bilabgues et européennes, sinon une pure logique comptable! C’est honteux!…

  16. saintjustallemand

    Très bien mais allez-vous envoyer en même temps que ce matériel des techniciens qui se chargeront de l’entretien du parc?

  17. Pixi

    Madame,

    Toute la communication autour de ce plan numérique n’occulte pas un point brûlant de la réforme : la disparition des classes bilangues ! La réforme est LE sujet qui fâche. Il est temps d’entendre enfin toutes ces voix, de plus en plus nombreuses, qui se manifestent de tous côtés contre ce projet.

  18. Philou

    Formation formation … où allez-vous trouver les milliards alors que depuis des années les budgets formation sont réduits … ah j’oubliais, vous allez certainement demander à certains formateurs de développer des parcours magistères que les professeurs devront suivre hors de leur temps de classe, sans avoir à se déplacer … cela ne devrait pas vous revenir très cher, vu ce que sont payés les formateurs en formation continue! Cessons là les délires, développons les expérimentations menées dans le cadre des Traams avant de balancer des millions dans des tablettes que les professeurs ne sauront pas utiliser! Mettons l’argent là où il y en a besoin, dans le maintien des bilangues et sections euro notamment! Arrêtez de nous enfumer par de vaines promesses. Vous parlez de collèges connectés mais ayez au moins l’honnêteté de dire que la connexion des nouveaux collèges connectés se fera à peine pour une ou deux classes à moyens constants avec des équipements dont ils disposent DEJA. Votre plan numérique est pavé de bonnes intentions mais vous savez très bien qu’il n’intégrera pas de moyens supplémentaires!!!!

    Concernant l’allemand, vous ne convaincrez personne! Les bilangues et sections euro, ça c’est du concret, ça existe, ça fonctionne … votre délégué ministériel, c’est du vent!!! C’est lui qui ira dans les classes de primaire pour faire la promotion de l’allemand, c’est lui qui devra se battre avec les IA-IEN pour faire appliquer les dispositions que vous entendez mettre en oeuvre, c’est lui qui se démerdera pour que l’apprentissage de l’allemand se fasse dans de bonnes conditions … pas entre deux portes de 4 à 5. Arrêtez de vous foutre de notre gueule!!! M***** plus qu’assez de votre propagande!!!!

    Vous dites « Nous ferons en sorte en 2016 que 200.000 élèves apprennent l’allemand, en recréant des postes de professeurs »: qui serait assez fou pour souhaiter devenir professeur d’allemand???? qui a envie d’être méprisé, de se faire cracher dessus par l’institution? Les postes proposés ne sont déjà pas pourvus, alors soit vous êtes devin et pouvez lire dans l’avenir (comme vous avez vu que la courbe du chômage s’inverserait) et là, je vous dresserai un autel et vous deviendrez mon gourou, soit vous entendez les voix de ceux qui luttent depuis des années pour la survie et le développement de l’allemand, afin de réfléchir avec eux au moyen de relancer réellement l’enseignement de l’allemand en France sans supprimer les dispositifs qui fonctionnent (bilangues et section euro). Oui à une réforme du collège mais non à la suppression des bilangues et sections euro!!!

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