Pour tout savoir sur le dispositif « meilleurs bacheliers » en une Infographie

Infographies Éducation nationale Publié le 7 juillet 2015

 

Le dispositif « meilleurs bacheliers » : questions-réponses

Les établissements et filières qui accueillent des « meilleurs bacheliers »

Les places en filières sélectives publiques sont dans des classes de :

  • classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE)
  • sections de technicien supérieur (STS)
  • instituts universitaires de technologie (IUT)
  • instituts d’études politiques (IEP)
  • écoles d’ingénieurs publiques qui recrutent après le baccalauréat, comme le réseau des Instituts nationaux de sciences appliquées (Insa), écoles d’ingénieurs polytechniques des universités, etc.

De quoi s’agit-il ?

La loi relative à l’Enseignement supérieur et à la Recherche de juillet 2013 a introduit une mesure nouvelle relative à l’entrée dans l’enseignement supérieur :
« Art. L. 612-3-1. − Sur la base de leurs résultats au baccalauréat, les meilleurs élèves par filière de chaque lycée bénéficient d’un droit d’accès dans les formations de l’enseignement supérieur public où une sélection peut être opérée. Le pourcentage des élèves bénéficiant de ce droit d’accès est fixé chaque année par décret. Le recteur d’académie, chancelier des universités, réserve dans ces formations un contingent minimal de places au bénéfice de ces bacheliers. »

Pourquoi une telle mesure ?

Il s’agit de donner une deuxième chance à des jeunes qui :

  • considèrent souvent que leur lycée est trop mal vu et que ça ne sert à rien de candidater dans les filières sélectives (auto-censure)
  • ou ont été pénalisés parce que leur dossier n’était pas assez bon en regard des dossiers des autres lycées

La mesure permet au meilleur de sa filière d’avoir les mêmes droits quel que soit son lycée d’origine.
La mesure introduit plus d’égalité dans le processus d’insertion dans l’enseignement supérieur.

Qui sont les « meilleurs bacheliers » ?

Seuls les résultats du bac sont pris en compte. On retient dans cette catégorie, pour chaque lycée et pour chaque filière (S, ES, L, technologique, professionnelle), les 10 % des jeunes ayant eu les meilleurs résultats au bac (le taux de 10 % peut être revu tous les ans).

Parmi ces jeunes, on ne retient alors que celles et ceux qui n’ont pas eu leur vœu 1 sous Admission Post-bac (APB) et qui n’ont pas eu d’admission dans une filière sélective.

Exemples, pour un jeune qui est dans les 10% meilleurs de sa filière :

  • S’il n’a pas eu son vœu 1 en CPGE mais qu’il a eu son vœu 4 en CPGE, il n’est pas retenu
  • S’il a eu son vœu 1 en licence, il n’est pas retenu
  • S’il a eu son vœu 3, une licence, il est retenu, qu’il ait ou non candidaté sur des filières sélectives
  • S’il n’a eu aucune proposition, il est retenu

Et pourquoi ne prend-on pas en compte tous les « meilleurs bacheliers » ?

On considère qu’un jeune qui a eu son premier vœu, quel qu’il soit, a eu satisfaction.
Par ailleurs, le but de la mesure n’est pas de permettre un droit au remord mais de donner une deuxième chance à celles et ceux qui n’ont pas eu une filière sélective ou n’avaient pas osé en demander.

Faut-il démissionner avant de connaître les résultats du baccalauréat ?

Surtout pas ! Ce dispositif s’appuie sur les résultats du bac. Donc il y a un gros risque de se retrouver sans rien.

Que sont les filières sélectives ?

Les filières visées sont les filières qui ont un droit de sélection au sein des établissements publics. Cela concerne les filières suivantes : STS, IUT, CPGE, écoles d’ingénieurs publiques qui recrutent après le baccalauréat, IEP, etc.

Cela ne concerne pas :

  • les filières qui ont des capacités d’accueil et pour lesquelles il n’y a pas de droit de sélection mais juste un tirage au sort lorsqu’il y a trop de candidats
  • les filières des écoles privées

Chaque recteur a demandé à chaque filière sélective de réserver au moins une place.

Comment ça marche ?

Le mardi 7 juillet 2015, jour des résultats du bac, les jeunes « 10 % meilleurs bacheliers » reçoivent un message électronique via Admission Post-bac. Ce message les informe qu’ils peuvent bénéficier de la mesure spécifique « meilleurs bacheliers ». Ils ont jusqu’au jeudi 9 juillet au soir pour valider leur participation. Un jeune qui a eu une licence peut tout à fait ne pas vouloir changer d’avis.

Le vendredi 10 juillet au matin, le ministère connaîtra la liste des dossiers à traiter. Cette liste sera répartie sur les rectorats concernés. Tout est automatisé. Il y a alors deux cas :

  • Le jeune avait dans ses vœux au moins une filière sélective où il est en liste d’attente.

Dans ce cas, il passe automatiquement en première place sur la liste d’attente. Comme chaque filière sélective a dû réserver au moins une place, il sera automatiquement admis dans la phase en cours d’APB. Il aura le résultat au plus tard le mardi 14 juillet à 14h. Cette procédure sera adaptée si plusieurs « meilleurs bacheliers » sont sur la même filière.

  • Le jeune n’avait fait aucune demande en filière sélective ou il n’a jamais été retenu même en liste d’attente

Dans ce cas, le jeune est invité à participer à la procédure complémentaire. Il sera prioritaire sur les filières sélectives où il reste des places.
Si un jeune avait déjà accepté une filière non sélective, ce choix reste valable jusqu’à ce qu’il confirme définitivement le nouveau choix qui lui est proposé.

On peut vraiment aller où on veut si on est un meilleur bachelier ?

Non, pas vraiment.
Dans les deux cas précédents, le premier donne lieu à une affectation automatique car on considère que si le jeune est en liste d’attente c’est que l’établissement a jugé qu’il était prêt à le prendre.

Dans le deuxième cas, on doit aussi garantir un parcours de réussite donc il faut que le choix soit en rapport avec le projet du jeune et sa capacité à le réaliser. Typiquement, les écoles d’ingénieur ont demandé à pouvoir examiner chaque dossier afin de garantir un parcours de réussite et éventuellement pouvoir réorienter un candidat sur une filière plus appropriée.

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2 commentaires sur Pour tout savoir sur le dispositif « meilleurs bacheliers » en une Infographie

  1. TATIN Isabelle

    le dispositif  »meilleur bachelier » n’est que poudre aux yeux! cela ne fonctionne pas; l’égalité des élèves n’existent pas; la discrimination existe toujours, et les enfants des classes moyennes en sont victimes!

  2. Luise

    Le ministère lance le dispositif Meilleur bachelier

    Pour le ministère, il s’agit de permettre aux meilleurs élèves (10%) de chaque établissement d’accéder aux établissements d’enseignement supérieur les plus sélectifs.
    En clair, la formule doit permettre aux meilleurs lycéens des établissements les moins bien considérés d’accéder en STS pour les bacs professionnels, en IUT pour les bacs technologiques et en CPGE ou école d’ingénieurs pour les meilleurs bacheliers généraux.

    Le site ministériel explique le mécanisme qui repose sur les résultats du bac et sur APB. On peut ainsi être reclassé dans APB, voire modifier sa demande dans APB à condition de le faire tout de suite.

    La procédure annonce quand même des restrictions.
    On en va pas où on veut. Si l’on a déjà demandé un établissement sélectif, on obtient  » une affectation automatique, car on considère que si le jeune est en liste d’attente c’est que l’établissement a jugé qu’il était prêt à le prendre ».
    Si l’on avait rien demandé,  » il faut que le choix soit en rapport avec le projet du jeune et sa capacité à le réaliser.
    Typiquement, les écoles d’ingénieur ont demandé à pouvoir examiner chaque dossier afin de garantir un parcours de réussite et éventuellement pouvoir réorienter un candidat sur une filière plus appropriée ».
    Là on retourne en fait à la case départ.

    La discrimination positive portée par ce programme atteint donc rapidement ses limites.
    Mais une étude de Sylvain Broccolichi montre aussi les limites de son intérêt.
    Travaillant sur les choix d’orientation des enfants des milieux populaires, il avait rejeté l’idée, souvent admise, que leur orientation serait trop modeste.  » Quand on suit le devenir de ces jeunes de milieu populaire », écrit-il, « ceux qui semblaient exagérément prudents en fait échouent beaucoup plus que leurs camarades de niveau apparemment à peu près identique.
    Cela s’explique par le fait que les chances de progresser des élèves au cours des années sont très inégales selon les catégories sociales ».

    Il ne suffit pas de promouvoir, même très modestement.
    Il faut aussi donner aux candidats, en amont ou en aval, des chances de réussir…

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