Hommage à Gérard Collomb

À la une Publié le 27 novembre 2023

C’est la tristesse qui l’emporte. Largement. Comment ne pas le pleurer? Gérard était un homme considérable. Par ses combats, sa ténacité, son travail, son parcours, sa sensibilité. Sa passion pour Lyon- il en était le plus fervent des amoureux- son humour, sa curiosité d’esprit, ses lettres, ses colères et sa générosité. Il faut dire tout cela à la fois pour dire qui était l’homme.

J’ai travaillé avec lui, été élue à ses cotés, été impressionnée par lui, ai compris la force et la nécessité du combat politique par lui. Je l’ai trouvé attachant jusque dans ses impatiences qui étaient une exigence, celle qu’il s’appliquait à lui même dépassant toujours toutes les autres.

Il m’a irritée parfois, comment prétendre le contraire, on sait que nos chemins politiques se sont, à mon coeur defendant, séparés, éloignés. Mais il ne m’a jamais laissée indifférente, il n’a jamais réussi à me faire jeter aux oubliettes nos années de compagnonnage. J’avais beau être en désaccord avec certaines de ses positions une fois au Ministère de l’intérieur, je souffrais intimement lorsqu’il était attaqué. Parce qu’il restait pour moi cet homme considérable dont j’aimerai que quelqu’un un jour écrive les réalisations innombrables tout autant que l’engagement sacrificiel au service d’une vie politique si vorace.

Il faut lui rendre cette justice là. Moi je le fais, et aussi je lui dis ma reconnaissance infinie pour les chances qu’il a données à nombre d’entre nous, en nous accueillant si jeunes à ses cotés, en nous faisant confiance avec la simplicité et l’accessibilité qui le caractérisaient, d’être ce que nous sommes par la suite devenus. Et puis aussi de nous rencontrer les uns les autres. Car autour de lui en ce premier mandat de 2001, alors qu’il faisait souffler sur cette ville un vent de liberté et de créativité inouï , c’est toute une génération qui a éclos. Et ne s’est pas quittée depuis. C’est aussi cet heritage là qui restera de lui.

Dans ma peine, je n’ai qu’un mince objet de soulagement: cédant à une soudaine nostalgie il y a quelques mois de cela, je lui ai écrit ce que je dis là. Je suis heureuse qu’il ait pu le savoir, si d’aventure il en doutait.