Retraites: quelques principes.

Éditos Publié le 31 janvier 2010

J'ai eu la tentation de vous parler de l'affaire Clearstream, en vous disant que la Justice sortait d'avantage grandie que l'accusé lui-même de ce procès peu ragoutant, mais l'appel interjeté par le procureur de la République jette à nouveau un trouble sur son indépendance et porte si nettement la marque de l'Élysée que je préfère attendre une décision définitive pour me prononcer. Tout au plus, puis-je souhaiter à Dominique de Villepin de ne pas céder au découragement : son combat est aussi celui d'une autre droite aujourd'hui bien silencieuse face au sarkozysme.... Les crocs de bouchers ne sont donc pas encore raccrochés à l'UMP, mais à défaut d'y voir pendu l'ancien Premier ministre, le gouvernement y verrait bien balancer notre système de retraite. C'est tout le sens des discussions qui s'engagent en cette fin du mois de janvier sur l'avenir de notre système de retraite et qui méritent la plus grande vigilance. Le gouvernement voudrait simplifier le débat en prétendant qu'il n'y a qu'une issue pour sauver nos retraites, repousser inexorablement l'âge du départ à la retraite. Discours non seulement simplificateur, mais assez largement faux. Premier préalable à toute réforme, il faut réaffirmer le principe de la retraite par répartition et dénoncer toute tentative de se voir imposer, y compris à titre accessoire, un système de capitalisation à la française qui conduirait à exclure les plus fragiles de nos concitoyens et à accroitre un peu plus encore au moment de la retraite le fossé entre les riches et les pauvres.

J’ai eu la tentation de vous parler de l’affaire Clearstream, en vous disant que la Justice sortait d’avantage grandie que l’accusé lui-même de ce procès peu ragoutant, mais l’appel interjeté par le procureur de la République jette à nouveau un trouble sur son indépendance et porte si nettement la marque de l’Élysée que je préfère attendre une décision définitive pour me prononcer. Tout au plus, puis-je souhaiter à Dominique de Villepin de ne pas céder au découragement : son combat est aussi celui d’une autre droite aujourd’hui bien silencieuse face au sarkozysme…. Les crocs de bouchers ne sont donc pas encore raccrochés à l’UMP, mais à défaut d’y voir pendu l’ancien Premier ministre, le gouvernement y verrait bien balancer notre système de retraite. C’est tout le sens des discussions qui s’engagent en cette fin du mois de janvier sur l’avenir de notre système de retraite et qui méritent la plus grande vigilance. Le gouvernement voudrait simplifier le débat en prétendant qu’il n’y a qu’une issue pour sauver nos retraites, repousser inexorablement l’âge du départ à la retraite. Discours non seulement simplificateur, mais assez largement faux.

photoretraites

Premier préalable à toute réforme, il faut réaffirmer le principe de la retraite par répartition et dénoncer toute tentative de se voir imposer, y compris à titre accessoire, un système de capitalisation à la française qui conduirait à exclure les plus fragiles de nos concitoyens et à accroitre un peu plus encore au moment de la retraite le fossé entre les riches et les pauvres.

Second principe : simplifier et unifier les différents régimes de retraite dans un souci de justice, de solidarité et d’équité. Une simplification d’autant plus nécessaire que les parcours professionnels vont avoir tendance à se complexifier et à être de moins en moins linéaires.

Troisième principe : prendre en compte la pénibilité dans le calcul des annuités nécessaires pour avoir une retraite à taux plein. c’est à dire penser un système plus juste, qui permette de compenser les écarts d’espérance de vie entre les métiers.

Quatrième principe : garantir des retraites dans la dignité. Il faut, en effet, rappeler qu’un million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté puisque le minimum vieillesse reste inférieur de 15% à ce seuil. Ce constat en appelle un autre, le gouvernement, après avoir épuisé 4 secrétaires d’État, n’a toujours pas ouvert le chantier du financement de la prise en charge de la dépendance, laissant les conseils généraux, exsangues, assumer seuls la prise en charge du vieillissement.

Cinquième principe : améliorer le taux d’emploi des séniors, aujourd’hui le plus faible de l’Union européennes, pour s’assurer que l’ensemble des actifs cotisent jusqu’à leur retraite à 60 ans.

Sixième principe : diversifier les modes de financements pour compenser l’équilibre actif/inactif qui n’a cessé de se dégrader depuis les années 1960, époque à laquelle on comptait quatre actif pour un retraité, contre deux actifs pour un retraité aujourd’hui et, en 2040, un pour un. Les faits sont têtus, c’est une certitude ! Cela veut dire en particulier que les cotisations retraites ne peuvent plus peser sur les seuls salaires, mais doivent aussi porter sur la valeur ajoutée (en augmentant par exemple la CSG sur les revenus non salariaux) ainsi que sur les revenus du capital (sur les stocks options par exemple, ainsi que le suggérait Philippe Seguin). Une simple observation relevée cette semaine par le journal Libération, lorsque l’État exonère, c’est 140 milliards qu’il perd, de quoi ouvrir de façon prioritaire le chantier des niches fiscales !

140 milliards, c’est à peu de chose près le montant du déficit du budget de l’Etat ! Le chiffre est colossal, bien loin des critères de Maastricht. C’est dire le culot de ce gouvernement lorsqu’il pointe du doigt la gestion des collectivités locales en réclamant par la voix d’Eric Woerth 20 milliards d’économie dans leur budget, oubliant que les communes, les Régions et les Départements assument 75% de l’investissement public en France ! C’est souligner la mauvaise foi de l’État qui convoque une conférence des déficits publics alors qu’il emprunte chaque jour pour son fonctionnement courant ce que les Régions seules empruntent en un an pour investir, développer nos territoires et soutenir nos emplois. Il n’est pas inutile de rappeler qu’à la différence de l’État, les collectivités locales ont l’obligation de voter leur budget en équilibre, qu’elles n’ont donc aucun déficit et qu’elles n’ont pas le droit de financer leur fonctionnement par l’emprunt à la différence d’un Etat qui, surendetté désormais, est contraint d’emprunter pour rembourser ses dettes !

Au moment où s’ouvre la campagne des régionales, il est utile de rappeler ces quelques vérités et d’opposer aux excellents bilans des Régions socialistes la calamiteuse gestion de l’État par la droite. Déficits publics abyssaux qui vont durablement plomber la reprise économique et annoncent une très forte hausse des impôts dans les années à venir, chômage galopant malgré les tentatives du gouvernement de maquiller les chiffres (le blog déchiffrages) de pôle emploi, paupérisation préoccupantes des classes moyennes, fragilisation des services publics (du changement de statut de la poste à la fermeture des tribunaux d’instance), attaques contre les collectivités locales, mise en cause de l’indépendance de la Justice… voilà le sommaire du Livre noir de la droite !

Mais pour rester dans l’action, et préparer l’avenir, je vous fais part de cette invitation à venir nous rejoindre pour soutenir Jean-Jack Queyranne qui lance sa campagne:

meeting

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14 commentaires sur Retraites: quelques principes.

  1. festkl?nningar 2013e

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  2. Jany

    @NVB Pouvez-vous faire plus concis ?
    Tenez, un peu de « cloud thinking », rien que pour vous :
    NVB > MVP

    Najat > N’a chat
    Vallaud > Va à l’eau
    Belkacem > Belle qui s’aime

  3. Bibi

    Bonjour Najat

    Pour les retraites, tenir compte de la pénibilité ne me semble pas pouvoir être applicable. Il me semble que c’est un critère pouvant être trop subjectif et aléatoire, un travail dit de force pouvant être très facile pour certains.

    Il me semble que le problème de non cotisation, par exemple pour les étudiants jusqu’à 26 ans, parfois plus, est un problème plus rapidement solutionnable.

    Cette durée d’étude freine l’acquisition du nombre de trimestres.

    Il me semble que s’il n’y avait pas d’exonérations, une meilleure répartition des bénéfices, la situation serait moins critique.

    Et si les conditions de travail étaient positives et bonnes, l’âge du départ à la retraite aurait-il tant d’importance?

    Cordialement

  4. Gérard Eloi

    @ Philgi,

    Mais je ne généralisais absolument pas : au contraire, je proposais d’individualiser, en proposant de chercher une « méthode de travail » capable de tenir compte du « cas par cas ».

    Et je maintiens que chaque métier, quand on l’exerce correctement, a sa pénibilité.

    Je suis incaopable en revanche de définir si le travail dans un grand magasin est plus ou moins pénible que celui au volant d’un poids lourd, par exemple.

    Outre le métier lui-même, les conditions de travail (qui varient beaucoup d’une entreprise ou d’une administration à l’autre) ont aussi leur importance. Et la notion de pénibilité doit tenir compte de tout ça…

    Il y a peut-être des formules assez souples pour satisfaire tout le monde : la retraite reste proposée à 60 ans pour tout le monde. Mais les personnes qui le souhaitent, çàd qui s’en sentent encore capables, peuvent décider de « jouer des prolongations »,

    -à temps plein ? mi-temps ? quart temps ?
    -pendant… ?
    -moyennant retraite + x % selon prestations, par exemple…?

    Ce ne sont que simples propositions.
    J’espère qu’on ne va pas les comparer à un tristement célèbre « travailler + pour gagner + », qui est devenu « travailler + pour gagner -« .

  5. philgi

    Le sujet des retraites qui s’annoncent cette année me paraît primordial pour sauver ce qui reste encore à sauver de notre système de protection sociale qui prend l’eau de toute part avec ce gouvernement.
    Les français sauront-ils se mobiliser pour montrer leur indignation ? Rien n’est moins sûr et c’est inquiètant…Cela sera encore un test qu’essaiera de récupérer Sarko et ses colistiers pour faire croire aux français que la partie est joué d’avance et que les choses doivent se faire décidemment plus que comme ça. Combien d’entres nous ont déjà baissé les bras et qui se voient déjà travailler jusqu’à 62..voire 65 ans?
    Il est évident que la pénibilité au travail doit être pris en compte, et cette idée doit servir de « leitmotiv » à notre campagne, comme le fait que 60 ans est l’âge raisonnable de s’arrêter de travailler, pour laisser la place à nos plus jeunes qui subissent de plein fouet cette fichue crise économique.
    Je ne suis pas d’accord avec G.Eloi quand il dit que chaque travail a sa pénibilité. Evidemment, mais alors, doit-on comparer un futur retraité des « travaux publics » qui a passé toute sa vie sur le bitume à fabriquer des routes, à un gestionnaire qui a passé toute sa vie dans un bureau où il n’a pas eu à affronter des conditions de travail extérieur de forçat, même si je n’enlève pas que certains cadres souffrent réellement de stress et fatigue. Mais du métier même, ne mélangeons pas tout. C’est ne pas reconnaître les différentes catégories de travail entre elles et genéraliser encore une fois un problème lié uniquement à des conditions de travail.
    Alors tous dans la rue le moment venu, nos anciens sauront apprécier. Après, il sera trop tard.

  6. Henri

    Bonjour,

    Dans l’énumération des principes généraux sur les retraites :

    – revaloriser le montant des pensions, en moyenne 0,4 à 1 % en 2009, autant dire encore une baisse,

    – revaloriser les taux des pensions de reversions ( actuelelment 50 % ) au moins à 75 % et même 100 % , car souvant ce sont des veuves qui les perçoivent, sans aucun autre revenu , sauf le droit d’avoir élevé une famille, sans faire appel aux deniers publics… ( attention les % sont trompeurs , il faut bien connaître les conditions qui minorent encore plus le montant des pensions réellement payées… )

    A titre d’exemple l’écart entre les montants du RSA annoncés au grand public avec les retenues déjà systématiques des Conseils généraux au passage , de la CAF…la prise en compte des revenus d’épargne…etc… et les montants réellement difficilement perçus…

    plus aucune chausse-trappes pour les retraites…!

    – indexer les pensions sur les salaires et non sur une sorte d’indice des prix qui ne veut rien dire , sauf bloquer les pensions…

    Prévoir , dans un système de répartition, le manque de cotisations perdues par l’absence de quantités de jeunes sans travail actuellement : chômeurs , RSA, stages… hors décompte… de façon à assurer leur future retraite ;

    car la question de moins d’actifs qui ne peuvent pas cotiser et ne pourront pas avoir de retraite se pose ;

    une bombe à retardement… une injustice, et des problèmes à résoudre plus tard pour gérer cette autre « dépendance » par qui ? comment ?

    _ imposer d’autres recettes que celles du travail

    – supprimer la CSG appliquée aux retraités ( prélèvement de -8 % au total sur les pensions )

    ceux-ci ont déjà cotisés toute vie , pour certains plus de 50 ans de travail…. et maintenant paient encore pour soutenir leurs enfants et leurs petits-enfants..

    voilà quelques énumérations, mais seul un vrai débat est nécessaire avec les retraités également….

    merci de le lancer , en partie sur ton blog

  7. BERNARDIN Paul

    La pénibilité pourrait être constatée par le médecin du travail ou une commission qui examinerait chaque cas; Celà me semble indispensable en raison de la mobilité des salariés.Un coefficient pourrait être attribué aux périodes de travail pénible. Dans toute réforme il faut privilégier la concertation et avoir toujours à l’esprit le sens de l’équité et de la justice sociale.

  8. PICARD

    En complément du 5ème principe :
    Pourquoi les chômeurs ne bénéficieraient-ils pas de l’ensemble des cotisations retraites (part salariale et employeur…compensation par l’URSSAF ?) lorsqu’ils subissent des périodes d’interruptions d’emploi de telle sorte qu’ils ne subissent pas la double peine en cas d’allongements éventuels de durée de cotisations ?

  9. Gérard Eloi

    @ Nedelec,

    Tous les métiers ont leur degré de pénibilité.

    Une seule méthode humaniste : l’individualisation, le cas par cas. Autrement dit, la personne qui estimerait son métier non pénible pourrait continuer à travailler jusqu’à… ?

    Autrement dit : tout le monde doit avoir le droit de demander sa retraite à 60 ans. Mais personne n’y est obligé !

    C’est une vision peut-être un peu trop idéale…

  10. admin

    très bonne analyse ,d’ailleurs finalement assez consensuelle. un point cependant me parait risqué, c’est la prise en compte de la pénibilité: comment s’y prendre ? Un enseignant injurié (il y en a des dizaine de milliers) fait-il un metier pénible?…les chauffeurs routiers exercent-ils tous un métier pénible? les infirmières ont elles aussi un métier pénible,les travailleurs précaires entrent-ils dans cette catégorie?…etc.comment etre sur de ne pas creer de nouvelles frustrations?
    Merci de me lire
    GN

  11. Cécile RASCLE

    Bonsoir,
    Difficile d’aborder ce sujet sans penser à nos « anciens », qui pour bon nombre, je parle de l’ancienne génération où le travail n’était pas une denrée « rare », ils allaient au « turbin » à 14 ans, époque terminée, je dirai fort heureusement…
    mais cela ne résout pas le réel problème de financement des retraites, il y a plusieurs problèmes, difficulté pour les jeunes de trouver un premier emploi, allongement de la vie, « rétrécissement » des années de cotisations…bref, casse tête en perspective.. mais n’oublions pas qu’il faut laisser le choix le plus possible et ne pas imposer. Je m’associe à Najat dans cette recherche de solutions qui doivent rester équitables. Surtout que je suis certaine que bon nombre de séniors sont « superactifs » et seraient prêts à « aider » des jeunes à s’insérer ou à les former…. why not ? on peut le faire ?? oui on peut !

  12. Gérard Eloi

    Très belle analyse, comme toujours, Najat.

    Voici le lien pour un article qui rejoint un peu ce que tu viens de mettre en évidence :

    http://www.bastamag.net:80/spip.php?article859

    Dans ton analyse très complète, on est heureux de voir l’importance que tu tiens à donner à la dignité, et à la pénibilité du travail.

    On remarquera aussi dans tes chiffres cette « glissade » de quatre actifs pour un retraité à un actif pour un retraité.

    S’il y avaît plus d’emplois, donc moins de chômage, il y aurait plus d’actifs. Donc, un des premiers combats à gagner est celui pour l’emploi. Pas facile dans ce monde dont la perdition rime avec délocalisation.

    Il reste à ce niveau un rôle important aux Régions : c’est ce à quoi s’engage le programme de Jean-Jack Queyranne, dont tu as donné un aperçu dans le billet  » Nouveau contrat… » .

    De ce beau programme, je rappellerai ces deux paragraphes :

    « Pour l’économie et l’emploi d’abord, nous rechercherons de
    nouvelles dynamiques – société de la connaissance, croissance verte,
    services à la personne, écotourisme, économie sociale et solidaire – pour
    créer de nouvelles filières, de nouveaux métiers et pour exister dans une
    économie mondialisée.

    Pour la formation ensuite, corollaire de la bonne santé économique,
    nous avons deux exigences fortes. Nous favoriserons la continuité
    professionnelle, en proposant à ceux qui ont perdu leur travail de se former
    plutôt que chômer. Nous améliorerons encore les conditions d’études
    des jeunes en les soutenant dans leur vie quotidienne — car ils sont très
    touchés par la crise — et en luttant contre le décrochage scolaire. Pour
    nous, le meilleur diplôme est celui qui débouche sur un emploi  »

    A ne jamais oublier :

     » Exister dans une économie mondialisée » ;
     » Le meilleur diplôme est celui qui débouche sur un emploi »

    Cet extrait est formidable de dynamisme et d’espoir pour l’avenir, Najat.

    Je suis heureux de travailler (à mon niveau…), dans cette formidable équipe où j’ai eu la chance de faire la connaissance de personnes de ta qualité. Il fera sans doute beau demain…

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