Parentalité : homo ça coince !

Questions de société Publié le 17 décembre 2010

Après la prise de position du Parti Socialiste sur la révision des lois bioéthiques et à la veille du débat qui doit s’ouvrir au Parlement, voici la note que j’ai remis à Terra Nova sur la question gay : reconnaissance sociale, mariage, adoption, ouverture de l’assistance médicale à la procréation aux couples homosexuels…

Vous pouvez retrouver cette note sur le site de Terra Nova également: http://www.tnova.fr/note/parentalit-homo-coince

« Au cœur de la révision des lois bioéthiques, dont le débat doit s’ouvrir au Parlement, il y a la question gay : faut-il continuer à réserver les techniques de procréation assistée aux cas de stérilité médicale, ou bien les étendre à la « stérilité sociale », c’est-à-dire aux couples du même sexe ? Le gouvernement répond par la négative et, de fait, les droits LGBT n’ont pas évolué depuis 1997. A cette occasion, Najat Belkacem, maire adjointe de Lyon et secrétaire nationale PS aux questions de société, fait le point dans cette note sur la question gay : reconnaissance sociale, mariage, adoption, ouverture de l’assistance médicale à la procréation aux couples homosexuels – les Français évoluent, la justice progresse, pourtant la classe politique demeure immobile.

NOTE

La révision des lois bioéthiques, dont le débat doit s’ouvrir au Parlement, va remettre sur le devant de la scène politique la question LGBT. Parmi les principaux enjeux des lois bioéthiques, il y a  en effet l’assistance médicale à la procréation (AMP), avec une question clé : faut-il continuer à réserver ces techniques aux cas de stérilité médicale, ou bien les étendre à la « stérilité sociale », c’est-à-dire aux couples du même sexe ? Le débat fournit l’occasion de faire le point sur la question gay, angle mort du débat politique depuis de nombreuses années. On peut la résumer à trois enjeux principaux.

Le premier, c’est la reconnaissance sociale des couples homosexuels. Très bonne nouvelle sur ce plan. Selon un récent sondage Ifop, 80% des Français considèrent désormais que « l’homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité ». 55% n’ont pas de problème avec des baisers en public. Seulement 7% des Français n’aimeraient pas avoir un homosexuel pour voisin. L’évolution est spectaculaire. 75% trouvaient l’homosexualité inacceptable au début des années 70. Elle était pénalisée jusqu’en 1982, classée maladie mentale par l’OMS jusqu’en 1990. En bref, la France sort rapidement de l’homophobie.

Naturellement, le niveau d’acceptation n’est pas le même dans toute la société française. La culture masculine de banlieue tend à prendre l’homosexualité pour cible. Mais là aussi la situation s’améliore. En témoigne l’évolution du groupe de rap Sexion d’Assaut. Plusieurs textes de leur album Le troisième prototype (2008), ouvertement homophobes, ont fait à juste titre polémique. Les rappeurs, qui en ont, bon gré mal gré, pris conscience, rejettent désormais explicitement toute discrimination. Au fil des rencontres organisées à Lyon comme ailleurs avec les associations LGBT, les préjugés s’estompent, le dialogue se noue.

Le deuxième enjeu, c’est le mariage homosexuel. C’est-à-dire la reconnaissance institutionnelle des couples homosexuels. A partir du moment où on ne considère plus les couples homosexuels contre nature, qu’est-ce qui empêche le mariage ? Le principal argument des opposants, c’est de dire que le mariage doit servir à la procréation. Cela ne résiste pas aux faits : près de 50 % des enfants naissent hors mariage aujourd’hui et il y a, à l’inverse, énormément de couples mariés qui n’ont pas d’enfants. Je marie régulièrement, en mairie de Lyon, des couples sexagénaires. Le lien entre la procréation et le mariage a été rompu. Le mariage, c’est aujourd’hui la reconnaissance institutionnelle de l’amour entre deux êtres. Le lien amoureux est de même nature qu’il s’agisse d’un couple hétérosexuel ou d’un couple du même sexe ; dès lors, le mariage doit s’ouvrir à tous les couples et, ainsi, s’universaliser. Mais le Pacs n’est-il pas suffisant ? Non : le Pacs est certes un contrat qui crée une solidarité juridique et financière (bien incomplète encore) entre les parties ; surtout, contrairement au mariage, il n’a pas la valeur d’institution sociale assurant la reconnaissance symbolique et juridique des couples homosexuels.

Le mariage est désormais reconnu dans dix pays (dont en Europe les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Portugal, la Suède), ainsi que dans cinq Etats américains. Il fait l’objet d’un consensus émergent dans notre société : 65% des Français s’y déclarent favorables. La France est mure pour le mariage homosexuel.

Le troisième enjeu, c’est l’accès à la parenté. Les couples homosexuels peuvent-ils élever des enfants ? La question doit être jugée à l’aune de l’intérêt de l’enfant avant même celle du désir des parents. Certains pensent que, par nature, il est dommageable pour un enfant d’être élevé par un couple homosexuel : au nom de la dualité sexuelle fondamentale – biologique – de l’humanité, l’équilibre de l’enfant nécessite un référent masculin et un référent féminin. La psychanalyse invalide cet a priori. Elle tend à montrer qu’un enfant a besoin de deux parents afin de structurer au mieux son identité (« triangulation psychique ») mais le fait qu’ils soient du même sexe ne pose pas de difficulté dès lors qu’ils ont accompli le travail psychique de parentalité. Les enfants de parents de même sexe disposent de toute manière, par le biais des oncles et tantes, des grands-parents ou d’ami(e)s des parents, de référents des deux sexes. En d’autres termes, l’orientation sexuelle ne détermine pas l’aptitude à élever un enfant. Les faits le confirment : toutes les enquêtes menées en Europe ou aux Etats-Unis concluent que les enfants élevés par des couples du même sexe sont aussi équilibrés et heureux que ceux élevés par des couples hétérosexuels. La réalité de l’homoparentalité aujourd’hui en est une illustration qui tord le cou aux idées reçues : 40.000 enfants sont élevés en France par des couples du même sexe du fait, notamment, des familles recomposées. J’ai la conviction que l’intérêt de l’enfant passe en priorité par l’amour des parents : un enfant heureux est un enfant élevé par des parents aimants, quel que soit leur sexe.

Ces arguments militent pour l’ouverture de l’adoption aux couples du même sexe. Près de 60% des Français y sont favorables. La situation actuelle est d’ailleurs incohérente : on interdit aux couples homosexuels d’adopter, au nom de la nécessité d’une double référence parentale ; on autorise pourtant l’adoption par les célibataires. Hypocrite, aussi : on ne demande pas leur orientation sexuelle aux célibataires candidats à l’adoption, nombre de gays adoptent à travers cette procédure, en cachant leur vie de couple. Et inique : pour l’enfant, la question c’est être adopté ou rester abandonné – et nul ne doute que l’adoption, quelle que soit l’orientation sexuelle des parents adoptants, est supérieure au maintien à l’orphelinat. L’adoption permet avant tout de donner une famille à un enfant qui n’en a pas.

Ces arguments militent aussi pour l’extension de la procréation médicalement assistée à la stérilité sociale. Le parti socialiste vient de le proposer, et c’est une très bonne chose. S’y oppose encore le fantasme d’une « race » biologique homosexuelle. Mais l’homosexualité ne se transmet pas génétiquement. Des études américaines montrent au contraire que les enfants de couples homosexuels, poussés par leur désir d’intégration au groupe et de « normalité », sont en moyenne plus hétérosexuels que ceux issus de familles hétérosexuelles.

Se pose, enfin, la question de la gestation pour autrui (GPA) : les couples homo masculins peuvent-ils avoir accès à des mères porteuses ? On voit bien les objections éthiques que suscite une telle perspective : la création d’un enfant de novo par les hommes. Surtout, la GPA est violemment contestée sur un terrain plus large : commercialisation du corps humain, nouvel asservissement des pauvres qui louent leur ventre pour l’enfantement des enfants des riches, aliénation de la femme ravalée au rang de « four à bébé »… C’est la GPA dans son ensemble qui est rejetée, comme technique procréative contraire à la dignité de la mère porteuse, non pas seulement comme palliatif à la stérilité sociale des couples homosexuels mais aussi comme remède à la stérilité médicale des couples hétérosexuels.

Il y a de la vérité et de la réalité dans chacun de ces arguments, mais aucun n’est pour autant irréfutable. Ils plaident, à mon sens, pour la prudence, pas pour l’abstention. La GPA peut être régulée pour ne relever que de l’éthique du don. De nombreux exemples étrangers en attestent, par exemple le Royaume Uni. C’est pour ces raisons que nous avons proposé, avec Bertrand Monthubert, la légalisation de la GPA dans un récent rapport interne au PS sur la révision des lois bioéthiques. Le PS vient de se prononcer contre la légalisation, et je respecte bien évidemment cette décision collective, prise à l’issue d’un débat de haute tenue de notre bureau national. Mais en tout état de cause, le refus de la GPA ne doit pas bloquer les autres avancées possibles pour la communauté LGBT (accès à l’AMP par don de gamètes et adoption) : il faut dissocier les deux sujets.

Au total, la société française évolue rapidement. La justice a emboité le pas : autorité parentale, droit de visite en cas de séparation, adoption par le « second parent » en cas de décès du parent biologique… La jurisprudence reconnaît régulièrement de nouveaux droits aux homosexuels. Tout récemment encore, la Cour de Cassation vient d’interroger le Conseil constitutionnel sur la constitutionnalité de l’interdiction du mariage gay. Toute la France avance, mais le politique reste immobile. La loi n’a pas évolué depuis le Pacs, en 1999. Elle n’évoluera pas plus avec la révision en cours des lois bioéthiques, si l’on s’en tient au projet de loi du gouvernement. Le dernier bastion homo-sceptique, dans le pays, se trouve dans la classe politique. Il est grand temps que les progressistes de tous bords changent la donne. »

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15 commentaires sur Parentalité : homo ça coince !

  1. Richard JL

    Les couples d’homosexuels doivent pouvoir bénéficier de la même protection juridique diversifiée que celle offerte aux hétérosexuels mariés car le PACS ne permet pas d’organiser, sur le plan patrimonial, économique et résidentiel, la sécurisation des parcours de vie personnels et du conjoint survivant (en cas de décès d’un des membres du couple). Cela dit, les sujets évoqués sont très complexes et les progressistes doivent réfléchir à la signification sociale du mariage. Dans la mesure où les droits éventuels d’un parent B d’enfant seraient préalablement pris en compte, il pourrait effectivement exister une possibilité pour un parent A d’enfant(s) né(s) de A et B, sous réserve de l’accord de B et/ou de la justice, d’organiser sa vie de couple homosexuel dans un cadre juridique aussi protecteur que le mariage. Cependant, le texte de Najat-Vallaud Belkacem, mène à la confusion sur plusieurs points : « Le principal argument des opposants, c’est de dire que le mariage doit servir à la procréation ». Je ne vois pas qui tient encore ce discours : d’abord, comme le note Najat, bien des couples se marient pour des raisons autres que « la procréation » ; par ailleurs le mariage doit non servir à la procréation, mais, plus exactement (car je crois que l’usage du mot par Najat est ambigu) est légalement le cadre que choisissent nombre de couples pour assurer, voire afficher publiquement, un cadre d’épanouissement à eux-mêmes et/ou leurs enfants souvent nés hors mariage. Le mariage républicain n’est pas fondé sur les valeurs d’un mariage religieux. Ce n’est pas de procréation dont il est question, mais notamment d’éducation d’enfants mineurs. Exemple : la région de France où il y a le plus de naissances hors mariages est aussi celle où ensuite il y a le plus de couples qui se marient dès la petite enfance de leur(s) enfant(s). Outre l’affirmation du projet parental, des raisons de protection individuelle et d’intérêt des enfants y compris en cas de rupture ultérieure de l’union expliquent souvent ce choix ( il est plus difficile d’organiser, de manière effective et sans risques juridiques, des horribles « enlèvements d’enfants » à des dizaines de kilomètres, des « parental child abduction », lorsque l’on est marié-e-). Certes, en raison des divorces tardifs, une petite majorité des divorces se font par consentement mutuel mais nous savons que la majorité des divorces avec enfants mineurs présentent un volet contentieux relatif à l’éducation et au placement des enfants. Nous devons effectivement être extrêmement attentifs à ce que les droits d’un parent et de chaque parent, y compris ses droits à choisir un cadre pour l’éducation de ses enfants soient maintenus. Nous savons que ce droit est d’autant moins assuré que l’UMP a simplifié et raccourci, en 2003-2004, les procédures de divorce unilatéral, forme inavouée de répudiation. Sur ce sujet, le droit de chacun des parents, le texte de Najat est muet. Par ailleurs, Najat, tu écris « Le mariage, c’est aujourd’hui la reconnaissance institutionnelle de l’amour entre deux êtres » , il s’agit d’un raccourci qui repose sans doute sur une évolution sociétale mais qui n’est pas une réalité et une exigence juridique. Faut-il rappeler que l’introduction du « sentiment amoureux » dans le cadre juridique du mariage est une innovation ahurissante et récente de l’UMP (et dénoncée par la gauche) dans le cadre de la loi sur les « mariages gris », loi qui concernait certes des problèmes réels (ne concernant d’ailleurs pas, loin s’en faut seulement des couples mixtes), mais qui a fait apparaître ce curieux concept « amoureux » dans la définition du mariage. Naturellement, on souhaite à chacun souhaitant se marier ou l’étant d’être dans un couple en harmonie, mais il n’est heureusement pas nécessaire d’être amoureux pour se marier ou être marié(e). Comment d’ailleurs vérifierait-on d’ailleurs la chose ? Enfin, Najat fait l’impasse sur les différents significations que les gens peuvent donner à leur choix de mariage, différences que, élus, nous avons pu observer en célébrant ces dits mariages. Affirmer cela ne signifie nullement vouloir priver les couples homosexuels des garanties qu’offre la loi hélas seulement, à ce jour, aux couples hétérosexuels mariés alors que les homosexuel-le-s doivent avoir accès à ces protections et garanties.
    Enfin, le texte revient sur la question de la GPA. Le Parti socialiste a pris une décision importante que, pour ma part, j’approuve. Surtout, il importe de rappeler que ce n’est pas ce sujet, pas plus que l’attachement à tel ou tel type de choix de vie au niveau personnel, qui saurait définir le fait que l’on serait progressiste ou pas.
    Réfléchir au mariage des homosexuels ne peut être dissocié d’une réflexion sur le mariage et les conséquences des recompositions familiales en général.

  2. alphonse

    Décidément, les français ont autant de mal avec leur diverses différences qu’avec leur histoire (et leurs histoires)….
    Prenez-les par la main..!

    Ils le méritent.
    Et ils sauront vous le rendre.

    Excellente page!

  3. Cécile

    Tous mes voeux de Bonheur, de joies,
    et de réussite chère Najat ! ainsi qu’à tes proches :

    bonne-annee-arc-en-ciel.jpg

  4. adonis

    Bonjour Najat, j’espère que vous allez bien :) …… Je vous souhaite un Joyeux Noël à vous :) , aux habitué(es) du Blog :) , ainsi qu’à tous les internautes qui visitent votre Blog :) …… Concernant le sujet de votre post, je suis pour que les Gays et les Lesbiennes aient le droit de se marier et qu’ils aient droit à l’adoption….. Les Gays et les Lesbiennes sont des gens normaux comme les Hétéros, il est donc normal qu’ils puissent bénéficier des mêmes droits que ces derniers …. et à ma connaissance, les enfants issus de couples homos n’ont pas plus de problêmes que les enfants issus de couples hétéros, j’ai vu quelques reportages sur le sujet qui le démontraient très bien ….. Je signale , au passage , qu’il y as de plus en plus de familles Hétéros monoparentales en France, et cela ne pose aucun problème …… Et pourtant il est préférable d’être élevé par deux parents de même sexe, que par un seul des parents , fût-il Hétéro…… Ah je tiens à préciser que je suis Hétéro……. Hé oui, on peut être Hétéro sans pourtant être un gros con d’homophobe :) …… Sur ce Najat, passez une excellente semaine semaine et encore Joyeuses Fêtes :)

  5. Jessica Kelley

    @ blaise Vous pensez que les couples homos ne devraient pas avoir d’enfants ( ?) Je vais peut-être choquer mais je pense qu’il y a des « hétéros » qui ne n’auraient pas dû en avoir (CQFD) Quand au mariage, je ne crois pas que ce soit le « saint sacrement religieux * » qui manque cruellement aux homos mais plutôt une reconnaissance, et une égalité de traitement, mais bon apparemment encore, pour certains encore , les homos ne sont pas des gens « normaux ». *comme exemple heureusement que beaucoup n’ont pas attendu la « bénédiction papale pour l’utilisation du préservatif ( !)

  6. Marisol Perry

    @ blaise Vous pensez que les couples homos ne devraient pas avoir d’enfants ( ?) Je vais peut-être choquer mais je pense qu’il y a des « hétéros » qui ne n’auraient pas dû en avoir (CQFD) Quand au mariage, je ne crois pas que ce soit le « saint sacrement religieux * » qui manque cruellement aux homos mais plutôt une reconnaissance, et une égalité de traitement, mais bon apparemment encore, pour certains encore , les homos ne sont pas des gens « normaux ». *comme exemple heureusement que beaucoup n’ont pas attendu la « bénédiction papale pour l’utilisation du préservatif ( !)

  7. NEYRET

    Comme d’habitude le texte de Najat Belkacem est cohérent et argumenté (un peu trop peut-être car il faut un certain courage pour le lire in extenso !).
    Un détail tout de même : le parallèle avec l’adoption par les célibataires ne me parait pas probant puisqu’une telle adoption ne permet pas justement la « triangulation psychique ». De ce point de vue elle est donc à mon avis discutable et ne peut servir de justification à l’adoption par des couples homosexuels.

    Merci en tout cas pour vos propositions courageuses. Une question pour finir : en tant que Secrétaire Nationale votre proposition engage-t-elle le PS ou n’est-ce qu’une contribution au débat ?

  8. F. Ryckebusch

    Namaste depuis Mumbai ou je vais passer les fetes avec Nathanael, mon fils de presque cinq mois, mon fils sans nationalite puisque le Consulat a refuse de transcrire son acte de naissance, suspect, trop suspect… Je m’autorise de votre reponse adressee en prive pour reagir a votre note…

    Mille excuses a ceux qui me liront mais j’ecris mon texte d’un clavier non accentue avec un bebe sur le bras gauche; je reclame donc votre indulgence pour l’absence d’accentuation et pour les coquilles orthographiques que je laisserai passer car je ne me relirai pas, selon ma tres mauvaise habitude.

    J’ai donc pris connaissance de votre note et elle appelle quelques remarques de ma part, et pas seulement sur la GPA…

    Permettez-moi de vous dire que votre texte fait preuve de naivete, reelle ou feinte et que vous dedouanez trop facilement le PS sur ces questions la. En quoi faudrait-il que le PS se presente uni avec un accord a minima? Pour une fois notre reprsentation nationale ne pourrait-elle pas se rappeller que chaque individu elu au Parlement represente la France entiere et pas seulement sa circonscription et que quelques elus courageux mettent sur le tapis les sujets qui fachent, meme si c’est au risque d’etre vilipendes? Passons, mais je suis assez age pour me souvenir du courage des socialistes lors du premier vote sur le PACS… Ce sont sans doute les memes qui sont encore aux abonnes absents quand il s’agit de mettre en place une egalite reelle alors qu’ils ont reclame la parite…

    Mais je m’egare… revenons donc a votre texte. Vous utilisez, ,meme si c’est entre guillemets, l’expression de « sterilite sociale » pour parler des homosexuels… Cette expression est une escroquerie du politique pour deguiser la realite des faits: de droite comme de gauche, au nom d’un « ordre symbolique » qui ne tient que tant qu’il n’est pas renverse par une revolution (cf 1789), des hommes politiques qui denoncent les pratiques d’Hitler, pratiquent un eugenisme d’Etat a l’encontre des homosexuels et des transexuels en faisant tout pour eviter qu’ils ne se reproduisent, les maintenant dans un statut de sous-citoyens avec des devoirs qui pour eux, n’ont pas pour corrolaires les memes droits que les heteros… je ne vais pas polemiquer sur l’interdiction du don de sang par exemple mais puisqu’on parle de procreation, peut-on m’expliquer pourquoi les homosexuels celibataires sont exclus du don de sperme? Donc, de grace n’utilisez plus l’expression sterilite sociale…

    Vous dites ensuite – avexc une restriction concernant les politiques – que l’homophobie recule en France. C’es, a mon avis, un raccourci un peu rapide comme en temoignent l’agitation provoquee par l’anodin baiser de la lune ou les reactions suscitees dans le corps enseignant quand on fait intervenir des associations homos dans nos classes (accusation de proselytisme eu minimum). Surtout n’utilisez pas dess sondages IFOP aussi stupides que celui que vous evoquez… En quoi un panel d’individus serait-il habilite a se prononcer sur ce qui est « normal » dans la sexualite d’adultes libres et consentants (et en plus au nom de qulles normes?) Madame Parisot a du etre contente de gagner de l’argent aussi facilement. Pourquoi ne pas lui faire demander, une prochaine fois si manger de la soupe au potiron est une maniere normale de se nourrir?

    Dans la meme veine, vous faites reference a la « necessaire triangulation psychique » pour l’epanouissement d’un individu normal. Je vous mets en garde contre cette reference a la psychanalyse qui n’a de sens que si ON CROIT – comme on pourrait croire en Dieu – a la psychanalyse dont on n’a pas apporte la preuve qu’elle etait une science…Cette mention de la « necessaire triangulation » sera sans doute douloureuse aux femmes seules qui ont eleve des enfants strictement heteros et qui n’ont jamais pose et ne poseront jamais de probleme a notre societe…

    J’ai beau jeu de critiquer vos propos qui sont parmi les plus avances qui soient actuellement sur la place publique, du moins chez les politiques… Vous savez egalement ce qui m’amene a reagir ainsi sur une note qui pose de vraies questions. Il n’en demeure pas moins que la vraie question est eludee : de quel droit l’Etat se mele-t-il de questions qui relevent de la stricte vie privee et decide ce qui est bon (pour les heteros) et de ce qui ne l’est pas (pour les homos)? Faut-il rappeler aux membres de la representation nationale que nous ne sommes plus sujets d’une monarchie mais citoyens tant que nous le consentons – nous pouvons donc demander a etre liberes de nos liens d’allegeance envers la France » (c’est la formule tres Ancien Regime qui figure sur mon Certificat de nationalite francaise…)? Faut-il rappeler a la representation nationale qu’en allant aussi peu loin qu’elle semble vouloir aller dans les modifications des lois de bioethique la France risque d’etre rapidememt condamnee pour violation d’articles de la Declaration universelle des droits de l’homme qu’elle a pourtant signee parce qu’a l’epoque elle se sentait la Patrie des droits de l’homme et non pas la terre ou sont nes les droits de l’homme, pour reprendre a R. Badinter – ici choisi a dessein – une excellente formule

    Desole d’avoir ete aussi long, un peu ironique a l’egard du PS, mais dans ma position, comme quelques autres, j’attendais plus et plus vite…

    Fabrice R. de Toulouse

  9. Sharron Clemons

    Faut-il encore rappeler qu’en France, État laïc depuis la loi de 1905, il n’y a que le mariage civil qui existe ? Le reste n’existe pas aux yeux de l’État. Donc non, le mariage en République Française n’est pas un sacrement catholique. Concernant l’adoption… je vois pas trop en quoi consistent ces « soucis d’éducation »… Les personnes LGBT ont, me semble-t-il, presque tous reçu une éducation d’un couple hétérosexuel, cela ne leur a pas empêché d’être homosexuels. Ils ont tous été à l’école comme tout le monde et sont tous des citoyens à part entière. A partir de là je ne vois pas au nom de quoi il y aurait une différence dans l’éducation autre qu’au cas par cas, comme il peut y en avoir autant entre les couples hétéro eux-même.

  10. Delphine

    Tout être humain doit pouvoir avoir le droit d’élever des enfants en tant que parents et séparer avec le système géniteur = parents = hétéros = êtres humains supérieurs aux autres.

    Je rappelle que la FRANCE requiert encore la STERILITE des personnes trans-identitaires pour un changement d’état civil. On remarque que la « bioéthique » n’a rien d’éthique et toput du Bio (au sens de lien avec la nature)… Ne pas oublier qu’il y a quelques années des étatset la france en faisait parti disait qu’il était « naturel » que les femmes, et les hommes de couleur soient des êtres inférieurs avec des droits inférieurs voir pas de droits du tout …

    A vous de voir vers quelle société vous voulez vous diriger : celle qui respecte les êtres humaisn dasn leur diversité ou celle qui à travers d’une pseudo « bioéthique » repose sur la hierarchisation des êtres humains en fonction de leur culture ou leur apparence.

  11. Cécile

    @ blaise
    Vous pensez que les couples homos ne devraient pas avoir d’enfants ( ?)

    Je vais peut-être choquer mais je pense qu’il y a des « hétéros » qui ne n’auraient pas dû en avoir (CQFD)
    Quand au mariage, je ne crois pas que ce soit le « saint sacrement religieux * » qui manque cruellement aux homos mais plutôt une reconnaissance, et une égalité de traitement, mais bon apparemment encore, pour certains encore , les homos ne sont pas des gens « normaux ».

    *comme exemple heureusement que beaucoup n’ont pas attendu la « bénédiction papale pour l’utilisation du préservatif ( !)

  12. Nicolas89

    Faut-il encore rappeler qu’en France, État laïc depuis la loi de 1905, il n’y a que le mariage civil qui existe ? Le reste n’existe pas aux yeux de l’État. Donc non, le mariage en République Française n’est pas un sacrement catholique.

    Concernant l’adoption… je vois pas trop en quoi consistent ces « soucis d’éducation »… Les personnes LGBT ont, me semble-t-il, presque tous reçu une éducation d’un couple hétérosexuel, cela ne leur a pas empêché d’être homosexuels. Ils ont tous été à l’école comme tout le monde et sont tous des citoyens à part entière. A partir de là je ne vois pas au nom de quoi il y aurait une différence dans l’éducation autre qu’au cas par cas, comme il peut y en avoir autant entre les couples hétéro eux-même.

  13. blaise

    je dois être un rien homophobe mais je suis pas vraiment enclin à laisser les couples de même sexe avoir des enfants, peur que ceux ci aient des soucis (que ce soit dans leur éducation, ou par les moqueries des autres gamins) et pour le mariage bin c’est bizarre, c’est un sacrement catholique à la base tout de même, ça craint un peu mais bon^^

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