Élèves en situation de handicap : Question au Gouvernement et réponse de Najat Vallaud-Belkacem

Ce mercredi 8 octobre 2014, le député a posé une question au gouvernement sur l’accueil des élèves en situation de handicap à laquelle Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a répondu en séance.

Retrouvez ici la question et la réponse de la ministre :

M. le président. La parole est à M. François-Xavier Villain, pour le groupe de l’Union des démocrates et indépendants.

M. François-Xavier Villain. Ma question s’adresse à M. le Premier ministre. Il ne vous échappe pas, monsieur le Premier ministre, que la méthode par laquelle votre gouvernement met en œuvre les réformes a cet extraordinaire effet de mobiliser contre elles toutes celles et tous ceux qui y sont intéressés et qui devraient en être les acteurs. Cela est vrai de la réforme territoriale, du projet de réforme des professions libérales et enfin de la réforme des rythmes scolaires.

L’absence de concertation, de pragmatisme et de bon sens est la marque de fabrique de vos réformes. J’illustrerai mon propos, qui n’a rien de polémique, par la difficulté vécue quotidiennement lors de la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires. Les difficultés de sa mise en œuvre sont nombreuses, je n’en évoquerai qu’une seule : l’accueil des enfants en situation de handicap. Dans ma ville, où j’ai recruté 120 animateurs pour 1 800 enfants, quarante enfants en situation de handicap bénéficient d’une assistance à la vie scolaire.

M. François-Xavier Villain. Ces professionnels compétents n’interviennent évidemment que dans le temps scolaire et rien n’a été imaginé, pensé ni anticipé pour accueillir les enfants dans le temps périscolaire. Sans accompagnement, un tel accueil est évidemment impossible. Les services de l’éducation nationale ne savent que répondre. Aucune concertation n’est engagée …

M. le président. Merci, cher collègue, nous avons bien compris le sens de la question.

La parole est à Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Tout d’abord, nous sommes tous ici, et sur tous les bancs, attachés à ce que l’école soit plus inclusive et accueille tous les enfants en s’adaptant à la situation de chacun, en particulier des enfants en situation de handicap, ce qui signifie non seulement leur ouvrir les portes mais aussi mettre des adultes à leur disposition pour les accompagner quotidiennement. C’est ce que nous faisons. Nous sommes sans doute tous d’accord ici mais c’est la première fois, grâce à la loi de refondation de l’école votée en 2013, que les textes comportent le principe d’une école inclusive.

Nous en voyons d’ailleurs déjà les conséquences pratiques car nous avons recruté lors de cette rentrée 2014 350 AVS supplémentaires et nous en recruterons autant à la rentrée 2015. Outre le recrutement de personnels nouveaux, nous faisons en sorte que les actuels AVS titulaires d’un contrat à durée déterminée, donc précaire, soient « CDIsés ». Dès cette rentrée, 5 000 d’entre eux le seront et 28 000 en quelques années. Il en résultera une professionnalisation et une qualification accrues et donc une sécurité améliorée pour les élèves ainsi accueillis. Vous m’interrogez, monsieur le député, sur le temps périscolaire. Je rappelle ici que les activités périscolaires relèvent de la responsabilité des communes.

Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre. Elles doivent bien entendu, comme n’importe quel service public, respecter l’égalité entre les enfants, qu’ils soient ou non en situation de handicap. Tout cela pour vous dire, monsieur le député, que mon ministère, j’en prends l’engagement ici, est tout à fait prêt à faciliter la mise à disposition des AVS que nous avons formés, qualifiés et CDIsés auprès des collectivités qui accepteront de les embaucher sur le temps périscolaire afin qu’ils suivent les mêmes enfants une journée entière. Cela me donne l’occasion d’inviter chacune des communes concernées par les rythmes périscolaires et donc par les rythmes scolaires à s’inscrire dans un projet éducatif local, tant il est vrai que nous serons collectivement meilleurs si nous travaillons ensemble.

Éducation nationale Publié le 8 octobre 2014

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5 commentaires sur Élèves en situation de handicap : Question au Gouvernement et réponse de Najat Vallaud-Belkacem

  1. hamm Claude

    madame la minitre, nous avons un petit fils diagnostiqué précoce. Il est insurportable à l’école, il a fait le vide autour de lui, il a une très bonne moyenne, c’est un enfant adopté un petit africain, il souffre par ailleurs de toutes les réflexions qu’on peut lui faire à ce sujet. Le vrai problème est sa précocité pourquoi n’y at-il pas plus d’écoles destinées à ces enfants? Les professeurs sont souvent démunis face à de tels profils! Respectueusement Claude HAMM

  2. LARGOT

    Bonsoir
    Chère ministre,
    Mèrci infienement,mèrci chèr ministre vals,mèrci chèr Président;

    mohamed Largot

  3. Marsat Martine

    Le principe d’une école inclusive mis en œuvre en 2013 est fondamental pour donner à chacun et à tous la place qui lui revient dans la société. Dans cette dynamique inclusive, l’Éducation nationale répond positivement à l’accueil des enfants et des adolescents handicapés. Pour bon nombre d’entre eux, ce nouveau regard au sein de l’école, leur permet de passer des caps difficiles avec beaucoup plus de sérénité, moins d’angoisse, de stress. Dans ce contexte, l’école inclusive est un puissant moteur pour se construire, n’est-elle pas aussi une voie qui conduit à la tolérance de la différence ?

  4. Martinez Luz

    Bonjour Madame ,

    Nous sommes parents d’un enfant Dysphasique , il a besoin d’une pédagogie adaptée à son handicap . et Nous avons trouvé une école qui le suit et l’accompagne depuis qu’il quatre ans . Il ne saura surement jamais lire et écrire ni compter mais il est heureux , bien encadré et il grandit épanoui . Il a maintenant 15 ans et sa scolarité lui apporte un enseignement sur mesure , il fait de l’horticulture , de la cuisine ,des activités manuelles jusqu’à ce qu’il décide du métier qu’il voudra et pourra faire . Je vous invite à venir observer l’école qui l’accueille . Elle n’est pas très loin : en Belgique !
    Nous avons changé de pays car nous avons refusé le parcours du combattant qui était réservé à ces enfants .
    Bon courage !

  5. LE PLOMB MARIE-JOSE

    Bonjour Madame La Ministre,

    Actuellement AVS en CAE, mon contrat va se terminer en août 2015. Je m’occupe d’une petite fille âgée de 5 ans présentant le syndrome d’Angelman, maladie orpheline apparentée à l’autisme.

    Cette enfant doit faire encore une année scolaire (2015/2016) et la famille souhaiterait que je continue à l’accompagner dans sa scolarité.

    Comment leur expliquer que cela ne sera pas possible étant donné que mon contrat ne peut être renouvelé au delà de 2 années consécutives ?

    D’autres parts, je vais avoir 58 ans à la fin de l’année scolaire 2015. Ne pouvant prétendre à une retraite « pleine » avant mes 67 ans, je crains de devoir rester au chômage jusqu’à cette date.

    Vous dites que vous allez « CDIser » certaines AVS. Quels seront vos critères de sélection ???

    Vous n’aurez probablement pas le temps de répondre à ma question, mais au moins, je l’aurai posée…

    Cordialement

    Une AVS inquiète

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