Nous avons créé les 54 000 postes promis – Entretien à la presse régionale

Éducation nationale Publié le 16 décembre 2016

La ministre de l’Éducation nationale a annoncé hier la création de 8 611 nouveaux postes de professeurs, 50 % dans le primaire, 50 % dans le secondaire à la rentrée 2017. Elle dresse un bilan du quinquennat et attaque la droite.
« Nous avons atteint l’objectif de création de 54 000 postes dans l’Éducation nationale au cours du quinquennat », affirme la ministre Najat Vallaud-Belkacem qui a dévoilé hier les affectations pour la rentrée 2017 par académies.

Le nombre d’élèves baisse dans le primaire (-12 700 élèves). Pourquoi augmenter le nombre d’enseignants ?
C’est un choix assumé : celui de donner la priorité au primaire où s’apprennent les fondamentaux et où nous ne devons plus tolérer que des difficultés, qui seront insurmontables par la suite, s’installent. Nous y créons donc 4 311 postes supplémentaires afin de réduire les effectifs par classe, de permettre à plus d’enfants de moins de 3 ans d’être scolarisés (1 400 classes ont été ouvertes depuis 2013), et d’offrir à davantage d’écoles un maître surnuméraire qui vient aider ses collègues plusieurs heures par semaine dans les classes pour mieux faire travailler les élèves en difficulté dans les premiers apprentissages de la lecture, de l’écriture et du calcul.

Ce sont ainsi 1 941 maîtres supplémentaires qui se déploieront en septembre 2017 en particulier dans les zones difficiles. Ce qui permettra de couvrir, avec ceux que nous avons déjà créés depuis 2013, l’ensemble des écoles de l’éducation prioritaire. Ces nouveaux postes nous permettront aussi de garantir la présence de professeurs en zone rurale même quand la démographie est à la baisse. Enfin, et comme je m’y étais engagée, nous renforçons le vivier de remplaçants, pour ne plus rester sans solution quand un professeur est absent et pour relancer la formation continue des enseignants. 1 500 nouveaux postes y sont consacrés.

Les moyens sont renforcés mais dans les classements TIMSS et PISA, les écoliers français obtiennent des résultats médiocres et ne progressent pas ?
Les élèves testés en 2014 (dont l’évaluation a été rendue publique cette année) sont ceux qui ont effectué leur formation dans les années 2005-2013. C’est-à-dire à l’époque où ils ont souffert des décisions du précèdent gouvernement, qui avait jugé pertinent de supprimer des postes d’enseignants et de ne plus les former et de délaisser les zones prioritaires. En éducation, il n’y a pas de miracle : qui sème le vent récolte la tempête. Les effets des réformes que nous avons engagées, nous, depuis 2012, ce sont les évaluations de 2021 qui les estimeront. L’école est un temps long, je crois que chaque parent peut le comprendre, loin des débats parfois outranciers sur ce sujet. Nous avons remis à plat les organisations (notamment pour introduire plus d’accompagnement personnalisé, à l’école comme au collège), les programmes (pour les rendre plus solides et plus cohérents sur l’ensemble de la scolarité), et surtout augmenté et mieux alloué les moyens pour redonner leur chance à tous les élèves, sur tous les territoires. L’OCDE, qui conduit la fameuse enquête PISA, souligne que l’ensemble de nos réformes va dans le bon sens pour améliorer les résultats de nos élèves. On ne peut pas s’intéresser uniquement à son diagnostic et passer sous silence ses conclusions.

Pourtant les réformes des rythmes scolaires, des programmes, du collège ont été contestées ?
D’abord, réformer l’éducation, bousculer des organisations établies, ne s’est jamais fait sans difficultés et sans controverses. Ensuite, il est vrai que durant ce quinquennat nous aurons beaucoup réformé. Mais la situation l’exigeait, et il faut lire, dans les résultats de TIMMS et de PISA – qui encore une fois portent sur les élèves d’avant nos réformes – la confirmation de la nécessité évidente qu’il y avait à réformer. Enfin, c’est le souci d’efficacité qui commandait. En même temps qu’on modifiait les pratiques pédagogiques, on modifiait également les programmes notamment pour les rendre cohérents avec ces nouvelles règles. Par exemple, à quoi aurait-il servi d’avancer d’un an l’apprentissage de la deuxième langue vivante au collège si les programmes ne le prévoyaient pas ? À quoi aurait-il servi de mettre le paquet sur l’apprentissage du français, comme nous avons voulu le faire, si les programmes n’en tenaient pas compte ? Pour les acteurs, sur le moment, c’est vrai que cela fait beaucoup de changements et que c’est exigeant, mais à terme, c’est tout un système éducatif que nous aurons remis à flot. Maintenant, pour qu’il produise ses bénéfices, il ne faut pas qu’une autre majorité vienne anéantir tous ces efforts.

Vous faites allusion aux suppressions de postes promises par François Fillon ?
Bien sûr. Soyons clairs, le projet de supprimer 500 000 postes dans la fonction publique aura pour conséquence d’en détruire 145 000 dans l’éducation. Car en dehors des ministères régaliens, l’Éducation nationale représente 57 % des effectifs de la fonction publique d’État. Cela signifie très concrètement des dizaines de milliers de classes qui disparaîtront, et, dans celles qui demeureront, des effectifs à 40 élèves par classe. Cela signifie aussi la fin de la scolarisation des plus petits, la fin du soutien aux élèves en difficulté, la fin des moyens pour l’éducation prioritaire ou les zones rurales. Ce programme, c’est la dégradation programmée du service public de l’Éducation et la multiplication des déserts éducatifs un peu partout en France. Des familles n’auront alors plus d’autre choix que de se saigner aux quatre veines pour payer des écoles privées et des diplômes à leurs enfants, ce que Monsieur Fillon a d’ailleurs parfaitement prévu, lui qui souhaite augmenter en parallèle le nombre d’établissements privés dans notre pays.

À propos des concours de recrutement :
« Nous sommes enfin sortis de la situation de 2013 où le nombre de postes était, dans certaines matières, supérieur à celui des admis aux concours. Les concours font le plein cette année : depuis 2012, le nombre de candidats a augmenté de 70% et nous enregistrons 190 000 candidats pour 31 000 postes 1er et second degré confondus », annonce la ministre. Elle attribue ce regain de candidatures au fait d’avoir recréé des postes (4 400 pour cette rentrée 2017) et d’avoir réintroduit une formation à l’entrée du métier. Les recrutements supplémentaires dans le secondaire vont accompagner la réforme du collège et aider les lycées les plus en difficulté. 500 nouvelles formations vont être créées en lycée professionnel correspondant aux besoins du marché de l’emploi de demain. « C’est une modernisation inédite : voilà plus d’un an que nous travaillons avec les régions à définir les besoins et les formations verront donc le jour en septembre 2017 », commente Najat Vallaud-Belkacem.


Propos recueillis par Pascal Jalabert pour la presse quotidienne régionale

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Un commentaire sur Nous avons créé les 54 000 postes promis – Entretien à la presse régionale

  1. LANCIEN Dominique

    Bravo Najat. La Vérité doit être Dite !Et loin de Moi,un excès d’admiration que J’aurais en vers Vous.Mais il se trouve que Vous êtes les Seules,Vous et Madame Touraine à savoir exposer la réalité des VRAIS et Importants Enjeux qui vont qui vont êtres choisis en Mai 2017 !!! Et ce Désastre Possible OUI ! ça Concerne Tous et Toutes les Français(es) et bien « au de-là » de quelque appartenance Politique que ce soit !!! Un peu de Jugeote Gens de Bon-Sens qui dérivez dangereusement vers les Droites !!!

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