Réforme du code du travail : vers la précarité généralisée ?

Presse Publié le 5 juin 2017

À en croire les révélations du Parisien, et qu’il s’agisse d’un ballon d’essai ou d’un couac n’y change rien, le gouvernement semble prêt à saborder la protection sociale des salariés et à donner raison au Medef contre les organisations syndicales, en imposant une double rupture. Sur la méthode, en privilégiant le passage en force dans une opacité inacceptable ; et sur le fond, en ne visant exclusivement que des dispositions qui substituent aux garanties collectives issues de la notre tradition de démocratie sociale des négociations au sein des entreprises.

C’est la précarité généralisée pour seul horizon politique, le code du travail à la carte, le règne de l’aléa et l’arbitraire. Tout ce que les garanties collectives obtenues par les syndicats et décidées par des gouvernements de gauche comme de droite ont permis de contenir.

La réforme du code du travail ne peut-être l’alpha et l’oméga de la lutte contre le chômage, sauf à faire des droits des salariés les variables d’ajustement du marché du travail. Nous avons réformé le code du travail, avec un équilibre entre la souplesse donnée aux employeurs et la sécurité donnée aux salariés en créant le compte personnel d’activité, qui ouvre un droit effectif à la formation tout au long de la vie.

Qu’y a-t-il de moderne à vouloir opposer les garanties collectives et l’efficacité économique ? Qu’y a-t-il de courageux à s’en prendre aux droits des salariés, qui lorsqu’ils sont isolés et précarisés dans les entreprises sont toujours dans une situation défavorable pour négocier avec leur employeur ? Qu’y-t-il de progressiste lorsque l’on crée un droit à licencier abusivement à bas prix ou lorsque l’on fragilise la prise en compte de la santé et de la sécurité des salariés ? Qu’y a-t-il comme ambition réformatrice quand les seules idées neuves sont celles proposées par le MEDEF depuis 20 ans ?

Je demande au président de la République, Emmanuel Macron et au Premier ministre, Edouard Philippe, de rendre public sans délai le projet de texte d’habilitation et de dissiper rapidement le flou qui entoure ses intentions. Il faut sortir de l’ambigüité avant le premier tour des élections législatives, pour la clarté du débat public et le respect de l’ensemble des électeurs.

Najat Vallaud-Belkacem, Villeurbanne, le 5 juin 2017.

 

 

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2 commentaires sur Réforme du code du travail : vers la précarité généralisée ?

  1. Gérard Eloi

    Très belle mise au point, bravo Najat !

    A l’époque de Gilbert Cesbron déjà, on recherchait « un député honnête ».
    Avec toi, les électeurs de Villeurbanne l’ont trouvée !

  2. L. PRADELLE

    Bonjour,

    Voilà, je m’interroge sur ce que sera le futur groupe PS à l’Assemblée Nationale et les positions qu’il défendra, sachant qu’il sera composé de personnes comme vous, qui venez d’écrire un communiqué sur la future réforme du code du travail et d’autres députés comme ceux-ci : http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/05/22/majorite-presidentielle-au-ps-certains-s-affichent-avec-macron_1571390

    sachant en plus que ces candidats qui soutiennent ouvertement Macron en étant investit PS n’ont pas contrairement à vous de candidats LREM en face.

    Si je vous donne ma voix, c’est pour empêcher la casse sociale à venir que nous promet ce gouvernement. C’est pour que la gauche nous défendent contre ce gouvernement, pas qu’elle le soutiennent dans ses réformes car à ce moment-là ce n’est plus la gauche.

    Mais à l’arrivée, de quelle nature sera ce groupe PS ?
    Or si le groupe PS décide de donner ses voix (dont ma voix fait partie) pour que M. Macron ait la majorité pour décider par ordonnance du démantèlement du Code du Travail ?

    Quelle sera votre position au sein de ce groupe ?

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