Question au gouvernement sur les violences faites aux Femmes

Droits des femmes Publié le 29 mai 2013

Ce  mardi 28 mai 2013, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, porte-parole du gouvernement a répondu à une question posée par Dominique Chauvel, Députée de Seine-Maritime, à propos des annonces faites par le Premier ministre à Évreux le 23 mai, sur l’intensification de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Retrouvez ici en vidéo la question de la députée Dominique Chauvel et la réponse de la ministre :

Mme Dominique Chauvel. Ma question s’adresse à Mme la ministre des droits des femmes.

Madame la ministre, vous vous êtes rendue avec le Premier ministre à Évreux le 23 mai, pour annoncer de nouvelles mesures dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Les statistiques montrent l’ampleur du problème : une femme sur dix est victime de violences ; 400 000 femmes l’ont été au cours des deux dernières années ; 122 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon en 2011. Bâillonnées par la loi du silence, la peur ou l’indifférence, les victimes hésitent à porter plainte ; elles ne le feraient qu’une fois sur dix.

Face à ce constat, la majorité affirme sa détermination à lutter sans relâche contre les violences faites aux femmes. Nous saluons donc vos annonces. Il s’agit d’abord de la généralisation au 1er janvier 2014 du dispositif Femmes en très grand danger : les procureurs de la République pourront attribuer aux femmes en danger un téléphone portable qui leur donnera un accès direct et privilégié aux secours dont elles pourraient avoir besoin, ce qui réduira le délai d’intervention.

Je pense aussi à la signature d’une circulaire dite « main courante », pour lutter contre l’impunité. Cette circulaire permettra de mieux accompagner les victimes dans le dépôt de leur plainte et favorisera le traitement prioritaire de ce type de violences par les forces de police et de gendarmerie.

Ces dispositifs, expérimentés dans plusieurs départements, ont prouvé leur efficacité. Madame la ministre, quels résultats en attendez-vous ?

M. le président. La parole est à Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes.

Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement. Madame la députée, je vous remercie pour cette question.

Je me suis en effet jeudi dernier avec le Premier ministre à Évreux, à la rencontre de femmes victimes de violences, d’officiers de police et de travailleurs sociaux qui les accueillent.

Vous le savez, pousser la porte d’un commissariat ou d’une gendarmerie est un premier pas décisif dans la sortie des violences. Les réponses qui sont alors données permettent – ou non – de trouver la force de briser le cycle infernal. Il est donc très important de les optimiser : c’est ce que le Gouvernement cherche à faire avec la formation des professionnels, l’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement, ou encore le développement de la présence d’assistants sociaux dans les commissariats et les gendarmeries.

Avec le Premier ministre, j’ai réaffirmé que le dépôt de plainte, évidemment suivi de l’action des procureurs, doit être la règle. Lorsqu’il n’y a pas de plainte déposée – comme cela arrive fréquemment –, la main courante ne doit plus être synonyme de bouteille jetée à la mer. C’est ce que nous écrirons dans une circulaire avec les ministres de la justice et de l’intérieur : désormais, les mains courantes devront être systématiquement traitées, un rendez-vous avec un travailleur social devra être donné, une ordonnance de protection éventuellement délivrée. Il ne faut pas laisser tomber les femmes qui ont tiré la sonnette d’alarme.

Ce qui nous importe par-dessus tout est de faire en sorte que les dispositifs de protection expérimentés ça et là, dès lors qu’ils ont fait leur preuve, soient généralisés le plus rapidement possible. Ce sera le cas au 1er janvier 2014 pour le téléphone portable d’alerte du dispositif « Femmes en très grand danger ». Il m’est en effet insupportable qu’une femme victime de violences puisse bénéficier d’une protection plus ou moins grande selon le département où elle habite.

La mission interministérielle pour la protection des femmes est à l’œuvre depuis le mois de janvier : elle nous aide à concevoir l’ensemble des dispositifs de prévention, de protection mais aussi de suivi des auteurs qui figureront dans le projet de loi que je vous présenterai au mois de septembre.

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7 commentaires sur Question au gouvernement sur les violences faites aux Femmes

  1. magali

    et ça donne que regret d’avoir « osé » porté plainte….
    et je vous admire Madame Najat Vallaud-Belkacem, et je suis encartée PS….
    et….
    même quand plainte, c’est bien tout aussi dérisoire qu’une bouteille à la mer, c’en est une bouteille vide, , , autant que la vie que l’on a après avoir subi !
    c’est dire si des progrès restent à envisager !

  2. magali

    bin voilà….cool….pas même une « confrontation » que réponse tribunal, un mois après, fracture côte pas ressoudée mais, tribunal annonce par écrit « affaire classée sans suite »…cool ! sauf si bien sûr je « relève » ! quoi ? ….encourageant ! rageant tout court de tellement ignoblement injuste !

  3. marc gil ar blouc'h

    Le nombre des femmes victimes de leurs concubins est une vraie manipulation. 120 sur 33 millions de femmes ,on ne peut faire plus anecdotique.Ce qui n’est pas anecdotique c’est le nombre des suicides d’hommes en France 9 000 ,suicides liés à la conjugalité(donc responsabilité de la partenaire ou ex), ou plutôt à la rupture de la conjugalité demandée dans 90% des cas par les femmes avec des décidions de justice institutionnelle toujours iniques et ségrégationnistes uniquement en faveur des femmes, décisions prises par des femmes 95 % des juges aux affaires familiales sont des jugesses…

  4. Raible

    J ai du moi seul me cacher me protéger être bafouée par les services de polices qui nous parlent comme a des pauvres filles et puis rien le néant se cacher pour vivre
    Compter sur la justice était mon seul recours bénéfice 26 mois de procédure que je paye en plus pour aucune justice
    J ai fait un article de presse qui m a valu des reproches du juge et bientôt du jaf car cette vérité doit être bâtonne
    Ma vie quand vat on me la rendre mon identité notre sérénités notre honneur
    Ex Victime

  5. magali

    et que certains policiers soient un minimum « formés » pour l’interrogatoire de la victime svp ! horrible « accusatoire suspicieux et culpabilisateur »…immonde à subir juste après avoir subi déjà..bcp trop !
    merci

  6. thomas

    Bravo , il faut aller vite et très fort , c’est un homme qui parle ,j’ai envie de voir une loi.. comme l’avancée de Mitterrand sur la peine de mort , une chose qui marque les esprit ..

  7. Pellicot Elisabeth

    Quid des femmes qui ont peur de de se plaindre. D’où même pas une main courante. Comment peut-on les inciter à réagir? Je vis dans une petite commune, dans une petite cité où tout semble être calme, mais combien de drames se cachent derrière les portes sans que l’on puisse intervenir? que faire?

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