Billet edito

«La classe moyenne n’est pas une clientèle électorale»

5 commentaires 27 janvier 2012

Je vous donne à lire ma tribune pour Libération, parue hier. Bonne lecture!

« Pour la porte-parole de François Hollande, Nicolas Sarkozy veut se poser en protecteur des classes moyennes alors qu’il n’a eu de cesse d’accroitre les inégalités en faveur des plus riches. »

Par Najat Vallaud-Belkacem, porte parole de François Hollande.

« A la suite de son ministre Laurent Wauquiez, Nicolas Sarkozy veut désormais se présenter aux Français comme un fervent protecteur des classes moyennes, alors qu’il en découvre l’existence à moins de trois mois seulement de l’élection présidentielle. Comment, après cinq ans d’une politique de cadeaux fiscaux aux plus riches, et d’accroissement des inégalités, osent-ils faire croire aux classes moyennes qu’ils comptent œuvrer dans leur intérêt dans les cinq prochaines années?

En considérant simplement que le projet du PS serait un «coup d’assommoir», une «saignée fiscale» sur les classes moyennes, alors qu’il consiste précisément à réinjecter dans la fiscalité de la progressivité, c’est-à-dire de la justice sociale, pour réparer la profonde dégradation des conditions de vie dont les classes moyennes souffrent dans ce pays. En prétendant que les propositions de François Hollande représentent une «attaque sans précédent», un «matraquage» contre les classes moyennes, alors même que tout son discours plaide en faveur d’une redistribution plus équitable des efforts, d’abord, et des richesses, ensuite.

Ces allégations, désormais relayées en chœur par Brice Hortefeux et Jean-François Copé appellent une question préalable à laquelle le gouvernement sortant ne peut se soustraire sans faillir à son devoir de responsabilité le plus élémentaire: quelle a été la politique fiscale de la droite depuis 2007? Sinon un allègement d’impôts principalement accordé aux très riches? Et pour quel bénéfice accordé concrètement à la classe moyenne? Qui va payer la TVA sociale?

Déjà en 2007, Nicolas Sarkozy avait pris le parti, pendant sa campagne présidentielle, de s’adresser aux classes moyennes en se posant en défenseur du pouvoir d’achat: «travailler plus pour gagner plus» avait été son slogan. Force est de constater, à l’issue de son quinquennat, que sa mesure d’exonération des heures supplémentaires, sans permettre une quelconque incitation au travail, a été surtout un énorme manque à gagner pour l’Etat: 4,5 milliards d’euros par an. De même, Nicolas Sarkozy avait défendu la diminution des droits de succession comme «la possibilité, pour chacun de transmettre un patrimoine». A peine élu, il a mis en place une réforme fiscale dont la réalité était bien différente: celle-ci ne profitait qu’aux 10% des Français les plus riches.

Le bouclier fiscal? Il était tellement inégalitaire qu’il a attiré des critiques jusqu’au sein de l’UMP: sur les 700 millions d’euros de la mesure, 600 millions d’euros ont été versés à seulement 6000 bénéficiaires. Devant ce fiasco, le bouclier fiscal a donc été récemment supprimé, mais aussitôt remplacé par une autre réforme fiscale inique, celle de l’ISF. Celle-ci consiste non seulement à baisser le taux de cet impôt (de 1,8 à 0,5% pour la dernière tranche), mais à rehausser le seuil du patrimoine minimum imposable à l’ISF de 800 000 à 1,3 millions d’euros.

Toutes ces réformes fiscales révèlent une manière bien étrange et opportuniste de favoriser les classes moyennes! A moins que dans le langage sarkozyste, les classes moyennes ne commencent à 800 000 euros de patrimoine?

Le résultat de cette politique ne s’est pas fait attendre: les inégalités se sont creusées, les services publics se sont délités. Non seulement elle n’a pas amélioré le pouvoir d’achat des classes moyennes, mais depuis cinq ans, toutes les promesses ont été trahies, ne laissant aucun espoir aux classes moyennes de donner à leurs enfants une meilleure qualité de vie que la leur.

Jean-François Copé a dit récemment: «Les classes moyennes ont besoin d’être rassurées.» Et pour cause! Elles subissent de plein fouet depuis dix ans les conséquences d’une politique d’abandon des services publics dont chacun est bénéficiaire: l’école, la santé, la sécurité, la justice, sont autant de domaines essentiels de notre vie qu’il revient à l’Etat d’administrer, et d’améliorer. On sait bien que les classes moyennes n’ont pas les moyens de pallier les lacunes de la gestion étatique: si l’école se détériore, si la suppression massive des postes d’enseignants nous conduit à avoir le taux d’encadrement dans l’éducation le plus faible de l’OCDE, seuls les plus aisés pourront contourner le système et payer à prix d’or une école privée pour leurs enfants.

Etouffées financièrement par une forte augmentation des dépenses contraintes, liée à l’augmentation du prix du logement, de l’énergie, du téléphone et de l’alimentation, elles n’ont qu’une faible partie de leurs revenus à consacrer à la culture, aux loisirs, aux vacances. Elles se sont appauvries et sont susceptibles, plus qu’autrefois, de connaître le déclassement à brève échéance.

A cause de l’échec concomitant de la politique de sécurité, elles vivent dans une société toujours plus violente: le nombre de violences aux personnes a augmenté de plus de 22% en dix ans. La police a été incitée à faire du chiffre et non à servir réellement les personnes. Ce sont toujours les mêmes qui en paient aujourd’hui les conséquences: les Français ont perdu confiance dans les capacités de l’Etat à les défendre.

Face à ces problèmes réels, le projet du PS en matière de fiscalité consiste à corriger le système actuel, profondément dégradé en cinq ans, dont la progressivité initiale a été minée par un grand nombre de réformes successives de l’impôt sur le revenu, par la multiplication des niches fiscales, et l’augmentation des impôts indirects comme la TVA.

Nous disons aussi, qu’une fois l’impôt prélevé de manière progressive et équitable entre les classes sociales, il doit être bien utilisé, notamment au bénéfice des classes moyennes. L’Etat doit employer ses ressources pour rétablir des services publics de qualité, de façon à promouvoir l’égalité des chances, et de sorte que tous les niveaux de revenus —qu’ils soient modestes, moyens, ou riches — bénéficient d’une école juste, d’hôpitaux performants, d’une police efficace. Il en va de notre pacte social. L’Etat doit également concentrer ses investissements sur les domaines porteurs de prospérité, comme l’innovation, la formation, et la recherche, pour que la France reste performante et compétitive au niveau international. Avouons que cela n’a pas de rapport avec le «cancer de l’assistanat» brandi par l’UMP comme la menace qui pèserait sur les intérêts de classe des «Français moyens».

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy, après avoir gouverné pendant cinq ans en favorisant les 10% les plus riches, se rend compte qu’il ne pourra pas être réélu avec seulement 10% des voix… Et comme le personnage en quête d’auteur de Pirandello, voici le Président sortant en quête de supposées clientèles électorales crédules à qui faire peur, avant de mieux pouvoir leur faire de nouvelles promesses, puis les trahir à nouveau.

François Hollande avait prévenu au Bourget: «Je sais que certains chercheront à nous faire peur, et à effrayer les classes moyennes alors qu’elles ne trouveront qu’avantage dans la réforme que nous présenterons»… C’est arrivé plus tôt que prévu, avant même que le Président ne soit candidat.

Alors, rappelons-le une fois encore, les Français n’ont rien à craindre de l’égalité, rien à craindre de la justice, rien à craindre de la redistribution. On ne gouverne pas en opposant les intérêts des uns, à ceux des autres, bien au contraire: c’est toute la société française, et d’abord les deux tiers de citoyens qui composent la classe moyenne, qui a besoin de changement, maintenant. »

Billet edito

Pour une fiscalité plus juste!

14 commentaires 12 janvier 2012

La réforme du quotient familial proposée par François Hollande est simple, et ouvre une voie vers une fiscalité à la fois plus juste et plus transparente.

Notre fiscalité, et en particulier l’impôt sur le revenu, est, on le sait, construite sur l’idée de progressivité, qui permet de taxer dans une proportion plus grande les plus hauts revenus. C’est là l’un des fondements de notre société. Or, cette progressivité est menacée de tous côtés par la politique de la droite qui a, depuis dix ans, multiplié les niches fiscales, et les cadeaux aux plus riches, dont le bouclier fiscal est un exemple éloquent.

La situation actuelle révèle une grande inégalité fiscale due à un manque criant de progressivité, dénoncé par Thomas Piketty et Emmanuel Saez et Camille Landais : les auteurs ont montré que le système fiscal français, à force de retouches, est devenu régressif.

La perception fiscale est largement faussée par un discours mensonger ou caricatural. On entend dire qu’environ 50% des familles ne paient pas d’impôts. C’est une aberration : si 50% des familles ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu, en raison de revenus trop modestes, cette part de la population s’acquitte bien de la TVA, de la CSG, des impôts locaux et des diverses taxes sur la consommation. Tous ces impôts sont proportionnels et non progressifs. C’est pourquoi les impôts indirects peuvent représenter moins de 10 % du revenu d’un cadre supérieur, mais près du tiers de celui d’un smicard.

En laissant les impôts indirects se multiplier, et en ajoutant des couches successives de réformes, la droite n’a pas seulement aggravé les inégalités, elle a contribué à brouiller la compréhension de la fiscalité. Or, la maîtrise de l’impôt est un enjeu citoyen majeur : c’est un ciment du pacte social, étant donné que c’est la matérialisation même de ce que l’individu donne à la collectivité. Le principe du  consentement à l’impôt est, pour beaucoup, ce qui fonde l’Etat moderne. Le citoyen ne peut accepter l’impôt que dans la mesure où il contribue à en choisir, par l’intermédiaire de ses représentants, l’assiette, le taux, et ce à quoi seront destinées ces ressources — du moins dans une démocratie qui fonctionne, ce dont nous tendons à nous éloigner.

Le quotient familial est l’une des multiples causes tout à la fois de la très faible progressivité de l’impôt, et de la confusion entourant la fiscalité, qui empêche au citoyen de se saisir de ce sujet, et même, de se faire une libre opinion, tant le domaine est devenu technique. Livré au bon plaisir du politique, l’impôt devient une simple manette qu’actionne l’Etat dans la plus grande opacité, et un moyen pour lui d’agir, indirectement et tacitement, sur d’autres enjeux.

Réformer le quotient familial, comme le propose François Hollande, c’est réinjecter de la progressivité, c’est-à-dire de la justice sociale et du pouvoir d’achat. C’est empêcher que 10% des plus riches bénéficient de 46% des 13,9 milliards que l’Etat octroie aux familles par le quotient familial. En effet, non seulement le quotient familial exclut 50 % des français, non soumis à l’impôt sur le revenu, mais en plus, il bénéficie d’autant plus aux familles qu’elles paient plus d’impôt. Il est, malgré son plafonnement mis en place par la gauche dans les années 1980, régressif par essence.

Nicolas Sarkozy a qualifié « d’aberration » l’idée d’une réforme du quotient familial, qui est selon lui « le cœur de [sa] politique familiale. »Cette phrase laisse perplexe. En quoi consiste sa politique familiale ? S’il s’agit d’une politique nataliste, elle doit être explicite. Et comment justifier qu’une politique nataliste ne concerne que les familles les plus riches ? Peut-on défendre qu’on encourage les naissances, mais seulement des enfants de riches? Ou alors, si le présupposé de cette « politique familiale », c’est qu’un enfant de riches« coûte » plus cher à ses parents qu’un enfant de pauvres, c’est sans doute vrai, les inégalités sociales se reflétant souvent dans les cours de récréation. Mais est-ce à l’Etat de payer le différentiel d’argent entre enfants de riches et de pauvres, perpétuant ainsi les inégalités déjà existantes ? Est-ce le rôle de la collectivité d’inculquer dès le plus jeune âge l’idée d’une société stratifiée ?

Ce n’est pas de cette politique familiale-là que nous voulons. La politique familiale est un enjeu majeur pour la gauche, qui a mis la jeunesse au cœur de son programme. La gauche veut donner à toutes les familles les moyens d’élever leurs enfants, pour contribuer à l’égalité des chances. C’est ce qui permettra aux enfants de devenir, demain, non pas des jeunesses divisées, mais une jeunesse dynamique et rassemblée.

A lire:

Pour une révolution fiscale, Un impôt sur le revenu pour le XXIème siècle, Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez, Le Seuil/République des idées, 2011

#FH2012: mon rôle dans l’équipe de campagne.

Billet edito

#FH2012: mon rôle dans l’équipe de campagne.

33 commentaires 17 novembre 2011

Si j’en crois les messages qui me parviennent depuis hier matin, l’information n’a échappé qu’à peu d’entre vous : François Hollande me confie le rôle de porte-parole dans son équipe de campagne. J’officierai donc auprès de Delphine Batho, Bruno Leroux et Bernard Cazeneuve.

Je tenais à vous le dire ici, à vous qui me suivez depuis de longues années : je suis évidemment très heureuse de m’engager dans cette campagne présidentielle dans une fonction que je commence a bien connaître pour l’avoir exercée auprès de Ségolène Royal, avec passion. Je mesure à la fois l’ampleur des responsabilités qui me sont confiées et la très grande confiance qui m’est accordée par François Hollande.

Je mesure surtout l’attente des Français devant cette campagne qui n’aura rien d’une promenade de santé : il va falloir se battre de toutes nos forces pour faire valoir nos arguments, notre projet, nos valeurs et notre vision pour la France, et ouvrir une nouvelle page de l’histoire de notre pays.

Nous aurons besoin de tous les talents : je compte sur vous, fidèles lecteurs, pour nous aider à animer cette campagne, et à porter avec nous la parole de François Hollande.

Retrouvez ici l’organigramme complet: télécharger le document sur le site de campagne.

Najat.

Billet edito

Ma tribune d’opinion dans Le Monde: « Faire payer la crise aux pauvres n’est pas une fatalité. »

9 commentaires 27 octobre 2011

Hier, les Députés socialistes condamnaient vigoureusement la véritable guerre que le gouvernement et l’UMP ont décidé de mener contre les pauvres en France, rappelant la réduction des indemnités journalières des salariés malades, la restriction de l’accès au RSA et aux prestations sociales pour les parents isolés en caviardant un rapport de l’Assemblée sur la fraude sociale, la menace que le Ministre de l’Intérieur fait peser sur les familles dont un enfant serait trouvé dans la rue la nuit, ou encore la proposition de réserver les logements sociaux à ceux qui ont un travail ». Toutes ces mesures et annonces pour le seul début de cette semaine !

C’est dans ce contexte que Le Monde, dans son édition datée du 28 octobre, publie ma tribune d’opinion initulée « Faire payer la crise aux pauvres n’est pas une fatalité ». A retrouver dans les kiosques bien sûr, mais je vous la donne à lire ici, aussi:

« Encore un cri d’alarme : celui du Secours populaire, des Restos du coeur, de la Croix-Rouge française et de tout le réseau des banques alimentaires face au risque de réduction drastique du programme européen d’aide aux plus démunis, envisagée par les gouvernements (conservateurs) de l’Union européenne.

Faire payer la crise aux pauvres : tel semble être désormais le mot d’ordre, et notamment en France. La pauvreté n’est pourtant plus une affaire de marge, elle s’installe au coeur de notre société : selon l’Insee, 8,2 millions de personnes, 13 % de la population, vivent avec moins de 954 euros par mois. Si l’on comptabilise les emplois précaires, les travailleurs pauvres, les chômeurs, les exclus qui ont même renoncé à chercher un travail, ce sont 12 millions d’actifs qui vivent en situation de fragilité économique : 40 % de la population active ! C’est là le plus implacable des réquisitoires contre la politique de Nicolas Sarkozy, qui continue pourtant à enfoncer le clou avec la taxation des mutuelles santé, ou l’augmentation de la CSG.

Les pauvres ont le visage des ouvriers au chômage depuis que leur usine a été délocalisée. Des jeunes qui galèrent de stages en petits boulots avec la promesse de vivre moins bien que leurs parents. Des mères célibataires qui travaillent dans les services à temps partiel fragmenté, des femmes de Ouistreham et d’ailleurs, appelées loin de chez elles, avec des horaires décalés. Des Français issus des quartiers populaires victimes de la ségrégation territoriale et de la discrimination.

Le sarkozysme violente ces Français fragilisés qui ne demandent qu’à travailler, qui ne craignent pas de faire des efforts (ils en font tous les jours pour survivre), qui souffrent de se voir désignés comme des assistés et des profiteurs, eux qui savent trop bien la valeur du travail tant ils en manquent.

Contrairement à une légende entretenue par la droite, les minima sociaux en France ne sont pas généreux. Autant les assurances sociales françaises sont parmi les plus protectrices du monde – mais il faut y avoir cotisé, et donc avoir un parcours d’emploi stable, être « dans » le système -, autant les prestations de solidarité sont parmi les plus faibles d’Europe. Les minima sociaux atteignent 60 % du salaire médian en moyenne en Europe. Ils montent jusqu’à 75 % dans les pays les plus solidaires comme en Allemagne, mais sur ce sujet le gouvernement ne parle plus de convergence entre nos deux pays… En France, ils sont tombés de 50 % à 30 % du revenu médian entre 2000 et 2010. Le sarkozysme paupérise les plus pauvres.

La chasse aux « assistés »

Deuxième idée reçue : celle selon laquelle des Français ne seraient que bénéficiaires de la solidarité nationale sans être jamais contributeurs, c’est en son nom que la chasse aux « assistés » fait fortune. Faut-il le rappeler ? Tout le monde paie des impôts à travers la TVA, qui touche davantage les plus pauvres, en proportion : les vrais assistés sont en réalité les plus riches, bénéficiaires ces dernières années de plus de 20 milliards d’euros de cadeaux fiscaux, pendant qu’on démantelait l’école publique, l’hôpital ou les retraites. La lutte contre les inégalités est au coeur de l’ADN de la gauche. Hier, cela passait par le soutien au pouvoir d’achat des salariés modestes. Aujourd’hui, cela ne suffit plus, car une masse croissante de citoyens n’est plus en emploi stable. Combattre la société précaire : telle doit être la priorité de la gauche.

Cela passera d’abord par une nouvelle répartition des efforts fiscaux : l’équité et la progressivité plutôt que les niches et les cadeaux fiscaux inutiles et injustes, le travail plutôt que la rente. Mais cela passera aussi par des politiques de lutte contre la pauvreté ambitieuses et assumées : accès aux biens publics essentiels (eau, gaz, électricité), à des logements dignes construits en nombre suffisant, sécurisation des parcours professionnels, autonomie des jeunes… c’est à forger ces outils bien plus complexes que la simple stigmatisation de quelques-uns que la gauche s’attellera. »

« C’est Mme (Valérie) Pécresse qui réduit les indemnités journalières des salariés malades. C’est M. (Xavier) Bertrand qui restreint l’accès au RSA et aux prestations sociales pour les +parents isolés+ en caviardant un rapport de l’Assemblée sur la fraude sociale. C’est M. (Claude) Guéant qui propose de mettre à l’amende les familles dont en enfant est dans la rue la nuit ».
« Mais le summum de l’indignité est atteint par M. (Laurent) Wauquiez qui propose de réserver les logements sociaux à ceux qui

Billet edito, Ma ville, mon canton

Ségolène, Arnaud, Manuel, Jean-Michel… et vous ?

25 commentaires 14 octobre 2011

Gagner tous ensemble en 2012.

C’est au terme d’une réflexion approfondie, et d’un dialogue empreint de franchise et de respect avec les deux candidats que Ségolène Royal, vous le savez, a appelé tous les Français qui souhaitent la victoire de la gauche en mai prochain, à voter pour François Hollande ce dimanche 16 octobre.

Elle l’a fait pour apporter au candidat arrivé en tête au premier tour l’élan nécessaire pour remporter demain l’élection présidentielle, et faire valoir concrètement les idées que nous défendons sur la réforme bancaire, le progrès social, la rénovation de la vie politique et la mutation écologique de l’économie.

C’est une démarche de responsabilité, de courage et de clarté qui témoigne une nouvelle fois de la stature de Ségolène Royal, femme politique de tout premier plan qui n’hésite jamais à placer l’intérêt général, l’esprit de rassemblement et le souci de l’efficacité politique au-dessus de toutes les autres considérations.

Arnaud Montebourg a semble-t-il mené la même réflexion, pour en arriver à la même conclusion.

Bien sûr, chacun est libre de faire son choix sans avoir à obéir à aucune consigne venue d’en haut, et Martine Aubry comme l’ensemble de ses soutiens méritent un respect sans faille, et une sincère bienveillance de la part de tous. C’est l’esprit même de ces Primaires citoyennes : je souhaite qu’elles soient un succès jusqu’au bout pour toute la gauche.

Je mesure que le choix est sans doute très difficile pour beaucoup d’entre vous, et je sais que certains hésitent encore à participer au vote du second tour.

Pour ma part, sachez que je suis résolue à prendre part sans réserve au rassemblement qui, de fait, a déjà commencé autour François Hollande pour lui assurer la majorité la plus franche possible à l’issue du vote, et contribuer ainsi à lui donner tous les atouts pour battre la droite en mai 2012, et mettre le programme socialiste qui changera la France.

L’enjeu n’est pas de perdre ou de gagner dimanche soir: c’est de gagner tous ensemble en 2012.

Billet edito

En réponse à vos messages.

65 commentaires 11 octobre 2011

Chers amis,

Je vous remercie du fond du cœur pour les si nombreux messages de remerciement, d’encouragement, de consolation, de compréhension, d’affection, de solidarité, d’amitié et d’énergie positive que vous m’adressez depuis hier soir ainsi qu’à Ségolène Royal, et à toute son équipe. Je lui transmettrai vos bonnes pensées.

Les circonstances ne me permettront sans doute pas de répondre à chacun aussi vite que je le souhaiterais, mais sachez que j’y suis sensible, c’est peu de le dire. Vous qui accompagnez et soutenez Ségolène Royal avec tant de ferveur, de talent et de fidélité depuis tant d’années, ne vous laissez pas envahir par la tristesse, l’amertume ou la rancœur : restez comme vous êtes, sincères, honnêtes, et porteurs d’espoir pour l’avenir.

Najat.

Billet edito

« Ségolène Royal trace depuis des années l’avenir de la gauche »

4 commentaires 07 octobre 2011


Les 9 et 16 octobre, les citoyens qui adhèrent aux valeurs de gauche voteront, pour des idées bien sûr, mais également pour une personnalité. Or,les idées, comme les personnalités, s’inscrivent dans une durée que le jeu médiatique occulte. Tout se passe aujourd’hui comme si le débat public avançait sans passé ni mémoire. Faute de creuser le passé, même récent, les médias se contentent ainsi trop souvent de constater. Constater que les candidats convergent ou constater que leurs programmes se ressemblent, alors qu’il faudrait étudier de plus près l’évolution de leurs propositions pour ainsi évaluer la permanence de leurs convictions et la réalité de leurs différences.

Au cours de ces dernières années, Ségolène Royal a constamment tracé l’avenir de la gauche: pionnière, elle a proposé des solutions ambitieuses, les a défendues courageusement, avant de les voir reprises des mois ou des années plus tard, et dans l’indifférence des commentateurs, par ses camarades du Parti Socialiste. La croissance verte, qui a été un véritable cheval de bataille pour elle dès les années 90 et particulièrement depuis 2006, figure aujourd’hui en bonne place dans les programmes des candidats. La sortie du nucléaire aussi, de façon plus ou moins claire. Sauf que, Ségolène Royal, elle, n’a pas attendu Fukushima pour la défendre. La fermeté face à l’insécurité qui lui a attiré tant de critiques en 2006. L’ouverture du parti socialiste sur la société, la démocratie participative. Les solutions radicales contre la crise financière qu’elle avançait dès 2008. La priorité fiscale aux entreprises qui investissent, la création d’un gouvernement de la zone euro, la réforme bancaire, le conditionnement des aides aux entreprises… autant de sujet qui feraient « consensus » aujourd’hui si l’on en croit les éditorialistes. Dormez tranquille bonnes gens !

Il y a plus étonnant encore : les idées de Ségolène Royal inspirent même au-delà de la gauche. Nicolas Sarkozy, à bout de souffle au terme d’un mandat marqué par l’injustice et l’inefficacité, recours à l’encadrement militaire des délinquants et la banque publique d’investissement pour venir en aide aux PME ; deux solutions majeures de Ségolène Royal datant de 2007 et 2008. Toujours dans le silence et l’indifférence des commentateurs.

Si Ségolène Royal est « en avant », si elle propose des idées et que les autres se les approprient, il y a de quoi se réjouir, bien sûr. C’est la preuve que les idées innovantes font leur chemin. Mais dans le cas des primaires socialistes, ne pas relever ces appropriations, c’est brouiller les lignes du débat. Prisonniers d’une vision statique des programmes, les journalistes passent à coté de l’information essentielle, celle qui pourtant intéresse le plus les électeurs : où est le mouvement et où est l’immobilisme, où sont les belles paroles et où sont les réalisations, où est la conviction et où est l’opportunisme.

Guillaume Garot et Najat Vallaud-Belkacem

Portes parole

« Oui, des électeurs de gauche sont tentés par le vote FN »

Billet edito

« Oui, des électeurs de gauche sont tentés par le vote FN »

3 commentaires 29 août 2011

PS – Najat Vallaut-Belkacem : « Oui, des électeurs de gauche sont tentés par le vote FN »

A bientôt 34 ans, Najat Vallaut-Belkacem est restée fidèle à Ségolène Royal, dont elle est toujours l’une des porte-parole après la riche expérience de la présidentielle 2007. Mais la conseillère générale du Rhône vient également de sortir un ouvrage avec Guillaume Bachelay (qui, lui, soutient Martine Aubry), intitulé « Réagissez », censé démonter une par une les idées du Front national. L’occasion d’aborder avec elle les enseignements du traumatisme du 21 avril 2002. Et surtout, de ne pas négliger des questions de fond, ce qui n’est pas si fréquent lors de cette université d’été où la primaire alimente la plupart des conversations.

 

Bruno Masseboeuf

Lien vers le site de l’article en ligne : La Voix du Nord

Billet edito

Un été parmi les français

2 commentaires 24 août 2011

L’été s’achève avec, dans quelques jours l’Université d’été du parti socialiste à La Rochelle. Pour beaucoup ce sera la reprise, pour Ségolène Royal, la poursuite de son action inlassable au service de la France et des Français.

Indignée, déterminée, volontaire et optimiste, voilà l’état d’esprit de celle qui s’est mobilisée tout l’été aux côtés des Français qui souffrent, comme elle l’est depuis plus de cinq ans maintenant aux quatre coins du pays, en métropole comme en Outre-mer.

Des chantiers navals de Saint-Nazaire aux quartiers Nord de Marseille, de l’éco-quartier de Pierrevert à la maternité de La Seyne-sur-Mer en passant par les agriculteurs de Corse, Ségolène Royal écoute, entend, propose. Véritable « passe muraille » comme le disait joliment une de nos rencontres sur le terrain, elle est capable de s’adapter à tous les milieux, mais surtout de faire du lien entre tous ces milieux, rare et indispensable qualité en ces temps de repli sur soi ou chacun se méfie de son voisin…

Les problèmes, elle ne se contente pas de les décrire, de les observer, de les regretter, elle les « empoigne par les naseaux » comme disait François Mitterrand. Elle préfère les décisions carrées aux tables rondes, les actes aux discours. Elle  est la « présidente des solutions ». Partout, elle suscite l’enthousiasme de ceux qui l’accueillent et peuvent mesurer son courage, son indépendance et sa détermination à proposer des réponses pragmatiques aux difficultés qu’ils rencontrent dans leur vie quotidienne.

A la question du pouvoir d’achat, elle répond par des mesures que le gouvernement pourrait prendre immédiatement si toutefois il en avait la volonté : gel des prix de l’énergie, gel de 50 produits de consommation courante, en particulier des fournitures scolaires dans la grande distribution.

A la question des impôts, elle répond par un ordre social et fiscal juste, c’est-à-dire par la suppression des niches fiscales qui ne marchent pas où qui permettent aux plus riches comme à de grandes entreprises de payer moins d’impôts. Un ordre social et fiscal ambitieux auquel des Etats généraux sur la réforme des prélèvements et de l’impôt et un référendum permettront d’associer le plus grand nombre.

A la question des services publics, à ces grands déserts sanitaires, médicaux, postaux, judiciaires, que la droite laisse désespérément s’étendre – pour mieux favoriser le privé – , Ségolène Royal oppose la défense des services publics et prend l’engagement de maintenir les services publics de proximité qui fonctionnent et en particulier toutes ces maternités, à la Seyne-sur-Mer ou à Digne promises à la fermeture.

A la crise financière qui n’en finit plus, Ségolène Royal oppose des réponses concrètes, immédiates et fermes pour mettre la finance au pas, améliorer la gouvernance économique de la zone euro, et mettre les banques au service de l’économie réelle. Elle plaide, depuis longtemps déjà, pour un gouvernement économique de la zone euro chargé de mettre en œuvre des stratégies équitables de réduction des déficits, c’est-à-dire qui ne soient pas synonyme d’austérité. Elle a été la première à proposer inlassablement d’interdire aux établissements financiers de spéculer plus longtemps sur les dettes publiques des Etats (ceux là mêmes qui les ont sauvés de la faillite en 2008 !), c’est-à-dire au fond sur le malheur des peuples. La plus constante aussi dans sa défense des PME, à travers notamment  un plan de relance européen pour l’activité économique des entreprises financé par une taxe sur les transactions financières.

A tous ceux qui depuis des décennies avaient fait le deuil de nos industries face à la concurrence mondiale, Ségolène Royal répond que la France est et doit rester une grande nation industrielle. La France peut pour cela compter sur l’excellence de ses savoir-faire dans de nombreux domaines, sur la qualité de sa main d’œuvre, sur sa capacité d’innovation et sur l’incroyable esprit d’entreprise des Français. L’ Etat doit être aux côtés de cette France qui entreprend, qui invente, qui prend des risques, en favorisant l’accès au crédit. La croissance verte, les transports propres doivent être à cet égard soutenus en priorité. Là où les banques sont mises au service de l’économie plutôt que de la spéculation, la croissance est au rendez-vous et avec elle l’emploi.

L’emploi justement, voilà bien une préoccupation constante de Ségolène Royal au moment où l’INSEE annonce une nouvelle dégradation de la situation de l’emploi et en particulier des jeunes. Triste bilan pour Nicolas Sarkozy et pour ce gouvernement qui, tel un démiurge, dévore ses enfants au lieu de s’en occuper… La jeunesse sera pour Ségolène Royal une grande cause nationale donnant lieu à une mobilisation sans précédent. Il faut lutter par tous les moyens contre l’inactivité des jeunes en leur proposant un emploi, une formation, un apprentissage, un service civique ou un engagement première chance. Il faut défendre l’éducation nationale et nos universités, abandonnées par la droite en améliorant notamment les taux d’encadrement là où c’est nécessaire et ne jamais se résoudre aux inégalités dans la réussite scolaire. Il faut réparer l’ascenseur social cassé.

Comme le disait Pierre Mendès France « penser constamment à la jeunesse, c’est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’État. » J’ajouterai, d’une femme d’Etat comme Ségolène Royal.

Ségolène Royal, c’est le socialisme de transformation, c’est le retour du courage en politique contre le défaitisme, la résignation et la connivence. Les Français modestes, ceux qui travaillent comme ceux qui aimeraient travailler, les oubliés comme ceux qui prennent des risques, ceux qui souffrent ont leur porte parole : elle s’appelle Ségolène Royal.

Sereine, déterminée, préparée à affronter Nicolas Sarkozy, forte d’une expérience forgée dans l’épreuve en 2007, expérience qu’elle ne partage avec personne, capable du plus large rassemblement de l’extrême gauche aux centres humanistes, Ségolène Royal, est prête.

Najat Vallaud Belkacem
Secrétaire générale de la Campagne


Ségolène Royal vous donne rendez-vous au grand rassemblement qui aura lieu le  vendredi 26 août à 19 heures au Jardin du Port de la Rochelle (rue de l’Armide, à côté de la Tour Saint Nicolas).

Billet edito

Un week-end résolument politique !

1 commentaire 25 juin 2011

qui m’amènera en quatre lieux différents où j’espère vous retrouver nombreux:

- Après celle de Lyon, je participerai ce samedi à 14h à la Marche des Fiertés LGBT de Paris.

Toutes les informations utiles pour la Marche des Fiertés ici : Marche des Fiertés LGBT de Paris 2011

 
Marche des fiertés de Paris : en 2011, je… par PartiSocialiste

- Je rejoindrai ensuite Vitry-sur-seine où je participerai à la Fête de la Rose placée sous le signe de l’égalité Homme/Femme, dans une ville toujours meurtrie par la tragédie de la jeune Sohane, brûlée vive à 17 ans en octobre 2002.

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- Enfin, vers 18h30, je serai à Chelles, à l’invitation de la Fédération socialiste de Seine-et-Marne pour un débat consacré à la Rénovation des pratiques politiques dans le cadre du 40e anniversaire du Parti Socialiste. Vous pouvez retrouvez tout le programme, la liste des invités et les informations pratiques  ici : 1971 – 1981 – 2011, 40 ans de vie d’un Parti

- Le lendemain dimanche, c’est dans le marais poitevin qu’aux alentours de 15h,  je serai aux côtés de Ségolène Royal pour un moment décisif : la présentation de sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 dans le cadre de la primaire socialiste.
noname

Au plaisir de vous voir dans une de ces haltes!

Ils ont quitté la Puerta del sol…

Billet edito

Ils ont quitté la Puerta del sol…

3 commentaires 14 juin 2011

Les Indignados sont à la politique ce que les ovni sont à l’aviation… On peut les ignorer mais pourtant ils volent !

Depuis plusieurs années maintenant, nous sommes quelques uns à dénoncer notre préférence systématique pour le présent et le caractère demiurgique de nos politiques publiques, qui sacrifient une jeunesse désormais convaincue qu’elle vivra moins bien que ses parents.

Printemps arabe, Indignados espagnols, jeunesse grecque et French Revolution : malgré les évidentes différences d’aspirations premières et de contexte, la parenté est patente.

C’est un mouvement fascinant, et en même temps étrange, qui a vu une jeunesse arabe se soulever, reprendre son destin en main en exigeant la démocratie qu’elle voit depuis des années de l’autre côté de la Méditerranée. Une sorte d’aspiration « à être comme vous ».  Un élan et un souffle qui a servi paradoxalement d’exemple et donné aux jeunesses européennes le courage de se dire : il n’y a pas de fatalité à ce que la société ne nous entende pas.

C’est l’exemple qui prend sur l’exemple, créant une solidarité et une fièvre qui balayent d’un revers de main des frontières que les dirigeants politiques veulent à tout prix renforcer chaque jour. C’est dans ces instants, ces mouvements citoyens inattendus et indomptables, que l’on sent et l’on vibre à l’idée que l’on arrive à un tournant de l’histoire, de l’histoire avec un grand H.

Et pourtant qu’y a-t-il de commun entre les Révolutions Arabes, la Spanish Revolucion et la French Revolution ?

A première vue, si le printemps arabe se rassemble derrière de grandes idées fédératrices, la liberté et la démocratie, les interviews des indignés ont pu donner l’impression d’une dispersion des objectifs, vouant a priori le mouvement à l’échec.

Il n’en est rien. Si par essence même, un mouvement spontané et citoyen n’a pas les éléments de langage policés qu’affectionnent politiques et journalistes, il en reste pas moins que ce qui les unit tous est le diagnostic d’une crise grave et profonde de la société actuelle et de son fonctionnement : pour les premiers, l’objectif est de marcher vers la démocratie, pour les autres, le but est d’achever une démocratie dans laquelle ils ne trouvent pas leur place.

Ceux qui seraient tenté de hiérarchiser la difficulté des deux revendications auraient tort : Bien sûr la violence de la répression insupportable et les conditions sociales tragiques ont marqué le printemps arabe comme nous espérons qu’elles ne marqueront plus jamais nos mouvements européens, c’est évident ! Mais changer et faire bouger un système a priori souple, mou et policé où chaque fois que l’on ne rentre pas dans la norme prévue et que l’on hausse le ton, on est sommé d’arrêter et d’attendre de pouvoir voter tous les 5 ans pour des candidats qu’on n’a pas choisi, n’est pas une mince affaire. Des barreaux invisibles d’une cage dorée (dorée pour qui d’ailleurs ?) où il est interdit de sortir : cela reste une prison.

Or la démocratie ce n’est pas seulement le droit de vote. La démocratie c’est aussi des contre-pouvoirs, une justice dans laquelle personne ne doute, la possibilité effective de pouvoir passer d’un corps social à un autre et d’accéder à l’ensemble des sphères économiques, politiques et sociales sans avoir besoin d’avoir l’âge qu’il faut, le sexe qu’il faut, la couleur qu’il faut ou l’orientation sexuelle qu’il faut.

Ceux qui n’avaient pas compris les enjeux de la démocratie participative et la soif d’expression des citoyens et s’en étaient moqué sont les mêmes qui aujourd’hui ne savent plus trop comment expliquer, analyser et accompagner les mouvements citoyens, notamment ceux des jeunesses.

Non, ni Internet, ni Facebook, ni Twitter n’ont poussé les Tunisiens, les Syriens, les Égyptiens, ni les Algériens, les Marocains, les Italiens, les Grecs ou les Espagnols à descendre dans la rue, ce ne sont pas des créateurs de révolutions. Ce sont les déficits démocratiques, l’oubli d’une génération, les injustices sociales, l’abandon de nos souverainetés aux marchés et l’austérité économique qui ont poussé les uns à mettre leur vie en danger en protestant et les autres à se réunir en masse. Sauf que les réseaux sociaux ont bousculé les vieilles recettes auxquelles la classe politique était habituée. Ils ont été à la fois la clef de la mobilisation et le témoignage de revendications démocratiques en passant outre les vecteurs officiels et consensuels de l’information : chacun peut désormais décider d’être producteur, récepteur et vecteur d’informations. Une instantanéité et une horizontalité qui rééquilibrent la rareté des occasions de concertation démocratique des citoyens entre une élection présidentielle et une autre sur l’avenir et les choix d’une société. C’est cela aussi la démocratie participative.

Une chose reste cependant à pointer : la désespérance de la jeunesse française qui n’a pas (encore) su trouver un écho de mobilisation semblable à l’Espagne. Mais qu’on ne nous explique pas cela par une soi-disant « meilleure gestion française » de la crise, ce serait jeter de l’huile sur le feu. Le désespoir français se mesure par l’abstention de plus en plus  massive et structurelle des jeunes aux élections qui se transforme au fur et à mesure en scission silencieuse mais durable entre la société et la politique. Rien de très encourageant pour la classe politique.

Il est encore temps de changer notre façon de faire de la politique, d’approfondir notre démocratie, d’organiser la participation citoyenne, de renouveler et diversifier la classe politique, de comprendre les enjeux d’un monde numérique libre et de ne plus considérer la jeunesse comme la variable d’ajustement de nos politiques économique et social mais comme un atout majeur sur lequel investir économiquement, socialement et culturellement. La jeunesse a des affinités électives avec l’utopie, c’est à elle qu’il nous faut confier notre avenir…

Georges Bernanos disait : « C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents. »

Aujourd’hui, la surchauffe nous guette !

De la Fiabilité des Sondages

Billet edito

De la Fiabilité des Sondages

3 commentaires 04 juin 2011

Nous sommes quelques uns, comme vous le savez, à émettre de sérieux doutes quant à la fiabilité des sondages d’intention de vote dont on nous abreuve depuis des mois, et à déplorer en tout cas la fréquence et l’usage qui en sont faits dans une presse qui oublie trop souvent les limites de ces outils et les conditions imparfaites de leur fabrication. Notre avis pourrait n’avoir que peu de poids et être taxé de partisan dans une période où ces derniers ne donnent pas, loin s’en faut, notre candidate favorite.

Au hasard de mes lectures, je suis retombée sur cette enquête post-21 avril 2002 d’un sociologue soucieux de mieux décrypter les comportements (et les errements) des médias et des instituts de sondage dans la campagne présidentielle de l’époque. Cette contribution publiée par Arnaud Mercier dans l’ouvrage collectif « Le vote de tous les refus » (Presses de Sc.Po, 2003), sous la direction de Pascal Perrineau, est extrêmement instructive et impressionnante d’actualité.

Je vous laisse en prendre connaissance en vous rappelant une chose simple: le seul sondage qui compte,  c’est celui des urnes. Continuons à nous mobiliser!

Najat Vallaud-Belkacem


« [...] Revenons sur le rôle décisif de l’argument chiffré des sondages et des usages qu’on en fit. Pour commencer, il est fécond de partir de ce que les médias n’ont pas voulu entendre et de ce que le public n’a donc pas pu connaître. Le 16 avril 2002, la Commission des sondages publia le communiqué suivant :

« La Commission rappelle qu’elle contrôle systématiquement tous les sondages ayant un rapport direct ou indirect avec une élection. Après avoir constaté qu’un certain nombre des règles qu’elle est chargée de faire respecter avait été méconnues, la Commission a été amenée à intervenir de plus en plus fréquemment depuis quelques semaines auprès des instituts de sondage ou des organes de presse qui ont assuré la diffusion des résultats. Elle estime nécessaire, à quelques jours du scrutin, d’insister sur la prudence avec laquelle les sondages d’intentions de vote doivent être interprétés et ceci pour deux séries de raisons. La première tient aux modalités de constitution des échantillons des personnes interrogées, à la proportion élevée des personnes sondées n’exprimant aucun choix et à celle, parmi les intentions exprimées, des personnes qui ne sont pas sûres de leur choix. La seconde tient à certains des procédés de redressement auxquels ont actuellement recours les instituts de sondage. Dans ces conditions, la Commission des sondages tient à souligner les limites de fiabilité des sondages. La Commission rappelle enfin que les sondages ne sont qu’un instrument d’analyse de l’opinion publique et non pas un outil de prévision des résultats électoraux. »

Ce communiqué et son devenir sont tout à fait révélateurs des problèmes de l’information en campagne électorale. En effet, ce dernier n’a pas été repris par les rédactions, à l’exception de l’afp, de La Tribune, du Télégramme de Brest, de l’Humanité et du Parisien, sous forme de brèves, synthétisant un communiqué lui-même déjà très court. Autrement dit, cette mise en garde (émise par une instance légitime à en adresser) a été cachée au public. Elle représentait un inconvénient majeur aux yeux des rédactions, celui de signifier explicitement que tout le travail interprétatif proposé par les journalistes, leurs commentaires fondés sur les nombreux sondages parus, la commande d’enquêtes plus ou moins coûteuses, ayant vocation à être reprises par les autres médias en citations (accroissant ainsi la notoriété du support cité) reposaient sur du sable. La Commission dit explicitement que les sondages ne sont pas des instruments de prévision du vote comme les journalistes tendent à les utiliser, et qu’en plus, en 2002, les conditions d’indécision de l’électorat et de redressement des données brutes doivent conduire à la plus extrême prudence sur la véracité des chiffres publiés. Dans une telle situation, la rigueur professionnelle obligerait les journalistes à se défaire de cet outil d’analyse impuissant, mais les soucis cumulés de conserver un support pour produire de l’analyse quotidienne, pour faire démonstration de leur finesse d’analyse dans le commentaire et pour assurer une reprise dans les autres médias, ont eu raison de leur éthique de responsabilité. Jérôme Sainte-Marie, directeur des études d’opinion à bva, le reconnaît sans ambages, lui qui affirme que  »certains sondeurs ont beau dire n’importe quoi, ça n’a finalement aucune importance. On leur demande juste de créer l’événement. Et ça marche : les gains de notoriété sont plus rentables que la fiabilité… » ( Télérama, 2729, 30 avril 2002) …[...]

Extrait de « Les médias en campagne » in « Le vote de tous les refus », Presses de Sciences-Po, 2003

La mixité sociale en questions…

Billet edito

La mixité sociale en questions…

3 commentaires 21 mai 2011

J’ai eu l’occasion, il y a quelques jours, d’être auditionnée par un groupe d’étudiants de Sciences Po Paris pour les besoins d’un livre blanc consacré à la mixité sociale. Leurs questions étant suffisamment précises pour me permettre de rentrer dans le détail des choses, je vous donne à lire cet entretien qui mêle regard sur la politique de la Ville, la rénovation urbaine ou encore la loi SRU et propositions pour l’avenir dans un domaine crucial pour notre pays.

 

1ère question (constat) : Comment définissez-vous la mixité sociale ? Est-ce une notion différente de la diversité ? Est-ce un véritable enjeu de société ? Quel constat faites-vous de la mixité sociale aujourd’hui en France? Au sein de l’agglomération lyonnaise ? L’absence de mixité sociale pose-t-elle problème ? Si oui, lequel/lesquels ?

NVB : Bien entendu, ces deux termes renvoient à des réalités très différentes, et il me paraît important que les deux concepts restent démarqués pour ne confondre les choses. Dans le langage courant, la question de la diversité est bien souvent cantonnée à la seule question ethnique, à savoir l’éternelle obsession de l’origine visible des individus. La mixité sociale, elle,  recouvre avant tout une dimension socioprofessionnelle qui renvoie à plusieurs facteurs, les professions, le capital social de naissance, le niveau de vie, les habitudes de consommation, la culture, la langue, les loisirs… Si l’on est un peu plus exigeant on peut commencer à introduire des variables relatives à l’âge ou à l’ethnie. Là, le concept devient beaucoup plus global.

L’indicateur de mesure de la mixité sociale tourne souvent autour de la question du logement. On mesure sur un territoire donné le pourcentage de chaque catégorie de population. Si cela est révélateur, seul, cet indicateur est insuffisant. En effet, les différentes catégories de populations peuvent vivre sur un même territoire sans rien partager. Pour avoir donc une véritable mesure de la mixité sociale, il faut nécessairement croiser la question du logement à celle de la vie sociale (culture, association) et à celle de l’éducation.

La mixité sociale est ainsi nécessairement une démarche plus profonde que celle de la diversité qui souvent se cantonne à une politique de l’affichage. On montre du visible et on peut faire de la diversité assez facilement : des candidats issus de l’immigration présentés à des élections, une politique de recrutement limitée – mais publicisée – au sein des entreprises et des administrations, etc.

Si ces initiatives ont pu être utiles pour sensibiliser les gens à la question du manque de représentation (politique, sociale, associative, économique) de certaines populations, elles sont restées décevantes et insuffisantes tant elles ne répondent pas aux exigences de cohésion sociale et d’intégration.

La mixité sociale, a contrario,  a, avant tout, une dimension qualitative. Elle se mesure aux échanges nombreux entre les différents individus ainsi qu’à la dynamique sociale et associative (qu’elle soit culturelle, sportive, de solidarité) du territoire concerné. La mixité est un processus dynamique, elle est vivante. Elle suppose des échanges nombreux et une fluidité entre les catégories sociales (notamment possibilité d’ascension sociale).

Autant dire qu’au regard de ces éléments, la mixité sociale est largement insuffisante en France et le constat est sévère :

- les catégories socioprofessionnelles sont figées

- le gouvernement a démissionné devant l’exigence d’égalité des chances rendant toujours plus criantes les inégalités de naissance

- des « ghettos de riches » à l’américaine, ultra-sécurisés, apparaissent

- la rénovation des banlieues ne semble pas une priorité du gouvernement après l’abandon du « Plan banlieue. »

- une situation bloquée dans la périphérie des grandes villes, à quelques notables exceptions près.

L’absence de mixité sociale met en branle la cohésion sociale, encourage la méconnaissance et la peur de l’autre. Ce sont donc les fondamentaux de la République qui sont menacés. L’absence d’une possible ascension sociale pour l’immense majorité des plus démunis fait des ravages et assombrit l’avenir de tout un pan de la société.

1ère question bis (mixité sociale et politique de la ville) : Quelle analyse faites-vous de la prise en compte par les pouvoirs publics de la problématique de mixité sociale ? Diriez-vous que la politique de rénovation urbaine au travers de l’ANRU est de nature à apporter une réponse satisfaisante à cet enjeu ? Quelle analyse faites-vous de la loi SRU ? Qu’est-ce qui explique qu’elle soit aussi peu respectée par les élus ? Pensez-vous que l’échelon de la ville est le bon échelon pour mener à bien de telles politiques ?

NVB : Le Plan banlieues proposé par le gouvernement Sarkozy a été très décevant. Les attentes étaient pourtant nombreuses et la nécessité d’agir n’a jamais été aussi forte.

Au-delà des visites médiatisées et des effets d’annonces, quelles mesures concrètes ont été mises en œuvre ? Même avec toute la bonne foi du monde, je ne saurais dire. Les retours faits par les acteurs de terrain sont très mauvais, très inquiétants.

La politique de la ville, désertée par l’Etat, est désormais avant tout portée par les acteurs locaux : collectivités, bailleurs, associations … qui font un travail remarquable.

A l’échelle de l’agglomération lyonnaise, beaucoup d’efforts ont été entrepris et sont portés par une équipe très volontariste. Le quartier de la Duchère, par exemple, a été complètement redessiné. On pourrait évoquer aussi Vaulx-en-Velin ou Mermoz. Au sein de ma délégation, tous les grands événements sont organisés avec un souci constant de mixité sociale. Il me tient à cœur de permettre la rencontre et donc la meilleure connaissance et compréhension de populations trés différentes. Le souci est toujours aussi présent lorsque nous travaillons avec les associations locales, et que nous essayons de donner aux jeunes les moyens d’être des acteurs autonomes de leur vie et leur ville.

L’échelle la plus pertinente est bien entendu celle de la communauté urbaine ; les enjeux de mixité sociale ne s’arrêtent pas aux frontières de la commune. Sur un territoire donné, les territoires qui concentrent les richesses doivent faire preuve de solidarité et contribuer à l’effort commun. De plus, à l’échelle d’une agglomération, les synergies et les leviers d’action sont beaucoup plus puissants. Cela nécessite toutefois un changement de mentalité.

Quant à la loi SRU, il faut bien sûr faire en sorte qu’elle soit respectée par toutes les communes. Les communes les plus riches préfèrent payer la sanction financière prévue par la loi que d’appliquer les 20% de logements sociaux. Cela n’est pas acceptable. Il faut donc que l’Etat, en plus d’infliger des sanctions plus lourdes, se substitue aux collectivités récalcitrantes pour qu’aucun territoire de la République n’échappe au nécessaire effort national. Il faut enfin sortir d’une logique purement statistique et s’intéresser aussi à l’aspect qualitatif de l’action des collectivités en la matière. En effet, construire les 20% de logement social sur une même portion de territoire répondra peut-être au besoin de logement mais en aucun à la problématique de mixité sociale. Il faut donc encourager les collectivités à construire ou à réhabiliter du logement social sur l’intégralité de leur territoire, y compris et même avant tout, dans les centres villes.

Toujours sur la question du logement et de la rénovation urbaine, je tiens à rappeler une proposition du parti socialiste : que toutes les opérations dépassant 12 logements comprennent au moins 1/3 de logements sociaux.

1ère question bis (mixité sociale et éducation) : Au sein de l’enseignement scolaire, quel constat faites-vous de la mixité sociale ? Diriez-vous que le système actuel est de nature à favoriser une meilleure mixité ? Ou au contraire encourage-t-il des phénomènes de ségrégation ? S’agit-il d’une problématique suffisamment prise en compte au sein de l’Education nationale ? Quid de la formation ou la sensibilisation des enseignants à cet enjeu ? Diriez-vous que les enseignants sont suffisamment formés ou disposent de suffisamment moyens pour répondre à cet enjeu ?

NVB : La suppression de la carte scolaire a eu des effets négatifs sur la mixité sociale au sein des écoles. On a vu des écoles se transformer en véritables ghettos enfermant leurs élèves dans une spirale de l’échec.  En face, nous avons des professeurs de moins en moins formés, de plus en plus abandonnés face à ces défis qui pourtant interpellent la République toute entière. Animer une classe socialement mixte, construire une dynamique et une cohésion de groupe, demande un savoir faire. Il est important de mieux armer les professeurs.

Dans la vision républicaine, l’Ecole se doit de corriger les inégalités de naissance et d’être le creuset de la nation. Au sein de l’Ecole, on découvre l’autre et on apprend à le considérer comme son alter ego. La tâche n’est pas mince et surtout quand le gouvernement diminue les moyens alloués à l’Education nationale, torpille les effectifs et applique une politique de saupoudrage des moyens. La mission de l’École devient encore plus difficile lorsque le gouvernement se lance dans une politique qui vise à encourager la peur et la haine de l’autre – forcément dangereux.

A ce stade, il faut repenser la politique des zones d’éducation prioritaire. Cette politique vise à soutenir financièrement les établissements qui concentrent les publics ayant des difficultés. A partir de là, deux problèmes : les moyens mis sur la table ne sont pas à la hauteur du défi et cela crée un effet stigmatisation. Au final, on se donne bonne conscience en donnant un peu plus d’argent, mais on ne résout en rien le problème.

Et le résultat est là et doit nous interroger : seuls 18% des élèves issus d’un milieu social défavorisé obtiennent leur baccalauréat.

Plutôt que de poursuivre cette politique, il faut mettre en œuvre une véritable politique de mixité sociale au sein des écoles sur l’ensemble du territoire de la République. On sait que celle-ci a un effet positif sur la réussite collective des élèves.

Rétablir et maintenir la mixité sociale doivent être les priorités en termes de politique éducative. Le projet éducatif du Parti Socialiste a la volonté de rebâtir une carte scolaire. J’insiste : la mixité sociale et scolaire est non seulement juste, elle est efficace. Elle fait mieux réussir les élèves en difficulté, sans pénaliser les « bons » élèves. Nous proposons donc une nouvelle sectorisation prenant en compte un indice de mixité sociale. Mais il est temps d’avoir une vision globale : le privé restera toujours une voie de contournement si nous ne lui appliquons pas également des contraintes de mixité sociale.

2ème question (pratique) : Comment fabrique-t-on de la mixité sociale ? Avez-vous des exemples d’initiatives mises en œuvre au sein de l’agglomération lyonnaise pour favoriser la mixité sociale au niveau de la ville (logement, éducation, emploi)?

NVB : Le logement reste à mon sens la première pierre de l’édifice, sans quoi rien ou presque n’est vraiment possible. Mais il y a aussi toute une série d’actions moins visibles à entreprendre pour le vivre ensemble qui jouent un rôle très important, comme la culture ou l’animation au quotidien des territoires. Le Grand Lyon a une démarche très volontariste, notamment concernant la politique de logements sociaux. Par le Plan Local de l’Habitat, le Grand Lyon  inscrit dans les options stratégiques de l’agglomération en matière de croissance démographique, d’attractivité et de solidarité, l’idée qu’on ne peut pas rester durablement attractifs si l’agglomération ne réussit pas à accueillir l’éventail le plus large possible de profils sociaux et économiques et à favoriser le vivre ensemble.

En élevant notre objectif de production annuelle de logements sociaux à 4 000 unités, nous affichons une ambition globale de 24% de logements sociaux en 2013 contre 23% aujourd’hui selon les critères de l’article 55 de la loi SRU, avec une priorisation géographique qui met l’accent sur le centre avec 50 % de la production, 25% à l’Est et le dernier quart à l’Ouest. Par ailleurs, nous avons pris un certain nombre d’initiatives sur la base d’un vrai consensus entre les acteurs: accession sociale à la propriété avec la mise en place d’un système d’aide direct à l’accédant (le pass-foncier) ; intervention dans le parc privé existant avec une mobilisation d’une offre de logements à loyers maîtrisés, intervention dans les copropriétés dégradées ou fragiles, lutte contre l’habitat dégradé et indécent et l’intervention dans les meublés.

C’est dire si les objectifs quantitatifs – très importants en eux-mêmes – rejoignent ici un objectif politique qui a du sens pour la mixité : construire un territoire équilibré qui refuse obstinément de voir s’installer durablement en son sein des zones de relégation qui concentreraient toutes les difficultés, pendant que d’autres s’enfermeraient dans leur toute relative prospérité.

Des lois, c’est bien : des résultats concrets avec des logements dignes et accessibles pour le plus grand nombre, c’est mieux. Si la modestie doit rester de mise dans un domaine où la France a accumulé tant de retards, on peut dire que l’un des succès importants est d’avoir su entraîner avec nous des élus, des administrations ainsi que des partenaires publics et privés qui n’ont pas toujours travaillé ensemble dans l’histoire, et qui ne partageaient pas forcément une même vision des choses au départ.

Ceci étant dit, le logement reste cette première pierre d’une action publique bien plus large, qui ne saurait répondre à elle seule à tous les problèmes de la société : hausse du chômage, baisse du pouvoir d’achat, accroissement des inégalités de tous ordres parmi la population, perte de confiance en l’avenir, montée de l’intolérance, recul du désir de vivre ensemble.

C’est ainsi que nous avons négocié à Lyon depuis quelques années un volet culturel ambitieux dans le cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale, et nous avons mis en place une Charte de Coopération Culturelle qui incite les grandes institutions culturelles à mener des actions en direction des publics les plus éloignés. Cela implique qu’aujourd’hui tous les grands événements prennent en compte cette dimension de levier pour favoriser la mixité sociale.

3ème question (prospective) : En définitive, quelles initiatives serait-il souhaitable de développer pour aller plus loin en la matière ? Quelles mesures pourraient être mises en place de manière concrète et efficace afin de réellement promouvoir une meilleure mixité sociale ? Doivent-elles être incitatives ? Pédagogiques ? Coercitives ? Y a-t-il une ou des propositions qui vous paraissent immédiatement généralisables et qui permettraient de promouvoir une meilleure mixité au sein du territoire français ?

NVB : Le projet socialiste propose un certain nombre de mesures qui vont dans cette direction :

- un plafonnement des loyers

- une refonte de la fiscalité locale afin de la rendre plus juste et moins pénalisante pour les habitations situées en banlieue

- une refonte de la SRU pour rendre plus dissuasif encore le non respect des 20%, pour prévoir une procédure de substitution aux collectivités défaillantes, et pour inclure une dimension qualitative

- réformer l’école pour assurer aux citoyens une véritable égalité des chances (afin de permettre une véritable ascension sociale et donc une fluidité entre les différentes catégories socioprofessionnelles) et pour faire de l’école un véritable lieu de creuset social

- mieux former les professeurs au défi de la mixité sociale

- mettre en œuvre une politique de grands événements, une politique associative et de la jeunesse axé sur une problématique de la mixité sociale

4ème question (message) : Y a-t-il un message qui vous tient à cœur et que vous souhaiteriez voir mis en avant tout particulièrement dans le cadre de notre livre blanc ?

NVB : La mixité sociale, c’est faire vivre la République et ses valeurs auxquelles nous sommes tant attachés. C’est la dynamique d’échange entre les différentes composantes culturelles, sociales et générationnelle qui font la richesse et la force de la République.

La mixité sociale, ce n’est rien d’autre que la République qui tient ses promesses.

Retour vers le futur: le 10 mai 81…

Billet edito

Retour vers le futur: le 10 mai 81…

2 commentaires 08 mai 2011

A l’invitation de la « Revue socialiste » j’ai pris ma plume, aux côtés des acteurs du 10 mai 81 et de quelques uns de ses héritiers, pour m’interroger sur le sens et les leçons de cet anniversaire que l’on célébrera mardi. Je vous livre ici le propos que j’y ai tenu et vous invite vivement à parcourir ce beau numéro, riche de témoignages précieux, et téléchargeable gratuitement sur le site Officiel de la Revue Socialiste.

« Retour vers le futur »

Le 10 mai 1981, je n’avais pas quatre ans, et je vivais au Maroc dans un milieu rural pauvre et isolé, dont on peut dire sans exagération au regard de ce qu’est devenue la circulation de l’information aujourd’hui, qu’il était coupé du monde. Autant dire que je n’ai aucun souvenir personnel de ce jour d’élection que chaque militant socialiste de plus de 30 ans a raconté mille fois, mêlant les souvenirs vrais d’une soirée en famille aux recompositions plus ou moins hasardeuses, pour tisser le récit de son engagement politique, et de son mythique moment-clé, ou point d’origine. Celui qui est passé à côté pour tel ou tel motif biographique, ou qui ne se souvient de rien – le malheureux – pourra toujours s’appuyer sur des bribes d’anecdotes de seconde main qui finissent, avec les années, par trouver une forme de cohérence, et donner un sens, un point d’ancrage affectif, sinon une explication sociologique à son parcours de militant.

Il se trouve que moi, je n’ai pas de « 10 mai 1981 », ni mes parents, ni ma famille, ni mes amis d’enfance… et que « l’état de grâce », par exemple, n’évoque rien d’autre qu’un glorieux chapitre de notre histoire politique, une formule, un concept, un mot valise passé dans le langage courant. Si mes chansons préférées, les films, les romans, et la culture télévisuelle m’ont bien appris à « devenir française » en préférant instinctivement la France de Mitterrand qui « changeait la vie », à celle de Giscard, je n’ai rien vécu de personnel dans tout cela, sur le plan politique.

Je peux bien avouer que j’ai longtemps vécu ce « trou » mémoriel comme une sorte d’insuffisance dans mon pedigree socialiste, et que j’ai si souvent esquivé le sujet que j’aurais sans doute fini par développer un sentiment d’imposture à cet égard si… je n’avais pas reçu un e-mail d’Alain Bergounioux me demandant une contribution personnelle sur le trentième anniversaire de l’élection de François Mitterrand pour la Revue Socialiste, aux côtés des acteurs majeurs et des figures les plus prestigieuses de mai 81 ! C’est à la fois un grand honneur qui m’est fait, et un sacré piège qui m’est tendu, il faut bien le dire. Hésitant entre le plaisir narcissique de l’essai critique frappé du sceau de la jeunesse et de son esprit forcément frondeur et espiègle, celui de la dissertation sage et un peu convenue de l’ancienne élève de Sciences-Po, ou celui de l’exercice prospectif – au risque d’être gratuit – sur l’avenir possible de l’héritage mitterrandien, je me suis interrogée le plus sérieusement possible sur ce que l’éclairage d’une « jeune génération d’élus socialistes » pourrait apporter à un tel ouvrage collectif. Après tout, nous sommes un peu entre nous ici, et j’ai préféré m’autoriser quelques chemins de traverse en élargissant un peu la réflexion à ce que représentent pour moi les années 80, et ce que la gauche d’aujourd’hui pourrait en retenir pour construire la décennie qui s’ouvre.

Je me suis rapidement rendu compte que l’abondante littérature critique, journalistique ou universitaire sur ces « années Mitterrand » a finalement trouvé bien peu d’écho dans ce qu’on pourrait appeler le sur-moi des jeunes générations militantes, aujourd’hui aux portes des responsabilités. Je ne crois pas, en réalité, qu’un seul de mes camarades trentenaires, moi comprise jusqu’à présent, ait jamais sérieusement imaginé contribuer à faire revenir la gauche en s’appuyant, comme nos aînés de 81, sur une vague d’espoir –et donc multiplier les invitations au rêve-, mais bien seulement en incarnant la seule force politique capable de répondre au désespoir profond des citoyens auxquels nous nous adressons chaque jour. C’est sans doute une erreur : l’un n’empêche forcément pas l’autre, et peut-être que cette date anniversaire du 10 mai, finalement, peut nous aider à penser les choses différemment.

La décennie des années 80 n’est sans doute pas le grand cauchemar décrit par François Cusset dans son essai pamphlétaire de 2006 sur la « mythologie » de cette période de l’histoire récente, mais elle n’en reste pas moins comme l’ont analysé depuis de nombreux intellectuels critiques et historiens des idées, le moment de triomphe dans le monde, en Europe et en France aussi, du libéralisme économique sans bornes, du virage à droite des idéologies politiques, du retour de la réaction morale et de l’emprise du religieux, du réflexe identitaire, du racisme, du nationalisme et du renoncement généralisé aux utopies progressistes des années 70 dans un vaste mouvement que d’autres ont aussi appelé « le retour à l’ordre ».

Je ne crois pas que la gauche au pouvoir en France soit responsable de tout cela, bien sûr, elle est, plus que d’autres partis sociaux-démocrates, demeurée fidèle tant qu’elle l’a pu à ses valeurs, mais elle a été, pour le moins, une contemporaine impuissante à détourner le vent de l’histoire.

Entre la gauche d’avant 1981, et celle d’aujourd’hui, c’est notre capacité, sinon même notre volonté politique d’incarner le changement que nous avons perdue en route. Cette espérance-là, pourtant, est plus vivante que jamais au sein des classes populaires qui souffrent le plus, sans trouver de débouché politique. Enfin presque… et quel changement ! Car la date de référence, celle qui nous oblige à un retour critique sur les années passées, ce serait plutôt… le 10e anniversaire du 21 avril 2002. C’est le moment de mon engagement militant au sein du Parti Socialiste. Rappelons qu’en 1981, le Front National ne comptait pas 500 adhérents, et que son candidat n’avait pas pu réunir le nombre suffisant de signatures d’élus pour se présenter à l’élection présidentielle. Dès les élections municipales de 1983, son ascension électorale débutait pour atteindre, à l’heure où j’écris ces lignes, la première place des intentions de vote au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Comment ne pas y penser lorsqu’on me demande ce que sont devenues les espérances populaires de mai 1981 ?

Ces deux événements, la suite l’a montré, ne sont pas des accidents : ils ont un sens politique. Par deux fois, comme dans un miroir inversé, un désir profond de changement s’est exprimé sans que nous soyons en mesure d’y répondre, sauf peut-être dans les premiers temps de la campagne de Ségolène Royal en 2007, avant que nous perdions la bataille médiatique du storytelling autour de la « rupture », revendiquée par Nicolas Sarkozy, un comble ! Après trois défaites successives à la Présidentielle, et d’innombrables victoires aux élections locales, nous savons désormais que nous n’incarnons plus la rupture, le changement, une nouvelle donne. C’est un fait devant lequel, à quelques encablures d’une nouvelle élection présidentielle, les socialistes ne doivent pas, et d’ailleurs ne veulent pas se résigner : le désir de changement est une aspiration en tant que telle, à laquelle il faut répondre en acceptant de prendre des risques, y compris avec l’opinion dominante. N’oublions pas que ce fut la ligne politique explicitement adoptée par François Mitterrand dès 1971 au Congrès d’Epinay avec ces mots « Celui qui n’accepte pas la rupture, celui qui ne consent pas à la rupture avec l’ordre établi, politique, cela va de soi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. » Avec la conquête de la responsabilité et de la crédibilité gestionnaire, nous n’avons certes pas perdu notre âme, ni notre identité qui a toujours été d’exercer le pouvoir et d’en accepter les contraintes, mais nous avons certainement changé notre rapport au progrès, à la critique sociale et à l’émancipation pour adopter un point de vue globalement plus conservateur ou résigné qu’avant sur le monde et sur la société. Non seulement nous ne sommes plus toujours aux côtés des forces sociales et des mouvements minoritaires qui sont à l’œuvre dans la société, mais bien souvent, nous ne savons plus suffisamment les écouter, les comprendre, les accompagner. C’est pourtant cette capacité à prendre en compte un certain nombre de revendications spécifiques en les rendant légitimes dans la sphère politique, républicaine puis gouvernementale, que nous avons su emporter l’adhésion et l’enthousiasme en 1981, que nous avons pu tenir, ensuite, nos engagements et que la société s’en est trouvé changée. On sait ce que les grandes mesures phares des débuts du premier septennat doivent aux combats menés par les militants associatifs et syndicaux contestant « l’ordre établi » avec l’abolition de la peine de mort, les droits des homosexuels, des femmes ou des étrangers, la défense des libertés publiques ou le relèvement des salaires, etc. ; on sait aussi combien la coupure avec les intellectuels qui avaient pensé et soutenu le rapprochement avec le PS a été douloureuse, et lourde de conséquences pour la suite. On peut penser à Michel Foucault ou Gilles Deleuze, à Pierre Bourdieu en 1995, ou aujourd’hui à un Didier Eribon. Les efforts sont-là, je le sais et je les constate dans mes fonctions de Secrétaire Nationale, pour dialoguer avec les sciences sociales, mais il n’en reste pas moins que nous avons beaucoup de mal à opérer un retournement de notre pensée lorsqu’il s’agit de s’engager clairement pour des revendications spécifiques contre de grandes abstractions qui nous servent de lignes de défense pour préserver un système de valeurs  attaquées de toutes parts, mais aussi à bien des égards stérilisantes comme « la République », « la Laïcité », « la Mondialisation », « le Communautarisme » etc.

Lorsque je regarde donc cette décennie d’après la victoire historique, je vois moins les désillusions du tournant de la rigueur économique dont je pense que nous pouvons tirer les leçons pour aujourd’hui, que l’éloignement progressif des socialistes avec les conditions d’émergence d’un projet de rupture dont je suis moins certaine que nous ayons pris conscience. Je suis pourtant convaincue que nous allons devoir renouer avec un sens critique et une audace réformiste qui se sont émoussés sur beaucoup de sujets pour espérer susciter à nouveau quelque espoir, chez les intellectuels ou les entrepreneurs comme chez les ouvriers, dans les classes favorisées par la mondialisation comme dans celles qui ont été sacrifiées sur l’autel du néolibéralisme, des délocalisations et de la brutale accélération des changements technologiques.

La domination, l’oppression et la discrimination sont toujours à l’œuvre avec un degré de violence à l’encontre des individus qui ne cesse de croître un peu partout dans la société française suscitant la révolte, la colère, l’abstention ou la résignation à se tourner vers les extrémismes de tous ordres. Nous ne pouvons plus nous bercer d’aucune illusion, les slogans et les recettes anciennes n’y suffiront pas : c’est vers de nouveaux horizons, pas forcément naturels pour ma génération, que nous allons devons devoir tourner nos regards. Oui, il faut sans aucun doute abandonner quelques-unes de nos certitudes et regarder le monde tel qu’il est, mais l’accepter tel qu’il est en renonçant à le changer, non, certainement pas. Il me semble que c’est bien ce refus obstiné de plier devant le cours des choses qui a « changé la vie » en mai 1981 : c’est avec ce geste radical qui fait l’essence de la politique que nous devons renouer.

Retrouvez également le lien de l’article Le Monde consacré à ce numéro : 10 mai 1981 : les leçons d une victoire

« Argus Flash » de l’UMP sur les droits des LGBT: un peu plus de « Flash » que d’ « Argus »

Billet edito

« Argus Flash » de l’UMP sur les droits des LGBT: un peu plus de « Flash » que d’ « Argus »

3 commentaires 26 avril 2011

Pfff… je viens de parcourir (Faut-il que je sois curieuse!…) le dernier argumentaire envoyé par l’UMP à ses militants et à ses cadres. Il porte le nom nuancé et léger d’ « ARGUS FLASH : Le projet du PS ? Des mesures d’un autre siècle ! ». L’UMP y donne des arguments en prêt-à-penser pour critiquer le projet des socialistes pour 2012. Du grand art de la part d’un parti au pouvoir depuis 10 ans, sans qu’on ait franchement vu la situation de la France s’améliorer…

Un de ces « argus » a particulièrement retenu mon attention : Revenant sur la proposition socialiste (à laquelle j’ai fortement contribué) d’ouvrir le mariage, l’adoption et  l’AMP (pour les femmes)  aux couples de même sexe, l’UMP y voit « une attaque en règle contre les familles ».

Un « couple d’un homme et d’une femme, ce n’est objectivement pas la même situation qu’un couple de deux personnes de même sexe, il n’y a donc pas d’inégalité de situation entre les couples hétérosexuels et homosexuels » justifie le rédacteur de cet « argu ». Quant à  l’adoption, il faudrait la refuser au nom de « l’intérêt de l’enfant » qui serait « d’être élevé, dans la mesure du possible, par son père et sa mère. ». Quand on sait que l’adoption est depuis longtemps ouverte aux célibataires, il y a de quoi sourire.

N’en déplaise aux militants et cadres de l’UMP, oui, il y  a bien une inégalité criante entre un couple qui aurait le droit de se marier et d’adopter au titre de son hétérosexualité et un autre qui n’aurait pas ce droit au titre de son homosexualité. Non, il n’est pas naturel que l’État Français, à rebours des progrès effectués dans de nombreux autres pays, continue à discriminer en fonction de l’orientation sexuelle.

Dès lors que l’homosexualité est considérée comme une simple orientation sexuelle et non plus comme une maladie ou une anomalie, dès lors que plusieurs dizaines (voire centaines) de milliers d’enfants vivent d’ores et déjà au sein de familles homoparentales sans, loin de là, que cela nuise à leur épanouissement personnel, au nom de quoi, devrions nous accepter aujourd’hui encore ces inégalités d’un autre temps? Au nom de principes religieux peut-être? Mais,  Monsieur Copé rappelez moi, nous vivons bien dans une République laïque, n’est-ce pas ? Il eût été fort interessant de mettre à l’ordre du jour de votre inénarrable débat sur la laïcité, l’ouverture du mariage « laïc » à tous les couples, quoi qu’en pensent les religions… Mais vous aviez d’autres obsessions que celle là, je le conçois. Ce qui vous inquiète, vous, c’est le co-mmu-nau-ta-risme.

Eh bien, précisément! Réserver des droits à certains et en exclure les autres, au nom de leur orientation sexuelle, c’est du  co-mmu-nau-ta-risme: celui d’une classe politique aveugle aux multiples formes de parentalité qui peuplent désormais nos vies, et arc-boutée sur une vision fantasmée et totalement dépassée de la famille qu’elle voudrait imposer à l’ensemble de la société. Quant à l’argument du « droit de l’enfant » contre le « droit à l’enfant », il est tellement ridicule et insultant pour ceux qui souhaitent fonder ou donner une famille à un enfant abandonné, qu’il entache ce document d’indécence à l’encontre des milliers de français dans cette situation qui, quelle que soit leur orientation sexuelle,  n’ont jamais perdu de vue « l’intérêt de l’enfant » .

De cet « Argus Flash » il ne restera malheureusement que la certitude que, sur le plan de la réflexion, l’UMP fait preuve encore une fois, de plus de « flash » que « d’argus ».

Photomontage: TÊTU

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