Billet edito

L’histoire de la jeune Pakistanaise Malala Yusufzai mobilise autour du monde

8 commentaires 07 décembre 2012

L’histoire de la jeune Pakistanaise Malala Yusufzai mobilise autour du monde

Alors qu’elle n’avait que quinze ans, cette jeune militante des droits humains a pris position sur son blog en faveur de l’accès à l’éducation pour les jeunes filles, contre l’obscurantisme. Elle est vite devenue l’emblème de la mobilisation contre la destruction des écoles de filles au Pakistan. Le 9 octobre, elle a été victime d’un attentat perpétré par les talibans, auquel elle a heureusement réchappé.

Le courage incroyable de Malala et la force de son engagement ont déclenché un mouvement mondial de soutien. Partout dans le monde, des voix se sont exprimées pour demander que la Fondation Nobel lui donne le Prix Nobel de la Paix. Une pétition lancée par Soudeh Rad, militante féministe sur le site change.org, a déjà récolté plus de 255 000 signatures.
Le 5 décembre, 150 parlementaires françaises et français ont signé l’appel pour que le Prix Nobel de la Paix soit décerné à Malala Yusufzai. Comme le rappellent ces milliers de femmes et d’hommes qui la soutiennent,  le combat de Malala dépasse largement les frontières de la vallée de Swat et du Pakistan. Elle s’est révoltée au péril de sa vie pour que les jeunes filles comme les jeunes garçons aient le droit d’aller à l’école : son engagement rappelle le droit fondamental à l’instruction, condition indispensable pour construire une vie autonome.

Billet edito

40 ans après la relaxe de Marie-Claire Chevalier, l’anniversaire d’une étape décisive du le combat des femmes à disposer de leur corps

Pas de commentaire 11 octobre 2012

IVGNous fêtons aujourd’hui l’anniversaire d’une étape décisive dans le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps.

Il y a 40 ans, le 11 octobre 1972, était prononcée la relaxe de Marie-Claire Chevalier dans le cadre du procès de Bobigny. Cinq personnes étaient alors jugées pour un avortement pratiqué suite à un viol dont avait été victime Marie-Claire Chevalier. La jeune fille alors âgée de 16 ans, comparaissait seule devant le tribunal pour enfants de Bobigny. La relaxe intervint après plusieurs semaines d’un procès politique dont le retentissement fut considérable. Grâce à l’action de l’avocate chargée de la défense Gisèle Halimi, à la mobilisation d’associations féministes comme Le Mouvement de Libération des Femmes, l’association Choisir, et de plusieurs de personnalités publiques, l’affaire passionna les médias et  contribua sensiblement à l’évolution vers la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse.

Ce procès s’inscrit dans des années de lutte en faveur de l’interruption volontaire de grossesse et de la contraception gratuite. Intervenant un an après la publication de la pétition du « manifeste des 343″, cette affaire permit de briser le silence dans lequel vivaient des centaines des milliers de femmes en France, et de faire un pas de plus vers la libération. Poursuivre la lecture

Billet edito

Carnet de bord #3: Empowerment à la française

Pas de commentaire 08 octobre 2012

Capture d’écran 2012-10-13 à 15.41.22Lors de mon dernier billet, j’étais revenue ici sur mon engagement pour l’égalité et la lutte contre les stéréotypes à l’école, après les annonces faites en commun avec Vincent Peillon dans un lycée professionnel de Seine-et-Marne. La semaine dernière s’est achevée à Argenteuil avec François Lamy, Ministre délégué chargé de la Ville. Une illustration du travail collectif réalisé avec tout le gouvernement, dans tous les territoires, pour faire progresser les droits de toutes les femmes. Poursuivre la lecture

Billet edito, En direct du Ministère des Droits des femmes

Et si l’égalité participait au bonheur ?

7 commentaires 16 septembre 2012

Une étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined) vient de mettre en évidence le fait que chez les personnes de plus de 60 ans en France, seules 14% des Françaises se disent satisfaites de leur vie (contre 20% des Français). La faiblesse de ces chiffres est marquante en soi, elle renvoie pour grande partie aux inquiétudes et manques de perspectives des Français pour eux mêmes et pour leurs enfants et justifie la mobilisation quotidienne du gouvernement sur les questions d’emploi et de pouvoir d’achat. Poursuivre la lecture

« Les droits des femmes passent par la gauche »: ma tribune dans Le Monde, aujourd’hui 8 mars…

Billet edito, En campagne

« Les droits des femmes passent par la gauche »: ma tribune dans Le Monde, aujourd’hui 8 mars…

8 commentaires 08 mars 2012

Je vous invite à lire la tribune que je co-signe avec Caroline De Haas, militante socialiste et féministe, dans Le Monde d’aujourd’hui, en cette Journée Internationale de la Femme. A lire ici, ou sur le site du monde.fr (adresse plus bas). Bonne journée à tous et à TOUTES!

« S’il est un terrain sur lequel le bilan de la droite au pouvoir est sans appel, c’est bien celui de l’égalité femmes – hommes. Depuis 2009, la France a dégringolé de la 18ème à la 48ème place dans le classement mondial dressé par le Forum économique mondial. La France affiche un des pires niveaux au monde pour les inégalités de salaire : elle se classe à la 127ème place sur 134. On comprend que Nicolas Sarkozy, le gouvernement et l’UMP choisissent de faire l’impasse sur le sujet.
Que les femmes, elles, continuent de subir le sexisme ordinaire dont les effets ont été démultipliés par la crise économique, et sa gestion calamiteuse au cours des cinq dernières années…
Du côté de l’extrême-droite, c’est encore bien pire, avec une Marine Le Pen qui propose un salaire inférieur au SMIC pour que les femmes restent à la maison, rayant d’un trait de plume les précieux acquis de la longue et belle histoire du féminisme pour la conquête de l’émancipation individuelle, et de l’autonomie professionnelle et financière.

Impossible, pour la gauche, de ne pas proposer le changement, et de tolérer une telle régression, sans précédent depuis les années 70. Les réformes successives des retraites, celle de l’hôpital public, le développement des contrats précaires dans l’emploi, ou encore les restrictions budgétaires dans le domaine de la petite enfance ont touché de plein fouet des millions de femmes. La conséquence principale, c’est la précarité qui s’étend. Ce n’est pas seulement un plafond de verre qui touche les femmes en situation de responsabilités, mais un plancher collant qui « scotche » les femmes dans des difficultés sociales sans fin, voire dans la dépendance économique. C’est la réalité que connaissent les 1,5 millions de femmes mères de famille monoparentales, les 4,5 millions de femmes salariées à temps partiel, le plus souvent subi ou les 2 millions de femmes employées dans le secteur des services à la personne. Des salaires de 690 euros par mois en moyenne et des horaires décalés alors qu’elles accomplissent des tâches fondamentales pour permettre aux parents d’aller travailler, aux personnes âgées de vivre dignement, aux enfants d’être éduqués : ces femmes ne peuvent rester plus longtemps les grandes oubliées des politiques publiques.

Pour les militantes socialistes et féministes que nous sommes, la critique de la domination masculine va de pair avec la critique du libéralisme sauvage : si on laisse le marché et la libre concurrence faire absolument ce qu’ils veulent, comme ils veulent, avec qui ils veulent, sans que le droit du travail intervienne pour imposer les valeurs républicaines au cœur des entreprises, les victimes seront toujours les mêmes, les femmes, et avec elles, le progrès pour la société tout entière.

Tant que la moitié de la population sera considérée, dans l’emploi, dans les foyers, dans la vie politique, comme une donnée mineure, comme une variable d’ajustement, la société française sera tirée vers le bas. C’est l’un des messages qu’a toujours porté la gauche, et que François Hollande rappelle dans ses propositions : l’égalité réelle dans la République passe d’abord par l’égalité entre les sexes.

Les mesures à mettre en œuvre sont connues : elles sont portées par les associations féministes depuis des années. La première d’entre elle est la mise en place d’un ministère des droits des Femmes. La gauche est bien placée pour le savoir : le premier et seul ministère de ce type a été créé par François Mitterrand en 1981. Il a permis le remboursement de l’IVG, des campagnes d’éducation à la sexualité, une des premières lois sur l’égalité professionnelle. Au-delà de ce ministère, François Hollande l’a rappelé au Bourget : il agira pour l’égalité salariale et professionnelle et la parité. En matière d’égalité professionnelle, il faudra renforcer la loi existante, rabotée par la droite et agir pour revaloriser les métiers à dominante féminine.

Dans ce domaine, nous pouvons prendre exemple sur le Québec : un travail minutieux y a été amorcé pour comparer les métiers et évaluer leur reconnaissance à la fois sociale et salariale. Le plus intéressant, c’est que lorsqu’on augmente les salaries ou la reconnaissance sociale dans une branche à dominante féminine, elle a tendance assez rapidement à devenir mixte. La gauche reviendra aussi sur les fermetures de centres IVG ou les baisses de crédits des associations féministes – comme celles récentes du Planning Familial. Nous ferons appliquer la loi sur les violences, votée à l’unanimité en juillet 2010, et dont nous ne voyons aujourd’hui pas les bénéfices. Nous engagerons une réforme du congé parental afin qu’il soit réduit, et partagé à égalité entre les deux parents. Dans tous les domaines, il faudra agir.

Nous ne sommes pas naïves : le combat pour les droits des femmes est un combat de longue haleine. Il s’appuie sur les mouvements féministes sans lesquels aucune des avancées n’aurait été possible. Mais pour être victorieux, il doit engager bien plus qu’un candidat à l’élection présidentielle, un projet, un parti, une famille politique. C’est tout un pays qui doit appeler au changement, maintenant.

Via:

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/08/les-droits-des-femmes-passent-par-la-gauche_1653522_3232.html#ens_id=1653518

Photo d’illustration (©Frédéric Boulant)

 

Logement : la dernière mesure du Président.

Billet edito

Logement : la dernière mesure du Président.

2 commentaires 06 mars 2012

Le Parlement doit donc adopter aujourd’hui par un dernier vote de l’Assemblée, et malgré l’opposition de la gauche, le projet de loi voulu par Nicolas Sarkozy dans l’urgence de son entrée en campagne visant à augmenter de 30% les droits à construire pendant trois ans. Une mesure improvisée à moins de 50 jours de l’élection dont la seule vertu est peut-être de montrer aux Français la faiblesse du bilan comme du projet du candidat sortant, alors qu’en matière de logement, il y a péril en la demeure…

N’était-ce pas le même Nicolas Sarkozy, pourtant, qui s’était engagé, dès le début de son mandat, en décembre 2007, « à faire en sorte que tout Français ait accès à un logement décent, à un toit » ?  lui encore qui avait promis de « parvenir à un rythme de construction de 500.000 logements neufs chaque année et à mobiliser toutes les forces pour y parvenir » ? Lui toujours qui vendait du rêve aux Français en leur promettant de devenir propriétaires de leurs logements ? 57% de propriétaires en début de mandat, 57,8% en fin de mandat, et ce malgré de couteuses mesures fiscales…

Faute d’avoir construit suffisamment de logements et d’hébergements sociaux, en baissant de 60% les aides de l’État aux bailleurs sociaux, la France compte désormais 700.000 personnes dépourvues de logement personnel et 133.000 sans domicile fixe. Les dépenses liées au logement occupent une part de plus en plus grande et désormais insoutenable dans le budget des Français les plus modestes, qui sont aussi souvent ceux qui souffrent le plus de la précarité énergétique. C’est la Fondation Abbé Pierre qui a souligné la réalité d’un échec : 3,6 millions de nos compatriotes sont désormais « non ou très mal logées » contre 3,2 millions en 2007.

Qu’attendre, dans ces conditions, de la proposition de Nicolas Sarkozy, improvisée début janvier, combattue par le Sénat et qui revient aujourd’hui devant l’Assemblée, que « toute maison » et « tout immeuble » pourront donc s’agrandir jusqu’à 30% de leur superficie pour tenter de faire face à la crise du logement?  Pas grand chose si ce n’est que la mesure, peu efficace, complexe à mettre en œuvre, risque d’encourager la spéculation, de renchérir encore le prix des terrains et des immeubles, et de rendre le logement plus inaccessible encore aux Français, tout l’inverse de ce qu’il convient de faire.

Il est urgent de refonder une politique de logement juste et efficace qui permette de proposer des logements décents, en accession ou en location, à l’ensemble de la population. Une politique du logement qui favorise les parcours résidentiels en offrant au plus grand nombre davantage de liberté de choix et qui garantisse la mixité sociale.

Cette politique doit s’inscrire dans une vision de l’aménagement urbain globale et concertée. Il faut réinventer nos villes, lutter contre l’étalement urbain, densifier le bâti, tout en y réintroduisant des espaces verts et des lieux de vie.

Cette politique, c’est celle que propose aujourd’hui François Hollande qui s’engage pour la construction de 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, grâce au doublement du plafond du livret A. C’est celle de François Hollande qui pour faire face à la pénurie de foncier, s’engage à mettre gratuitement à disposition des collectivités locales les terrains détenus par l’État dans un délai de 5 ans. C’est celle de François Hollande, encore, qui s’engage à porter de 20 à 25% le taux de logements sociaux prévu par la loi de solidarité et de renouvellement urbain (SRU), tout en majorant les sanctions qui seront multipliées par 5. Cette politique, c’est celle de François Hollande, enfin, qui s’engage, à rebours de la politique trop complaisante à l’égard de la spéculation immobilière, pour les zones où les prix sont excessifs, à encadrer les loyers des premières locations ou relocations.

Il est temps de remettre la justice au cœur des enjeux du logement, de trouver un rapport équilibré entre les intérêts des propriétaires et des locataires, entre le droit de la propriété et le droit au logement. Tel est le sens de l’engagement de François Hollande.

Alors, faut-il vraiment renouveler le bail d’un président qui laisse la maison France les murs écaillés, la moquette tâchée, la robinetterie cassée, avec des impayés de loyer ? Je crois plutôt que le moment de redresser la France est venu: pour la politique du logement aussi, le changement, c’est maintenant.

 

Billet edito, En campagne

Education : la méthode du discours.

5 commentaires 29 février 2012

Affaiblissement de l’économie française, dégradation de l’image et de l’attractivité de notre pays, régression pour nos établissements d’enseignement supérieur, remise en cause de l’avenir de milliers de diplômés des écoles et des universités françaises : un seul texte, quatre conséquences graves pour la France, nos jeunes et nos entreprises. C’est le pari difficile réussi par Claude Guéant et Xavier Bertrand grâce à leur circulaire sur les étudiants étrangers diplômés.

Un texte qui demande aux préfectures de restreindre la possibilité donnée aux étudiants étrangers diplômés de travailler en France après leurs études. Un bel exemple, parmi tant d’autres, des errements et des incohérences du mandat de Nicolas Sarkozy dont le degré d’improvisation n’aura eu d’égal que le niveau d’inefficacité. Un fil conducteur qui éclaire l’action gouvernementale des cinq dernières années, mieux que toutes les promesses de campagne sur la priorité donnée à l’éducation. Le discours du candidat d’un coté, la méthode du Président de l’autre : quel contraste !

Devant la levée de bouclier des étudiants, des universitaires, des chefs d’entreprise et des élus de tous bords, le gouvernement a certes tenté sans succès de faire demi-tour à quelques mois de l’élection présidentielle. Trop tard : le mal est fait. Un véritable leitmotiv pour tout un quinquennat…

Billet edito

«La classe moyenne n’est pas une clientèle électorale»

6 commentaires 27 janvier 2012

Je vous donne à lire ma tribune pour Libération, parue hier. Bonne lecture!

« Pour la porte-parole de François Hollande, Nicolas Sarkozy veut se poser en protecteur des classes moyennes alors qu’il n’a eu de cesse d’accroitre les inégalités en faveur des plus riches. »

Par Najat Vallaud-Belkacem, porte parole de François Hollande.

« A la suite de son ministre Laurent Wauquiez, Nicolas Sarkozy veut désormais se présenter aux Français comme un fervent protecteur des classes moyennes, alors qu’il en découvre l’existence à moins de trois mois seulement de l’élection présidentielle. Comment, après cinq ans d’une politique de cadeaux fiscaux aux plus riches, et d’accroissement des inégalités, osent-ils faire croire aux classes moyennes qu’ils comptent œuvrer dans leur intérêt dans les cinq prochaines années?

En considérant simplement que le projet du PS serait un «coup d’assommoir», une «saignée fiscale» sur les classes moyennes, alors qu’il consiste précisément à réinjecter dans la fiscalité de la progressivité, c’est-à-dire de la justice sociale, pour réparer la profonde dégradation des conditions de vie dont les classes moyennes souffrent dans ce pays. En prétendant que les propositions de François Hollande représentent une «attaque sans précédent», un «matraquage» contre les classes moyennes, alors même que tout son discours plaide en faveur d’une redistribution plus équitable des efforts, d’abord, et des richesses, ensuite.

Ces allégations, désormais relayées en chœur par Brice Hortefeux et Jean-François Copé appellent une question préalable à laquelle le gouvernement sortant ne peut se soustraire sans faillir à son devoir de responsabilité le plus élémentaire: quelle a été la politique fiscale de la droite depuis 2007? Sinon un allègement d’impôts principalement accordé aux très riches? Et pour quel bénéfice accordé concrètement à la classe moyenne? Qui va payer la TVA sociale?

Déjà en 2007, Nicolas Sarkozy avait pris le parti, pendant sa campagne présidentielle, de s’adresser aux classes moyennes en se posant en défenseur du pouvoir d’achat: «travailler plus pour gagner plus» avait été son slogan. Force est de constater, à l’issue de son quinquennat, que sa mesure d’exonération des heures supplémentaires, sans permettre une quelconque incitation au travail, a été surtout un énorme manque à gagner pour l’Etat: 4,5 milliards d’euros par an. De même, Nicolas Sarkozy avait défendu la diminution des droits de succession comme «la possibilité, pour chacun de transmettre un patrimoine». A peine élu, il a mis en place une réforme fiscale dont la réalité était bien différente: celle-ci ne profitait qu’aux 10% des Français les plus riches.

Le bouclier fiscal? Il était tellement inégalitaire qu’il a attiré des critiques jusqu’au sein de l’UMP: sur les 700 millions d’euros de la mesure, 600 millions d’euros ont été versés à seulement 6000 bénéficiaires. Devant ce fiasco, le bouclier fiscal a donc été récemment supprimé, mais aussitôt remplacé par une autre réforme fiscale inique, celle de l’ISF. Celle-ci consiste non seulement à baisser le taux de cet impôt (de 1,8 à 0,5% pour la dernière tranche), mais à rehausser le seuil du patrimoine minimum imposable à l’ISF de 800 000 à 1,3 millions d’euros.

Toutes ces réformes fiscales révèlent une manière bien étrange et opportuniste de favoriser les classes moyennes! A moins que dans le langage sarkozyste, les classes moyennes ne commencent à 800 000 euros de patrimoine?

Le résultat de cette politique ne s’est pas fait attendre: les inégalités se sont creusées, les services publics se sont délités. Non seulement elle n’a pas amélioré le pouvoir d’achat des classes moyennes, mais depuis cinq ans, toutes les promesses ont été trahies, ne laissant aucun espoir aux classes moyennes de donner à leurs enfants une meilleure qualité de vie que la leur.

Jean-François Copé a dit récemment: «Les classes moyennes ont besoin d’être rassurées.» Et pour cause! Elles subissent de plein fouet depuis dix ans les conséquences d’une politique d’abandon des services publics dont chacun est bénéficiaire: l’école, la santé, la sécurité, la justice, sont autant de domaines essentiels de notre vie qu’il revient à l’Etat d’administrer, et d’améliorer. On sait bien que les classes moyennes n’ont pas les moyens de pallier les lacunes de la gestion étatique: si l’école se détériore, si la suppression massive des postes d’enseignants nous conduit à avoir le taux d’encadrement dans l’éducation le plus faible de l’OCDE, seuls les plus aisés pourront contourner le système et payer à prix d’or une école privée pour leurs enfants.

Etouffées financièrement par une forte augmentation des dépenses contraintes, liée à l’augmentation du prix du logement, de l’énergie, du téléphone et de l’alimentation, elles n’ont qu’une faible partie de leurs revenus à consacrer à la culture, aux loisirs, aux vacances. Elles se sont appauvries et sont susceptibles, plus qu’autrefois, de connaître le déclassement à brève échéance.

A cause de l’échec concomitant de la politique de sécurité, elles vivent dans une société toujours plus violente: le nombre de violences aux personnes a augmenté de plus de 22% en dix ans. La police a été incitée à faire du chiffre et non à servir réellement les personnes. Ce sont toujours les mêmes qui en paient aujourd’hui les conséquences: les Français ont perdu confiance dans les capacités de l’Etat à les défendre.

Face à ces problèmes réels, le projet du PS en matière de fiscalité consiste à corriger le système actuel, profondément dégradé en cinq ans, dont la progressivité initiale a été minée par un grand nombre de réformes successives de l’impôt sur le revenu, par la multiplication des niches fiscales, et l’augmentation des impôts indirects comme la TVA.

Nous disons aussi, qu’une fois l’impôt prélevé de manière progressive et équitable entre les classes sociales, il doit être bien utilisé, notamment au bénéfice des classes moyennes. L’Etat doit employer ses ressources pour rétablir des services publics de qualité, de façon à promouvoir l’égalité des chances, et de sorte que tous les niveaux de revenus —qu’ils soient modestes, moyens, ou riches — bénéficient d’une école juste, d’hôpitaux performants, d’une police efficace. Il en va de notre pacte social. L’Etat doit également concentrer ses investissements sur les domaines porteurs de prospérité, comme l’innovation, la formation, et la recherche, pour que la France reste performante et compétitive au niveau international. Avouons que cela n’a pas de rapport avec le «cancer de l’assistanat» brandi par l’UMP comme la menace qui pèserait sur les intérêts de classe des «Français moyens».

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy, après avoir gouverné pendant cinq ans en favorisant les 10% les plus riches, se rend compte qu’il ne pourra pas être réélu avec seulement 10% des voix… Et comme le personnage en quête d’auteur de Pirandello, voici le Président sortant en quête de supposées clientèles électorales crédules à qui faire peur, avant de mieux pouvoir leur faire de nouvelles promesses, puis les trahir à nouveau.

François Hollande avait prévenu au Bourget: «Je sais que certains chercheront à nous faire peur, et à effrayer les classes moyennes alors qu’elles ne trouveront qu’avantage dans la réforme que nous présenterons»… C’est arrivé plus tôt que prévu, avant même que le Président ne soit candidat.

Alors, rappelons-le une fois encore, les Français n’ont rien à craindre de l’égalité, rien à craindre de la justice, rien à craindre de la redistribution. On ne gouverne pas en opposant les intérêts des uns, à ceux des autres, bien au contraire: c’est toute la société française, et d’abord les deux tiers de citoyens qui composent la classe moyenne, qui a besoin de changement, maintenant. »

Billet edito

Pour une fiscalité plus juste!

14 commentaires 12 janvier 2012

La réforme du quotient familial proposée par François Hollande est simple, et ouvre une voie vers une fiscalité à la fois plus juste et plus transparente.

Notre fiscalité, et en particulier l’impôt sur le revenu, est, on le sait, construite sur l’idée de progressivité, qui permet de taxer dans une proportion plus grande les plus hauts revenus. C’est là l’un des fondements de notre société. Or, cette progressivité est menacée de tous côtés par la politique de la droite qui a, depuis dix ans, multiplié les niches fiscales, et les cadeaux aux plus riches, dont le bouclier fiscal est un exemple éloquent.

La situation actuelle révèle une grande inégalité fiscale due à un manque criant de progressivité, dénoncé par Thomas Piketty et Emmanuel Saez et Camille Landais : les auteurs ont montré que le système fiscal français, à force de retouches, est devenu régressif.

La perception fiscale est largement faussée par un discours mensonger ou caricatural. On entend dire qu’environ 50% des familles ne paient pas d’impôts. C’est une aberration : si 50% des familles ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu, en raison de revenus trop modestes, cette part de la population s’acquitte bien de la TVA, de la CSG, des impôts locaux et des diverses taxes sur la consommation. Tous ces impôts sont proportionnels et non progressifs. C’est pourquoi les impôts indirects peuvent représenter moins de 10 % du revenu d’un cadre supérieur, mais près du tiers de celui d’un smicard.

En laissant les impôts indirects se multiplier, et en ajoutant des couches successives de réformes, la droite n’a pas seulement aggravé les inégalités, elle a contribué à brouiller la compréhension de la fiscalité. Or, la maîtrise de l’impôt est un enjeu citoyen majeur : c’est un ciment du pacte social, étant donné que c’est la matérialisation même de ce que l’individu donne à la collectivité. Le principe du  consentement à l’impôt est, pour beaucoup, ce qui fonde l’Etat moderne. Le citoyen ne peut accepter l’impôt que dans la mesure où il contribue à en choisir, par l’intermédiaire de ses représentants, l’assiette, le taux, et ce à quoi seront destinées ces ressources — du moins dans une démocratie qui fonctionne, ce dont nous tendons à nous éloigner.

Le quotient familial est l’une des multiples causes tout à la fois de la très faible progressivité de l’impôt, et de la confusion entourant la fiscalité, qui empêche au citoyen de se saisir de ce sujet, et même, de se faire une libre opinion, tant le domaine est devenu technique. Livré au bon plaisir du politique, l’impôt devient une simple manette qu’actionne l’Etat dans la plus grande opacité, et un moyen pour lui d’agir, indirectement et tacitement, sur d’autres enjeux.

Réformer le quotient familial, comme le propose François Hollande, c’est réinjecter de la progressivité, c’est-à-dire de la justice sociale et du pouvoir d’achat. C’est empêcher que 10% des plus riches bénéficient de 46% des 13,9 milliards que l’Etat octroie aux familles par le quotient familial. En effet, non seulement le quotient familial exclut 50 % des français, non soumis à l’impôt sur le revenu, mais en plus, il bénéficie d’autant plus aux familles qu’elles paient plus d’impôt. Il est, malgré son plafonnement mis en place par la gauche dans les années 1980, régressif par essence.

Nicolas Sarkozy a qualifié « d’aberration » l’idée d’une réforme du quotient familial, qui est selon lui « le cœur de [sa] politique familiale. »Cette phrase laisse perplexe. En quoi consiste sa politique familiale ? S’il s’agit d’une politique nataliste, elle doit être explicite. Et comment justifier qu’une politique nataliste ne concerne que les familles les plus riches ? Peut-on défendre qu’on encourage les naissances, mais seulement des enfants de riches? Ou alors, si le présupposé de cette « politique familiale », c’est qu’un enfant de riches« coûte » plus cher à ses parents qu’un enfant de pauvres, c’est sans doute vrai, les inégalités sociales se reflétant souvent dans les cours de récréation. Mais est-ce à l’Etat de payer le différentiel d’argent entre enfants de riches et de pauvres, perpétuant ainsi les inégalités déjà existantes ? Est-ce le rôle de la collectivité d’inculquer dès le plus jeune âge l’idée d’une société stratifiée ?

Ce n’est pas de cette politique familiale-là que nous voulons. La politique familiale est un enjeu majeur pour la gauche, qui a mis la jeunesse au cœur de son programme. La gauche veut donner à toutes les familles les moyens d’élever leurs enfants, pour contribuer à l’égalité des chances. C’est ce qui permettra aux enfants de devenir, demain, non pas des jeunesses divisées, mais une jeunesse dynamique et rassemblée.

A lire:

Pour une révolution fiscale, Un impôt sur le revenu pour le XXIème siècle, Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez, Le Seuil/République des idées, 2011

#FH2012: mon rôle dans l’équipe de campagne.

Billet edito

#FH2012: mon rôle dans l’équipe de campagne.

33 commentaires 17 novembre 2011

Si j’en crois les messages qui me parviennent depuis hier matin, l’information n’a échappé qu’à peu d’entre vous : François Hollande me confie le rôle de porte-parole dans son équipe de campagne. J’officierai donc auprès de Delphine Batho, Bruno Leroux et Bernard Cazeneuve.

Je tenais à vous le dire ici, à vous qui me suivez depuis de longues années : je suis évidemment très heureuse de m’engager dans cette campagne présidentielle dans une fonction que je commence a bien connaître pour l’avoir exercée auprès de Ségolène Royal, avec passion. Je mesure à la fois l’ampleur des responsabilités qui me sont confiées et la très grande confiance qui m’est accordée par François Hollande.

Je mesure surtout l’attente des Français devant cette campagne qui n’aura rien d’une promenade de santé : il va falloir se battre de toutes nos forces pour faire valoir nos arguments, notre projet, nos valeurs et notre vision pour la France, et ouvrir une nouvelle page de l’histoire de notre pays.

Nous aurons besoin de tous les talents : je compte sur vous, fidèles lecteurs, pour nous aider à animer cette campagne, et à porter avec nous la parole de François Hollande.

Retrouvez ici l’organigramme complet: télécharger le document sur le site de campagne.

Najat.

 Raison de plus!
 Réagissez!
 A lire!

© 2012 Najat Vallaud-Belkacem.